lundi 20 janvier 2020

NBA : un match de la saison 2019-2020 joué à Paris




Pour sa 71e saison, la National Basketball Association (NBA), la célèbre ligue de basket-ball américaine se délocalise, le 24 janvier 2020, et pour la première fois de son histoire, à Paris, à l’AccorHotels Arena. A cette occasion, les Charlotte Hornets de Caroline du Nord affrontent les Milwaukee Bucks du Wisconsin, dans le cadre du NBA Paris Game 2020. 

Ce match oppose les deux équipes de basket américaines les plus francophiles, puisqu'elles ont compté en leurs rangs, Nicolas Batum et Tony Parker, auquel une exposition photo est consacrée sur les grilles de la Tour Saint-Jacques à Paris jusqu'au 3 février 2020. De nombreuses animations sont organisées autour de ce NBA Paris Game 2020. Notamment, une "NBA House" dédiée au basket, du 23 au 26 janvier 2020, dans la Halle des Blancs-Manteaux à Paris.

Match "Charlotte Hornets" vs. "Milwaukee Bucks" à l'AccorHotelsArena à Paris, le vendredi 24 janvier 2020 à 17h30


Il y a 109 ans le premier appontage d'un avion aux Etats-Unis


Le 18 janvier 1911, dans la baie de San Francisco (Californie), un avion décolle du cuirassé américain USS Pennsylvania - où une plateforme de 37 mètres de long a été aménagée - puis revient s'y poser.  C'est le premier appontage mondial réussi d'un avion sur un navire.  

Deux mois auparavant, le même pilote, Eugene Ely, s'est élancé du croiseur américain USS Birmingham et est parvenu à atterrir sur une plage, avec le même avion, un Curtiss IV D. Le 18 janvier 1911 est utilisée, pour la première fois, une crosse d'appontage, inventée par Hugh Robinson. Par précaution, le pilote porte un casque de football américain et a enroulé deux chambres à air de bicyclette, autour de son corps. 

Continuant d'effectuer des vols de démonstration aux Etats-Unis, Eugène Ely trouve la mort, à Macon (Georgie), moins d'un an après son premier exploit aéronaval, lorsque son avion s'écrase au sol. En 1933, la Distinguished Flying Cross lui est décernée, à titre posthume, pour services rendus envers l'aviation maritime.


dimanche 12 janvier 2020

Quand Clémenceau enseignait le français aux Etats-Unis


Accueil triomphal de Georges Clémenceau à New-York en 1922

L'exposition consacrée au peintre Gilbert Bellan, au musée Clémenceau à Paris, jusqu'au 1er février 2020, est l'occasion de découvrir le passé américain méconnu de l'homme politique, surnommé le "Père-la-Victoire" durant la Première guerre mondiale. En effet, si l'artiste réalise quelques  instantanés de Clémenceau, lors de son embarquement au Havre pour l'Amérique, en 1922, dans le cadre d'une tournée de conférences, le politicien ne découvre pas ce pays. Cinquante-sept ans auparavant, au lendemain de la guerre de Sécession, il y a déjà séjourné durant quatre ans. 

Georges Clémenceau en 1864
Mary Plummer
Celui qui affirmait "Les Français ne voyagent pas assez et vivent dans le dédain de la géographie" traverse l'Atlantique en 1865, à 24 ans, à la suite d'un chagrin d'amour.  

Enseignant de français et d'équitation dans un lycée de jeunes filles à Standford (Connecticut), il y apprend l'anglais, témoigne de la reconstruction du pays après la guerre de Sécession, en tant que correspondant du journal "Le Temps", et fait la connaissance de Mary Plummer, l'une de ses élèves, qu'il épouse à New-York en 1869 et qui lui donne trois enfants. 

Après leur divorce en 1876, cette dernière retourne aux Etats-Unis, avant de revenir à Paris, où elle gagne sa vie en guidant les touristes américains. Elle y décède en 1922 et est enterrée au cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine), où sa tombe a aujourd'hui disparu.



