Il y a 42 ans disparaissait l'acteur Jean Gabin


Jean Alexis Moncorgé, dit Jean Gabin est mort le 15 novembre 1976, à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). En 1941, refusant de tourner pour les Allemands, une fois la France occupée, l'acteur émigre aux Etats-Unis, pour y suivre l'actrice Michèle Morgan et y retrouver les réalisateurs Jean Renoir et Julien Duvivier, ainsi que les comédiens français, Charles Boyer, Jean-Pierre Aumont et Dalio.

Bien qu'ayant appris l'anglais et malgré son contrat avec la maison de production Fox, Jean Gabin tourne peu. Seulement  deux films, "Moontide" (La péniche de l'amour) [voir extrait vidéo ci-dessous] et "The Impostor" (L'imposteur). N'ayant plus accès - du fait de la Seconde guerre mondiale - au marché européen et, donc, au public habituel de l'acteur français, les studios hollywoodiens le sollicitent peu. Durant cette période, Jean Gabin fréquente des actrices américaines, telle Ginger Rogers.


Rencontrant Marlène Dietrich à New York, une idylle se noue entre eux et il la rejoint à Los Angeles (Californie), dans le quartier des stars de Beverly Hills, dans une villa louée par Greta Garbo. C'est ainsi qu'on peut découvrir un Jean Gabin chevauchant, en tenue de cow-boy, aux côtés de sa bien-aimée. C'est en faisant de longues chevauchées avec Marlène Dietrich, que lui vient l'envie d'élever du bétail. Mais, ce sera plus tard et en... France. Car, même s'il apprécie les grands  espaces de l'Ouest américain, son cher pays lui manque.

Voyant plusieurs stars américaines participer à l'effort de guerre, Jean Gabin ne se voit pas rester aux USA. "J'étais malade à l’idée d'être obligé de finir ma vie aux États-Unis", avoue-t-il plus tard. "Je ne pouvais pas rester les mains dans les poches, continuer à faire des grimaces devant une caméra - en étant bien payé en plus - et attendre tranquillement que les autres se fassent descendre pour que je retrouve mon patelin."


En 1943, Jean Gabin finit par s'engager dans les Forces navales françaises libres. Marlène Dietrich participe à la Seconde guerre mondiale, à sa manière, en divertissant les troupes américaines sur le front. Ironie du sort, son mari, Rudolf Sieber - dont l'actrice n'a jamais divorcé, en dépit de ses nombreuses liaisons - disparaît en 1976, dans son ranch de Californie, la même année que son amant, Jean Gabin.  



Il y a 108 ans aux Etats-Unis naissait l'aéronavale


Le 14 novembre 1910, dans le port de Norfolk (Virginie), un avion décolle du croiseur américain USS Birmingham et parvient à se poser sur la terre ferme.  Ce premier décollage réussi d'un avion depuis un bateau signe la naissance de l'aéronavale aux Etats-Unis.  

A 15 heures 16 minutes ce jour-là, le pilote, Eugene Ely, aidé du capitaine Chambers de la Navy, s'élance d'une plateforme longue de 25 mètres et large de 7 mètres, placée à l'avant du navire. Il conduit un avion biplan, précédemment utilisé, quelques mois auparavant, par son concepteur, Glenn Curtiss, lors d'un vol resté célèbre, entre Albany et New York, distants de 230 kilomètres.

Arrivé au bout de la plateforme, l'avion perd de l'altitude, l'extrémité de son hélice étant endommagée en touchant l'eau. Conservant le contrôle de l'appareil, malgré les vibrations, le pilote parvient à atterrir, sain et sauf, sur une plage à Willoughby Spit.
 

Eugène Ely
Deux mois plus tard, le 18 janvier 1911, dans la Baie de San Francisco (Californie), Eugene Ely réussit, à la fois, à décoller et à apponter sur le cuirassé USS Pennsylvania, sur lequel une plateforme de 37 mètres de long a été aménagée. A cette occasion, est utilisée pour la première fois une crosse d'appontage, inventée par Hugh Robinson. Par précaution, le pilote portait un casque de football américain et avait enroulé deux chambres à air de bicyclette, autour de son corps

Continuant d'effectuer des vols de démonstration un peu partout aux Etats-Unis, Eugène Ely trouve la mort, à Macon (Géorgie), moins d'un an après son premier exploit aéronaval, lorsque son avion s'écrase au sol. En 1933, à titre posthume, on lui décerne la Distinguished Flying Cross, créée en 1926, pour services rendus envers l'aviation maritime.

Hasards de l'histoire, le premier pilote de l'aéronavale aurait pu être russe. En effet, en 1909, l'ingénieur-mécanicien Matseïevitch a conçu le premier porte-avions, capable d’emporter 20 aéronefs, abrités dans des hangars sous le pont d’envol. Mais, en 1910, sa mort dans un accident aérien et la Révolution, qui suit la Première guerre mondiale, mettent fin provisoirement à l'aéronautique navale russe. Il faut attendre la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et la guerre du Pacifique, pour voir s’imposer le porte-avions comme un moyen de combat naval à part entière.


