mardi 30 novembre 2021

Il y a 211 ans naissait le fondateur de la Winchester Company


Fondateur de la célèbre fabrique d'armes américaine qui porte son nom, Oliver Winchester a vu le jour, à Boston (Massachusetts), le 30 novembre 1810. Après avoir travaillé dans une ferme, puis comme apprenti charpentier, afin de subvenir aux besoins de sa famille, Oliver Winchester se met à confectionner des chemises à Baltimore (Maryland) où il a ouvert un magasin de vêtements. En 1850, il se lance dans la vente d'armes à feu à répétition, en rachetant la Volcanic Repeating Arms Company, une filiale de la société Smith & Wesson, rebaptisée New Haven Arms Company, sept ans plus tard, lorsqu'il en devient le premier actionnaire. 
 
En 1860, Oliver Winchester recrute Benjamin Tyler Henry, un armurier qui va faire sa fortune, en apportant de notables innovations techniques au fusil (percuteur central, canon rayé, chargement par la culasse) qui vont assurer la prospérité de sa société, devenue entre temps la Winchester Repeating Arms Company. Le premier modèle à connaître le succès est la Winchester '66 vendue à 120 000 exemplaires. Il est suivi par la Winchester '73, qui va devenir l'arme mythique de la conquête de l'Ouest.
 
Hors-la-loi, shérifs ou Indiens utilisent la Winchester '73. De Buffalo Bill à Billy the Kid, en passant par Calamity Jane ou les frères Dalton. Mais, le modèle est également exporté en Europe et en Asie. Un succès dans les affaires qui amène Oliver Winchester à se lancer dans une carrière politique, sous l'étiquette républicaine. C'est ainsi qu'il est élu, en 1866 et 1867, vice-gouverneur du Connecticut.   
 

Mais, le commerce des armes ne semble pas avoir porté chance à la famille Winchester. Quelque mois seulement après la mort du fondateur, son fils William meurt de tuberculose, laissant la direction de l'entreprise à son épouse Sarah. Cette dernière - qui a perdu son seul enfant quelques années plus tôt - croit que les victimes des fusils Winchester ont jeté une malédiction sur sa famille. Sur les conseils d'un médium, avec l'argent de la société, Sarah Winchester fait construire un manoir de 160 pièces, à San José (Californie), afin d'y abriter les esprits de ces victimes et d'y demeurer (voir vidéo ci-dessous). Elle y investit 70 millions de dollars, durant les 38 ans que durent les travaux, à partir de plans qu'elle élabore elle-même. Ce qui a pour conséquence de précipiter la chute de l'entreprise. Sarah Winchester décède, en 1922, d'un arrêt cardiaque, à l'âge de 83 ans.
 
 

lundi 29 novembre 2021

Transat Jacques Vabre 2021 : arrivée du 1er skipper américain

 

Lundi 29 novembre 2021, à 3 heures 4 minutes et 20 secondes, heure de Paris, le "11th Hour Racing Team Malama" est arrivé à Fort-de-France (Martinique), à la 13e place de sa classe (IMOCA) de la Transat Jacques Vabre. Parti du Havre (Seine-Maritime), le 7 novembre 2021, le bateau de course américain était barré par Charlie Enright (USA) et Pascal Bidégorry (France) et a traversé l'océan Atlantique, en 21 jours 13 heures et 37 minutes. Après un bon début de course, dans le top 5, les deux skippers ont dû faire face, au 13e jour, à une avarie du carénage de l'aileron de quille. Ce qui a obligé l'équipage à naviguer à 70 % de la vitesse maximale du bateau durant le reste de la course.

Pascal Bidégorry et Charles Enright à leur arrivée à Fort-de-France
"Nous sommes arrivés sains et saufs et cela constitue un succès pour nous", a déclaré le skipper américain Charles Enright, à son arrivée à Fort-de-France. "Mentalement, nous avons dû puiser intensément dans nos ressources pour arriver en Martinique, car il aurait été facile d'abandonner. Mais notre objectif était de franchir la ligne d'arrivée de la Transat Jacques Vabre et nous y sommes parvenus." Le second skipper américain de la course, Alex Mehran, sur "Polka Dot" en Class40, est en 33e position, à 1 300 km de l'arrivée.
Herve CIRET
 
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dimanche 28 novembre 2021

Parcourez l'Amérique au salon du livre Jeunesse


L'Amérique est à l'affiche de la 37e édition du salon du livre et de la presse jeunesse qui se tient jusqu'au 6 décembre 2021 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), à l'Est de Paris. Trois auteures ont en effet été inspirées par les Etats-Unis dans l'écriture de leurs romans et seront présentes à cet évènement. A commencer par Nathalie Bernard. Dans "Le dernier sur la plaine" (éditions Thierry Magnier), l'écrivaine évoque le dernier chef de guerre Comanche, Quanah Parker, fils du chef amérindien Peta Nocona et de l'Américaine blanche Cynthia Ann Parker. Un roman illustré par Tom Haugomat qui entraîne le lecteur dans les grandes plaines de l'Ouest.