Voyage de Clémenceau aux Etats-Unis en 1922

En 1922, deux ans après avoir cessé toute activité politique, mais inquiet de la non ratification par les Etats-Unis du traité de Versailles mettant fin à la Première guerre mondiale, Georges Clémenceau - bien que n'ayant aucun mandat officiel - retourne en Amérique y donner des conférences dans une dizaine de villes. Il y est accueilli triomphalement. Deux ans auparavant, un quartier de la cité ouvrière de Cottonwood (Arizona) a été baptisé du nom de "Clemenceau" par James Stuart Douglas, propriétaire de la mine de cuivre de la localité et grand admirateur de l'ex-Président du Conseil français

Grand Cabinet de Clémenceau photo @h.ciret

Aussi, en 1926, quand le mécène américain apprend la mise en vente de l'immeuble, dans lequel Clémenceau loue un appartement depuis 1896, il s'en rend acquéreur, afin que l'ancien Président du Conseil puisse y demeurer. Deux ans après le décès de Clémenceau en 1929, lappartement est ouvert au public et géré par une fondation dont le but est de perpétuer le souvenir de l'homme politique. Grâce aux enfants de Clémenceau - qui ont accepté de faire donation du mobilier, des tableaux et des objets - le lieu a été conservé dans l'état où il se trouvait le jour du décès de Georges Clémenceau.

Herve CIRET

Conférence sur Gilbert Bellan, peintre de Clémenceau, le 23 janvier 2020 à 17h45 au Musée Clémenceau

vendredi 10 janvier 2020

La Ford Mustang du film "Bullitt" vendue aux enchères



Jusqu'au 12 janvier 2020, la maison de vente américaine Mecum Auctions mettait aux enchères 3 500 voitures, parmi lesquelles la Ford Mustang GT 390 "Fastback" de couleur verte que pilotait Steve McQueen dans "Bullitt" (1968) de Peter Yates. La voiture mythique a éte adjugée 3,7 millions de dollars. Comme l'atteste une lettre de l'acteur, ce dernier n'est jamais parvenu à la racheter à son propriétaire. Celui-ci l'avait acquise auprès d'un détective privé, qui lui-même l'avait achetée à un employé de la Warner Bros. qui en avait fait l'acquisition, après le tournage du film.

L'intérêt de cette Ford Mustang, c'est qu'elle est restée "dans son jus", dans le même état qu'il y a 52 ans, sans avoir été restaurée. Elle a été miraculeusement retrouvée, en janvier 2018, pour le cinquantenaire du film "Bullitt". Pour Steve McQueen, acteur populaire américain des années 1960-1970 (notamment la série TV Au Nom de la Loi, Le Mans), mais également passionné de voitures et de mécanique, c'était "LA" pièce qui manquait à sa collection de 130 voitures et motos.


Scène de la course-poursuite en Ford Mustang dans les rues de San Francisco extraite du film "Bullitt" (1968) 

Il y a 103 ans disparaissait William Frederick Cody alias Buffalo Bill



Le 10 janvier 1917, William Frederick Cody, alias Buffalo Bill, s'éteignait à Denver (Colorado). Figure mythique, mais controversée, de la conquête de l'Ouest américain, il avait été chasseur de bisons, puis, éclaireur de l'armée américaine, avant de devenir l'acteur de sa propre légende, au sein de son spectacle équestre itinérant, le "Wild West Show". 

Directement à l'origine de la fondation du mythe de la conquête de l'Ouest, le spectacle imaginé par Buffalo Bill a en effet influencé les premiers films westerns, auxquels il a d'ailleurs participé. A chacun de ses séjours en France, en 1889 et 1905, le passage du "Wild West Show" fut un triomphe. Aussi, certains d'entre vous, seront sans doute surpris d'apprendre que Buffalo Bill est passé dans leur ville natale, il y a plus d'un siècle. Ce spectacle équestre itinérant, réunissant cow-boys, Indiens, bisons et des centaines de chevaux, a fait l'objet d'un très beau livre, "Génération Buffalo Bill - L'Ouest américain passionnément" (éditions Vent d'Est) de Gérard Crouzier et Gino Tognolli