Disparition de Stan Lee, l'un des pères de Spider-Man



Contrairement à leurs modèles, les inventeurs de super-héros ne sont pas immortels. Co-créateur, avec Steve Ditko, de Spider-Man, le célèbre "homme-araignée"l'américain Stan Lee est décédé, le 12 novembre 2018, à Los Angeles (Californie), à l'âge de 95 ans. Il aura suivi Steve Ditko, dans la mort de seulement quelques mois. Bien qu'ébranlé par la disparition de son épouse, en 2017, au seuil de leurs 70 ans de mariage, Stan Lee - né Stanley Lieber - continuait de paraître en public. 

« Enfant, je ne rêvais pas de faire des comics", avouait le scénariste et éditeur de comics (bandes dessinées). "Je voulais être acteur et mon tout premier de mes héros était Errol Flynn." Son premier texte, il l'écrit en 1941, dans "Captain America", héros de bande dessinée créé par Simon et Kirby. A 20 ans, il est rédacteur-en-chef, chez l'éditeur Timely (qui deviendra Marvel), puis, Seconde guerre mondiale oblige,  s'engage, en 1942,  dans le service de communication de l'armée américaine.

Dans les années 1950, lorsque le concurrent DC Comics relance les super-héros de la "Justice League of America", Stan Lee créé pour Marvel les "Fantastic Four" (les Quatre fantastiques), des personnages aux pouvoirs extraordinaires, mais plus proches des préoccupations du jeune public de l'époque. Suivront Hulk et Thor (1962), les Avengers, X-Men et Iron Man (1963), puis Daredevil (1964). Des super-héros de l'âge d'or des comics américains, qui ont connu une seconde naissance à partir des années 2000, grâce au cinéma. "Spider-Man Far From Home", le prochain film consacré à l"homme-araignée" est prévu de sortir en 2019 et les éditions Taschen viennent de sortir "The Stan Lee Story", magnifique livre de plus de 400 pages, en édition limitée, consacré au scénariste.

Lucky Luke et Jolly Jumper au pays de la Tour Eiffel


Abandonnés les déserts arides, les grands espaces et les villes de l'Ouest. Pour son 80e album, "l'homme qui tire plus vite que son ombre" a choisi Paris comme nouveau terrain de ses aventures. 

En 1876, Lucky Luke a été chargé d'escorter en France le sculpteur Auguste Bartholdi, auteur de la statue de la Liberté. Sa tournée aux États-Unis - avec la main et le flambeau de la dame de fer - afin de récolter des fonds lui permettant d'achever son oeuvre future, est émaillée de nombreux incidents qui mettent sa vie en péril. 

Accompagné de son fidèle cheval, Jolly Jumper, que les parisiens appellent "Joli Jean-Pierre", le cowboy solitaire découvre la "ville lumière" et le mode de vie de ses habitants, notamment les plus prestigieux. Ainsi, Lucky Luke y rencontre-t-il madame Bovary, Gustave Eiffel, Victor Hugo. Après s'être familiarisé avec le personnage créé en 1947 par le dessinateur belge Morris, avec l'album "La terre promise" (2016), le scénariste Jul (Silex and the city) a transformé l'essai avec le dessinateur Achdé qui dessine Lucky Luke depuis 2003.

"Un Cow-boy à Paris" d’Achdé et Jul (Dargaud)

 

11 novembre : souvenons-nous aussi des soldats américains de la guerre 14-18


Le 11 novembre, comme c'est désormais le cas depuis 2011, nous rendons hommage, non seulement aux "Poilus" de la Première guerre mondiale de 1914-1918, mais aussi à tous les soldats "Morts pour la France", y compris lors d'opérations récentes. Une sorte de "Memorial Day" à la française, institué  par les Américains, il y a près de 150 ans, après la guerre de Sécession. Ce n'est donc pas un hasard, si ces derniers ont bâti à Suresnes, au pied du Mont Valérien, le premier mémorial en France dédié aux morts américains du premier conflit mondial, auxquels le Président Donald Trump a rendu hommage sur place, le 11 novembre 2018.

A Suresnes, dominant la Seine, un immense champ de croix blanches attire l'attention. Les drapeaux américain et français semblent veiller sur eux. Et pourtant, les 1 500 personnes reposant en ce lieu sont tous américaines. Fantassins, marins, aviateurs, infirmières, ils ont traversé l'Atlantique et fait le sacrifice de leur vie. Certains, avant même que leur pays ne rentre en guerre en 1917. 