Dans le roman graphique "René·e aux bois dormants" (éditions Sarbacanne), la scénariste-dessinatrice Elene Usdin nous plonge dans les mythes fondateurs des premières nations amérindiennes. Dans la ville canadienne où il réside avec sa mère, le jeune René profite de ses évanouissements fréquents pour voyager dans des mondes imaginaires. Ce qui l'amène à rencontrer des créatures terrifiantes, mais heureusement bienveillantes : géant au cœur simple, ogre mangeur de lumière, sorcière cannibale et êtres sans mémoire, tout en se métamorphosant lui-même. Le jeune garçon devient tour à tour un arbre, une fleur, un chat, etc... Séjournant régulièrement en Amérique du Nord, pour ce roman Elene Usdin s'est inspirée des enfermements en pensionnat dont ont été victimes de nombreux enfants amérindiens au Canada.

Enfin, dans "Eden, fille de personne" (Actes Sud), Marie Colot Éditeur :  publié en septembre 2021 évoque les péripéties d'une adolescente qui passe d'un foyer d'accueil à un autre, de Salt Lake City (Utah) à Page (Arizona), condamnée à se "vendre",a fin de décrocher une improbable adoption. Dans son errance, elle rencontrer un mystérieux garçon passionné par les chats et les chiens, un fan de course à pied intriguant et un couple âgé se disant prêt à l'accueillir.

Herve CIRET

Salon du livre et de la presse jeunesse (1er-6 décembre 2021) à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

mercredi 24 novembre 2021

Il y a 147 ans aux USA était inventé le fil de fer barbelé

 

C'est le 24 novembre 1874 qu'un fermier américain de l'Illinois, Joseph Glidden, dépose son brevet d'invention du fil de fer barbelé, utilisé pour clôturer les propriétés, notamment dans l'Ouest. Pour concevoir son invention, il fabrique des pointes en métal, avec un moulin à café et les fixe sur un fil de fer qu'il enroule d'un autre fil, pour mieux les maintenir. 

A peine déposée, l'invention du fermier est contestée et fait l'objet d'une longue bataille judiciaire. En effet, quinze ans plus tôt, le français Eugène Grassin-Baledans, puis, en 1865, son compatriote, Louis Janin, ont élaboré un fil barbelé. Mais, leurs prototypes présentent des difficultés de mise en oeuvre et de longévité.  La plus-value apportée par l'américain Joseph Glidden (ci-contre), à ces premières recherches, est de réussir à produire du fil barbelé industriellement, à partir d'une machine permettant de le fabriquer, en grande quantité et à moindre coût. A cette fin, il créé une société, la "Barb Fence Company", à DeKalb (Illinois).

En 1881, afin de montrer l'efficacité de son invention, Joseph Glidden créé un ranch au Texas, où il regroupe 12 000 têtes de bétail, parquées dans des clôtures bâties avec son fil barbelé. Cependant, l'installation de ces clôtures provoque des conflits de voisinage entre éleveurs. Certains ranchs laissant paître leur troupeau, sans respecter aucune limite territoriale, en cisaillant les fils barbelés pour laisser un libre passage à leurs bêtes. Ce qui déclenche une véritable guerre, au cours de laquelle plusieurs personnes trouvent la mort. Résultat, en une vingtaine d'année, les ranchs finissent par se retrouver entourés de clôtures. 
 
Un épisode de la fin de conquête de l'Ouest qui a inspiré, en 1967, le dessinateur Morris et le scénariste Goscinny, pour le 43e album des aventures de Lucky Luke, "Des Barbelés sur la Prairie", dont une adaptation en film d'animation a été réalisée en 1984 (vidéo ci-dessous). 
 