A lire également dans le magazine "American Legend" (n°5 - mars 2015), l'article consacré au "Buffalo Bill Wild West Show" 


dimanche 5 janvier 2020

Les comics américains s'exposent au festival de la BD d'Angoulême




Trois expositions de l'édition 2020 du festival de la bande dessinée d'Angoulême sont consacrées à l'univers des comics américains. A commencer par celle évoquant "Les Mondes de Wallace Wood" qui, à partir de nombreuses planches et objets, revient sur toutes les facettes de son oeuvre. Pionnier de la bande dessinée de genre américaine, cet auteur virtuose et visionnaire a marqué profondément la science-fiction, la fantasy, l’humour et la bande dessinée érotique. En 1977, Wallace Wood (1927-1981) s'est vu décerner le prix du dessinateur étranger du festival d'Angoulême pour l’ensemble de sa carrière. Après avoir assisté le dessinateur Will Eisner pour le lettrage de la série culte "Le Spirit", il a réalisé des couvertures de récits de science-fiction, d'histoires de guerre et d’horreur. Il a également contribué au magazine MAD, aux côtés d’Harvey Kurtzman. Chez Marvel, il crée le costume rouge du super-héros Daredevil et co-crée la ligne de super-héros "T.H.U.N.D.E.R. Agents" (1965), Wallace Wood est aussi l’auteur de "The Wizard King" (1978), l’un des premiers romans graphiques d’heroic fantasy.


Le festival consacre une grande rétrospective à l'oeuvre de Robert Kirkman, le scénariste des séries "Walking Dead", "Invincible", "Outcast" et "Oblivion Song". L'exposition retrace vingt ans d’une carrière riche de créations originales, de collaborations avec Marvel, d’expériences télévisuelles et d’aventures éditoriales au sein d’Image Comics. Au sein de cette maison d’édition, Robert Kirkman a cherché à creuser un sillon personnel, inspiré par les lectures de son enfance et son souhait de renouveler les genres emblématiques des comics américains. Son recours à une violence outrancière, teintée d’humour décalé, font de cet auteur un digne émule en BD du cinéaste Quentin Tarantino. 

Enfin, avec l'exposition "De Tarzan à Marvel, l'Amérique fantasmée", le festival d'Angoulême rend hommage au travail de Jean Frisano. C'est dans les années 1970 et 1980, grâce aux couvertures du magazine Strange que ce dessinateur français réalise, que les amateurs de comics américains découvre les super-héros Marvel. Né en 1927 à Gagny (Seine-Saint-Denis), Jean Frisano débute sa carrière en 1948, en travaillant pour des éditeurs parisiens et pour les éditions Lug, à Lyon (Rhône). Après des débuts dans l'illustration de récits westerns et d’aventures, le dessinateur bascule dans l’univers Marvel. A travers ses gouaches spectaculaires, Jean Frisano met en scène des personnages devenus cultes : Daredevil, Iron Man, Spider-Man. Il est également parmi les premiers à illustrer les récits de Conan le Barbare, La Planète des singes et Star Wars.

Expositions du festival international de la bande dessinée d'Angoulême (30 janvier-2 février 2020)

mercredi 1 janvier 2020

Deux cow-boys rappent sur un rythme country


 

Mixer deux genres musicaux apparement très éloignés, tant par leurs publics que par leurs rythmes, était loin d'être une évidence. Pourtant, le rappeur américain Montero Lamar Hill - alias Lil Nas X - et le chanteur de country Billy Ray Cyrus ont relevé le défi, avec la chanson Old Town Road et son clip aux allures de western urbain (voir ci-dessous). Le premier, d'origine africaine-américaine, est natif de l'Etat de Georgie et a sorti son premier mini-album (EP) en 2018. Le second a vu le jour dans le Kentucky et est le père de l'actrice Miley Cyrus, héroïne de la série télévisée Hannah Montana. Il a joué dans la série Annie du Far West, consacrée à la légendaire tireuse d'élite, Annie Oakley et a évoqué le génocide Indien, dans l'un de ses chansons, Trail of Tears, qui lui a valu le boycott de certaines stations de radio.