"On oublie souvent que si nous sommes libres aujourd'hui, c'est parce que des gens enterrés ici, comme dans d'autres cimetières français ou anglais, se sont battus pour cette liberté", soulignait en 2014, Angelo Munsel, alors surintendant de ce mémorial américain. Originaire de Californie, mais ayant des ascendances italienne et alsacienne, ce passionné d'histoire s'était donné un but : faire revivre de manière la plus vivante possible la mémoire de ceux dont il a eu la charge depuis 2010 ans. "La chose la plus importante, c'est de travailler avec mes amis enterrés ici", expliquait Angelo Munsel avec émotion. "Il n'y a pas de travail plus beau. Même si parfois, il y a peu de visiteurs, grâce à eux je ne me sens jamais seul."

Et Angelo Munsel de raconter l'étonnante histoire de ce médecin diplômé de Harvard, venu travailler en France dans un hôpital militaire et qui, la guerre déclarée, en 1914, a estimé que son devoir était de soigner les blessés. Il est mort dans un bombardement.
 
Angelo Munsel a pu également retracer le destin tragique de 2 sœurs jumelles, riches héritières d'un assureur, qui après avoir été traumatisées par les horreurs de la guerre 14-18, en tant qu'infirmières, se sont jetées du bateau qui les ramenait en Amérique. "Raconter l'histoire personnelle de ceux et celles qui sont enterrés ici est la meilleure manière de rendre hommage à leur sacrifice."

Choisi en raison de sa proximité avec les hôpitaux parisiens, vers lesquels les blessés américains étaient acheminés depuis le front, le site de Suresnes d'une superficie de 3 hectares est le seul à accueillir des morts de la 1ère et de la 2ème guerre mondiale. Egalement, le seul mémorial militaire américain à arborer les couleurs de la France, au côté du drapeau américain. "C'est moi qui l'ai souhaité, afin de marquer notre reconnaissance à la France", précisait Angelo Munsel. Autre particularité, si des croix blanches marquent ici l'emplacement des tombes, c'est pour respecter l'usage des cimetières français. "Dans les cimetières militaires américains, vous ne verrez que des pierres tombales, dont la partie supérieure a été évidée pour recevoir le symbole de l'appartenance religieuse du défunt."


Une plaque rappelle l'inauguration du mémorial, en 1919, par le président américain de l'époque, Woodrow Wilson. En 2019, pour commémorer son centenaire, de grandes festivités devraient y avoir lieu, à l'occasion du Memorial Day de cette année-là.

"A travers ce cimetière, nous pouvons apprendre ce qu'est le prix de la guerre et donc le prix de la liberté à payer, car des guerres se produisent encore de nos jours", tenait à rappeler Angelo Munsel. "Cet endroit, comme d'autres, est le symbole de la liberté, du courage et du sacrifice, des mots universels qui parlent à chacun d'entre nous." 

Lors de la 1ère guerre mondiale, sur plus de 80 000 américains ayant fait le sacrifice de leur vie, plus de 30 000 reposent dans 8 cimetières en Europe.

Propos et photos recueillis en novembre 2014 par Herve Ciret

Il y a 243 ans était créé le corps des Marines américains


Le 10 novembre 1775, durant la guerre d'indépendance américaine, le Congrès des Etats-Unis créé les Continental Marines, ancêtres du corps des Marines d'aujourd'hui. Deux bataillons sont alors constitués, afin de combattre sur mer les troupes britanniques, en s'inspirant de leurs Royal Marines.

Embarqués pour servir d'infanterie à bords des navires américains, ces Continental Marines sont engagés dans des combats contre leurs homologues anglais et des corsaires britanniques. Ils effectuent leur véritable premier fait d'armes, en mars 1776, en débarquant sur l'île de New Providence (Bahamas). Leur objectif : un dépôt anglais de munitions, dont ils capturent une centaine de pièces d'artillerie et la poudre pour les utiliser.

Portant un uniforme constitué d'une tunique verte et d'un gilet blanc - pour les plus fortunés - armés d'un fusil français Charleville et d'un sabre d'abordage de l'infanterie britannique, ces Marines sont démobilisés, en 1785, dix ans après leur création. Ce corps est recréé en 1798, en raison de la guerre navale larvée que se livrent la jeune République française et les Etats-Unis, jusqu'en 1800.

De 360 hommes, en 1801, le US Marine Corps passe à 30 000 en 1917, lors de son entrée en guerre contre l'Allemagne, pour atteindre 73 000 personnes, en 1918. En 1945, au lendemain de la seconde guerre mondiale, le corps des Marines comprend 485 000 combattants. Aujourd'hui, ses effectifs avoisinent les 185 000 hommes. Sa devise, "Semper Fi" (du latin Semper Fidelis = Toujours fidèle), est aussi celle d'autres régiments, ainsi que de villes, comme Saint-Malo, en Bretagne.