A sa mort, en 1906, à l'âge de 93 ans, Joseph Glidden est devenu l'un des hommes les plus riches des États-Unis, en ayant acquis un hôtel, un journal et des milliers de kilomètres carrés de terres. Soit, une fortune estimée à un million de dollars de l'époque. Aujourd'hui, les visiteurs du "Barbed Wire History Museum", le musée de l'histoire du fil barbelé, à DeKalb (Illinois), peuvent encore admirer l'un des premiers spécimens, réalisé à la main, de l'invention de Joseph Glidden.
Herve CIRET

mardi 23 novembre 2021

Joséphine Baker, une afro-américaine au Panthéon

 

Le 30 novembre 2021, la chanteuse née en 1906 à Saint-Louis (Missouri), fait son entrée officielle au Panthéon à Paris. Après avoir conquit New-York, puis Paris, Joséphine Baker, naturalisée française en 1937, devient un agent du contre-espionnage français. Un engagement qui lui vaut, à la Libération de la France, de se voir décerner les médailles de la Résistance Française, de la Légion d’Honneur et la Croix de guerre 1939-1945. 

En 1963, engagée dans la défense des droits civiques aux États-Unis, celle qui est née Freda Josephine McDonald participe, à Washington, à la marche pour l’emploi et la liberté de Martin Luther King. Elle y est la seule femme à s’exprimer à la tribune. En 1968, Joséphine Baker est à New-York, pour assister aux obsèques de Bob Kennedy. Sa dernière escale américaine a lieu en 1973. A 67 ans, l’artiste remonte sur scène au Carnegie Hall de New-York, prélude à une tournée prévue dans 17 villes des Etats-Unis, avec une représentation finale au théâtre Bobino, à Paris. Joséphine Baker décède le 12 avril 1975, à la fin de sa tournée, d’une hémorragie cérébrale. Sixième femme à recevoir les honneurs du Panthéon, elle est la première femme noire à être panthéonisée. Cependant, son corps restera à Monaco où elle était inhumée.

samedi 20 novembre 2021

Black Friday : une pratique commerciale vieille de 69 ans



Toute cette dernière semaine de novembre, les médias et les grandes enseignes vont vous rabattre les oreilles avec le Black Friday, rituel commercial désormais incontournable précédant Noël. A l'origine, le "Black Friday" (vendredi noir) désignait le lendemain du "Thanksgiving, célébration du jour d'action de grâce remerciant les Indiens ayant donné à manger aux premiers colons d'Amérique, en 1621. Un évènement se déroulant toujours le dernier jeudi de novembre.  

En 1952, les commerçants d'Outre-Atlantique ont proposé des prix cassés pour profiter de cette journée fériée, qui marquait le début des achats de Noël. Leur comptabilité étant tenue à la main, ils ont utilisé le terme de "Black Friday" pour désigner le moment de l'année, où leur chiffre d'affaires - jusqu'ici déficitaire, autrement dit "dans le rouge", car les comptes étaient écrits dans cette couleur - passaient "dans le noir", autrement dit en positif, car rédigés dans cette couleur. 

69 ans plus tard, les Américains continuent de se ruer dans les magasins, lors du "vendredi noir". En 2017, 174 millions de consommateurs américains ont participé à ces soldes et dépensé plus de 60 milliards de dollars.

 


jeudi 18 novembre 2021

Thanksgiving : le jour où des Indiens sauvèrent des colons de la famine


"Le premier Thanksgiving" - Jean-Louis Gérôme Ferris (1863-1930)
Le 25 novembre 2021, quatrième jeudi du mois, les Américains vont célébrer leur 400e "Thanksgiving". C'est en 1621, un an après l'arrivée de pèlerins puritains anglais, à bord du bateau "Mayflower" sur la côte Est de l'Amérique (futur Massachusetts) qu'est fêté le premier "Jour de remerciement et d'action de grâce", proclamé par le gouverneur de la colonie, William Bradford, et partagé avec ses voisins Indiens. Un an plus tôt, confrontés à la famine au cours de laquelle la moitié d'entre eux périt, les colons reçoivent l'aide d'Iroquois de la tribu des Patuxets. Ceux-ci leur apprennent à chasser, à pêcher et surtout à planter du maïs. Lors de la première récolte à l'automne suivant, trois jours de prière et de fête sont organisés, les Indiens apportant des dindes sauvages à rôtir. 

C'est George Washington, premier président des Etats-Unis, qui, en 1789, proclame le 26 novembre "Thanksgiving day". Au cours des années, la référence aux premiers habitants de l'Amérique du Nord s'évanouit, pour ne plus retenir que les remerciements à Dieu et la célèbre dinde.  