Le titre Old Town Road, extrait de "7", le premier EP de Lil Nas X, a atteint la première place du Billboard Hot 100 et la dix-neuvième du Hot Country Songs. Il a battu le record de durée des ventes de disques aux Etats-Unis, en demeurant en tête durant vingt-deux semaines d’affilée. Un autre titre, Rodéo, réalisé en collaboration avec le chanteur Cardi B, fait également référence à l'univers des cow-boys, avec sa mélodie en forme de clin d'oeil aux westerns, preuve que le mélange du rap et de la country peut séduire des publics très éloignés les uns des autres. 


vendredi 27 décembre 2019

Festival BD d'Angoulême : l'Amérique croquée sous ses facettes les plus noires




Si un seul album western (Blueberry - Amertume Apache) fait partie de la sélection officielle de l'édition 2020 du festival international de la bande dessinée d'Angoulême (Charente), les Etats-Unis y sont bien représentés, parmi les 2 000 auteurs/autrices et 32 pays invités. A commencer par Les Entrailles de New-York de Julia Wertz (L’Agrume), qui nous invite à une déambulation graphique au coeur de la "Grosse Pomme", en nous immergeant dans tous les endroits insolites faisant le charme de New York. 

Avec No Direction (Sarbacane), c'est à un road-movie de deux tueurs en cavale dans une Amérique crasseuse que nous convie Emmanuel Moynot. L'occasion de croiser les destins de personnages plus déglingués les uns que les autres. D'une mère de famille à un pasteur, en passant par un motard et un VRP. Sans oublier ceux qui poursuivent les deux "killers" en série, un shérif adjoint et un agent spécial de la côte Est.


Dans le premier tome du trytique Grass Kings (Futuropolis), Matt Kindt et Tyler Jenkins proposent une BD polar, entre violence sourde et ode à la nature. L'album est cependant éclairé par la beauté des aquarelles et la personnalité d'exclus et de losers, vivant dans des chalets ou des mobile homes, dans un coin perdu des Etats-Unis. Quant à l'éditeur Delcourt, il nous propose une nouvelle traduction, incluant de nombreux inédits, des quatorze premiers épisodes de la série culte américaine Stray Bullets de David Lapham (ci-dessous). Une fresque sombre de l’Amérique avec ses assassins, ses camés et ses laissés-pour-compte.


Les éditions de la Table Ronde ont eu la bonne idée de rééditer Deux manches et la Belle de Milt Gross (1895-1953), assistant de Tad Dorgan, l'un des pionniers des comics américains et collaborateur de Charlie Chaplin sur le film muet The Circus (1928). L'album est une parodie du feuilleton cinématographique The Perils of Pauline (1914), dont l’actrice Pearl White interprétait le rôle-titre. Autre classique de la bande dessinée américaine, également dans la sélection officielle du festival, Walt & Skeezix (éditions 2024) de Frank King. Les 80 planches, éditées pour la première fois en France, ont été publiées à l'origine entre 1921 et 1934, à la suite de la série-culte Gasoline Alley du même auteur. 


Les super-héros Marvel sont également à l'affiche de la sélection officielle du festival, avec X-Men Grand Design tome 2 Seconde Génèse (Panini Comics) d'Ed Piskor. Consacré à la formation de la nouvelle équipe avec Wolverine, Tornade et Diablo, jusqu'à l'arrivée de Malicia, en passant par la lutte contre les Broods et le Phénix Noir, ce second tome au charme rétro pimente avec humour un hommage personnel et fidèle aux origines de la série X-Men. Enfin, les jeunes ne sont pas oubliés par la sélection officielle du festival, avec Dans un rayon de soleil (Gallimard Jeunesse) de l'américaine Tillie Walden. Une histoire d’amour adolescente, dans un vaisseau spatial dont l'équipage restaure certains évènements du passé. L'occasion pour l'héroïne d'évoquer ses souvenirs enfouis. Un roman graphique de plus de 500 pages, initialement publié sur le web, évoquant la confiance en soi et la quête d’identité sur un mode poétique.

Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (30 janvier-2 février 2020)

jeudi 26 décembre 2019

American Legend Magazine : la vie et la carrière de James Stewart


A l'occasion de son 24e numéro (décembre 2019-janvier-février 2020), American Legend, le magazine français de référence sur l'Ouest américain, consacre sa couverture et sa rubrique American Idol à James Stewart, l'acteur modèle de l'Amérique des années 1930-1950.

Côté destination touristique à conseiller pour débuter l'année 2020, le Yosemite National Park et sa randonnée Four Mile Trail qui vous mène de 1 200 à 2 200 mètres, en moins de 8 kilomètres, pour découvrir le magnifique panorama de Glacier Point. Et pour s'y rendre, quoi de mieux qu'un bon vieux pick-up truck, dont American Legend vous raconte les origines américaines,  depuis un siècle. 

Mais, American Legend, c'est bien sûr, encore et toujours, l'Ouest, avec ses histoires insolites. Telle celle d'Olive Oatman, une pionnière mormonne captive des Indiens durant cinq ans. Mais aussi, ses héros légendaires, à l'image d'Abraham Lincoln, chantre de la réunification des Etats du Nord et du Sud des Etats-Unis. Ou encore, les Cheyennes, ces "braves de la prairie" dont le magazine dresse le portrait. Sans oublier le témoin privilégié de la conquête de l'Ouest, les armes à feu, à l'image des versions militaires du célèbre Colt.

Enfin, vous retrouverez vos rubriques habituelles : Western art, qui vous raconte la traversée des Etats-Unis d'Est en Ouest par  les reporters français de la frontière, Paul Frenzeny et Jules Tavernier. American Beat, qui revient sur l'extraordinaire carrière du groupe Creedence Clearwater Revival, à l'occasion des 50 ans du festival Woodstock et vous narre les origines de la musique Hillbilly. 

American Legend N°24 (décembre 2019 - janvier - février 2020)


lundi 16 décembre 2019

Blueberry revisité par Christophe Blain et Joann Sfar



Depuis le décès en 2012 de Jean Giraud, créateur avec Jean-Michel Charlier de la série  BD western Blueberry en 1963, celle-ci n’avait pas suscité de poursuite ou de réappropriation de leur oeuvre. Grâce au dessin de Christophe Blain (Quai d'Orsay, Gus) et au scénario de Joann Sfar (Le Chat du Rabbin, Donjon), le mythique lieutenant de cavalerie en rupture de ban réapparaît au Far-West, le temps de deux albums.

Mike Blueberry se retrouve confronté à une forain d'origine allemande, propriétaire d'un automate capable de jouer aux échecs, dont le comportement incontrôlable et la demi-folie mettent en péril  la fragile paix conclue entre les Indiens et l'armée des Etats-Unis. Ce récit permet également de retrouver Jimmy McClure, comparse du lieutenant, coiffé de son légendaire haut-de-forme vert orné d'une plume.
 
Si l'idée de cet hommage avait été évoquée lors d'une rencontre de Jean Giraud avec Christophe Blain, "il ne s'agit nulement d'une suite, mais d'une interprétation de deux auteurs, le temps d'une histoire", tient à préciser François Le Bescond, le directeur éditorial de l'éditeur Dargaud. " C'est leur vision de Blueberry." C'est ce qui explique, sans doute, que les deux auteurs aient décidé de conserver la ligne graphique de la série, tout en y apportant leur touche personnelle.


"L’idée est de donner envie aux fans de Blueberry de pleurer, lorsqu'on voit un cowboy avec un flingue, parce qu’aujourd’hui, cela n’a plus aucun sens", explique Joann Sfar. "Car, faire un western aujourd’hui, c’est difficile, car tout est politique : les peuples opprimés, le macho avec ses flingues, le héros individualiste. On peut même se demander quel sens a aujourd'hui le concept même d’aventure."  Quant à Christophe Blain, qui a découvert le personnage de Blueberry lorsqu'il avait 12 ans, il avoue :"En explorant de nouveau le personnage qui m'a fasciné adolescent, je réalise une sorte d'accomplissement avec le gamin que j'étais à cette époque-là."

 


"Une aventure du Lieutenant Blueberry" - Tome 1 : Amertume Apache (Dargaud) de Christophe Blain et Joann Sfar