Instaurée fête nationale en 1863, par Abraham Lincoln, elle est depuis célébrée le quatrième jeudi du mois de novembre. Pour l'occasion, plusieurs dizaines de millions de ces volailles sont cuisinées. Selon les régions, elles sont enrobées de sirop d'érable, accompagnées d'une farce de châtaigne, de pain de maïs, de patates douces confites ou même de choucroute. Une seule dinde est graciée symboliquement par le Président des Etats-Unis, depuis la fin des années 1980.
 


dimanche 14 novembre 2021

Il y a 111 ans aux Etats-Unis naissait l'aéronavale


Le 14 novembre 1910, dans le port de Norfolk (Virginie), un avion décolle du croiseur américain USS Birmingham et parvient à se poser sur la terre ferme.  Ce premier décollage réussi d'un avion depuis un bateau signe la naissance de l'aéronavale aux Etats-Unis.  

A 15 heures 16 minutes ce jour-là, le pilote, Eugene Ely, aidé du capitaine Chambers de la Navy, s'élance d'une plateforme longue de 25 mètres et large de 7 mètres, placée à l'avant du navire. Il conduit un avion biplan, précédemment utilisé, quelques mois auparavant, par son concepteur, Glenn Curtiss, lors d'un vol resté célèbre, entre Albany et New York, distants de 230 kilomètres.

Arrivé au bout de la plateforme, l'avion perd de l'altitude, l'extrémité de son hélice étant endommagée en touchant l'eau. Conservant le contrôle de l'appareil, malgré les vibrations, le pilote parvient à atterrir, sain et sauf, sur une plage à Willoughby Spit.
 

Eugène Ely
Deux mois plus tard, le 18 janvier 1911, dans la Baie de San Francisco (Californie), Eugene Ely réussit, à la fois, à décoller et à apponter sur le cuirassé USS Pennsylvania, sur lequel une plateforme de 37 mètres de long a été aménagée. A cette occasion, est utilisée pour la première fois une crosse d'appontage, inventée par Hugh Robinson. Par précaution, le pilote portait un casque de football américain et avait enroulé deux chambres à air de bicyclette, autour de son corps

Continuant d'effectuer des vols de démonstration un peu partout aux Etats-Unis, Eugène Ely trouve la mort, à Macon (Géorgie), moins d'un an après son premier exploit aéronaval, lorsque son avion s'écrase au sol. En 1933, à titre posthume, on lui décerne la Distinguished Flying Cross, créée en 1926, pour services rendus envers l'aviation maritime.

Hasards de l'histoire, le premier pilote de l'aéronavale aurait pu être russe. En effet, en 1909, l'ingénieur-mécanicien Matseïevitch a conçu le premier porte-avions, capable d’emporter 20 aéronefs, abrités dans des hangars sous le pont d’envol. Mais, en 1910, sa mort dans un accident aérien et la Révolution, qui suit la Première guerre mondiale, mettent fin provisoirement à l'aéronautique navale russe. Il faut attendre la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et la guerre du Pacifique, pour voir s’imposer le porte-avions comme un moyen de combat naval à part entière.


jeudi 11 novembre 2021

11 novembre : souvenons-nous aussi des soldats américains de la guerre 1914-18

 

Le 11 novembre, comme c'est désormais le cas depuis 2011, nous rendons hommage, non seulement aux "Poilus" de la Première guerre mondiale de 1914-1918, mais aussi à tous les soldats "Morts pour la France", y compris lors d'opérations récentes. Une sorte de "Memorial Day" à la française, institué  par les Américains, il y a près de 150 ans, après la guerre de Sécession. Ce n'est donc pas un hasard, si ces derniers ont bâti à Suresnes, au pied du Mont Valérien, le premier mémorial en France dédié aux morts américains du premier conflit mondial, auxquels le Président Donald Trump a rendu hommage sur place, le 11 novembre 2018.

A Suresnes, dominant la Seine, un immense champ de croix blanches attire l'attention. Les drapeaux américain et français semblent veiller sur eux. Et pourtant, les 1 500 personnes reposant en ce lieu sont tous américaines. Fantassins, marins, aviateurs, infirmières, ils ont traversé l'Atlantique et fait le sacrifice de leur vie. Certains, avant même que leur pays ne rentre en guerre en 1917. 


"On oublie souvent que si nous sommes libres aujourd'hui, c'est parce que des gens enterrés ici, comme dans d'autres cimetières français ou anglais, se sont battus pour cette liberté", soulignait en 2014, Angelo Munsel, alors surintendant de ce mémorial américain. Originaire de Californie, mais ayant des ascendances italienne et alsacienne, ce passionné d'histoire s'était donné un but : faire revivre de manière la plus vivante possible la mémoire de ceux dont il a eu la charge depuis 2010 ans. "La chose la plus importante, c'est de travailler avec mes amis enterrés ici", expliquait Angelo Munsel avec émotion. "Il n'y a pas de travail plus beau. Même si parfois, il y a peu de visiteurs, grâce à eux je ne me sens jamais seul."

Et Angelo Munsel de raconter l'étonnante histoire de ce médecin diplômé de Harvard, venu travailler en France dans un hôpital militaire et qui, la guerre déclarée, en 1914, a estimé que son devoir était de soigner les blessés. Il est mort dans un bombardement.
 
Angelo Munsel a pu également retracer le destin tragique de 2 sœurs jumelles, riches héritières d'un assureur, qui après avoir été traumatisées par les horreurs de la guerre 14-18, en tant qu'infirmières, se sont jetées du bateau qui les ramenait en Amérique. "Raconter l'histoire personnelle de ceux et celles qui sont enterrés ici est la meilleure manière de rendre hommage à leur sacrifice."

Choisi en raison de sa proximité avec les hôpitaux parisiens, vers lesquels les blessés américains étaient acheminés depuis le front, le site de Suresnes d'une superficie de 3 hectares est le seul à accueillir des morts de la 1ère et de la 2ème guerre mondiale. Egalement, le seul mémorial militaire américain à arborer les couleurs de la France, au côté du drapeau américain. "C'est moi qui l'ai souhaité, afin de marquer notre reconnaissance à la France", précisait Angelo Munsel. Autre particularité, si des croix blanches marquent ici l'emplacement des tombes, c'est pour respecter l'usage des cimetières français. "Dans les cimetières militaires américains, vous ne verrez que des pierres tombales, dont la partie supérieure a été évidée pour recevoir le symbole de l'appartenance religieuse du défunt."


Une plaque rappelle l'inauguration du mémorial, en 1919, par le président américain de l'époque, Woodrow Wilson. En 2019, pour commémorer son centenaire, de grandes festivités devaient y avoir lieu, à l'occasion du Memorial Day, mais le Coronavorus en a décidé autrement.

"A travers ce cimetière, nous pouvons apprendre ce qu'est le prix de la guerre et donc le prix de la liberté à payer, car des guerres se produisent encore de nos jours", tenait à rappeler Angelo Munsel. "Cet endroit, comme d'autres, est le symbole de la liberté, du courage et du sacrifice, des mots universels qui parlent à chacun d'entre nous." 

Lors de la 1ère guerre mondiale, sur plus de 80 000 américains ayant fait le sacrifice de leur vie, plus de 30 000 reposent dans 8 cimetières en Europe.

Propos et photos recueillis en novembre 2014 par Herve Ciret

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mercredi 10 novembre 2021

il y a 246 ans naissaient les Marines américains


Le 10 novembre 1775, durant la guerre d'indépendance américaine, le Congrès des Etats-Unis créé les Continental Marines, ancêtres du corps des Marines d'aujourd'hui. Deux bataillons sont alors constitués, afin de combattre sur mer les troupes britanniques, en s'inspirant de leurs Royal Marines.

Embarqués pour servir d'infanterie à bords des navires américains, ces Continental Marines sont engagés dans des combats contre leurs homologues anglais et des corsaires britanniques. Ils effectuent leur véritable premier fait d'armes, en mars 1776, en débarquant sur l'île de New Providence (Bahamas). Leur objectif : un dépôt anglais de munitions, dont ils capturent une centaine de pièces d'artillerie et la poudre pour les utiliser.

Portant un uniforme constitué d'une tunique verte et d'un gilet blanc - pour les plus fortunés - armés d'un fusil français Charleville et d'un sabre d'abordage de l'infanterie britannique, ces Marines sont démobilisés, en 1785, dix ans après leur création. Ce corps est recréé en 1798, en raison de la guerre navale larvée que se livrent la jeune République française et les Etats-Unis, jusqu'en 1800.

De 360 hommes, en 1801, le US Marine Corps passe à 30 000 en 1917, lors de son entrée en guerre contre l'Allemagne, pour atteindre 73 000 personnes, en 1918. En 1945, au lendemain de la seconde guerre mondiale, le corps des Marines comprend 485 000 combattants. Aujourd'hui, ses effectifs avoisinent les 185 000 hommes. Sa devise, "Semper Fi" (du latin Semper Fidelis = Toujours fidèle), est aussi celle d'autres régiments, ainsi que de villes, comme Saint-Malo, en Bretagne.