dimanche 19 avril 2026

Il y a 107 ans, le 1er saut de parachute en chute libre



Jusqu’en 1919, les experts en aéronautique ne pouvaient imaginer qu’un homme puisse sauter d'un avion en chute libre, sans perdre connaissance. C'est un californien de 24 ans, cascadeur aérien pour le cinéma, Leslie Irvin, qui leur démontre le contraire. Le 19 avril 1919, au-dessus de Dayton (Ohio), il saute dans le vide, depuis un avion volant à une altitude de 600 mètres. Il n'ouvre son parachute qu’à 200 mètres du sol. Seule sa cheville est cassée à l’atterrissage.

Conçu par deux militaires de l'US Air Force, le parachute utilisé par Leslie Irvin a été déployé à partir d'un sac à dos muni d'une poignée d'ouverture. Ce qui en constitue l'originalité et l'innovation. Car, les premiers parachutes étaient jusqu'ici déployés, à partir d'un réservoir fixé à l'avion. 

En juin 1919, Leslie Irvin créé son entreprise de fabrication de parachutes. Dans les dix ans qui suivent, pas moins de quarante pays équipent leurs forces aériennes avec ses produits. Quant aux 10 000 pilotes et parachutistes alliés qui effectuent des missions durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), ils lui doivent en partie la vie. Leslie Irvin va même jusqu'à offrir une "goupille d'or" à chaque pilote ayant utilisé son parachute lorsque son avion était en difficulté. Vingt ans plus tard, 34 000 personnes sont ainsi distinguées, parmi lesquelles, Charles Lindbergh. Leslie Irvin a rejoint les étoiles, le 9 octobre 1966, à l'âge de 71 ans. 
 
Herve CIRET

samedi 18 avril 2026

La carrière américaine de Nathalie Baye

 

Nathalie Baye dans "Arrête-moi si tu peux" (2002) de Steven Spielberg
 

Atteinte d’une maladie dégénérative, l'actrice française Nathalie Baye est décédée, le 17 avril 2026, à Paris, à l'âge de 77 ans. En 1964, à seulement 16 ans, cette fille d'un couple d'artistes peintres part aux Etats-Unis, pour y suivre les cours d'une école de danse. "Je voulais être danseuse classique", raconte la comédienne. "Mes parents, au bord du divorce, décidèrent de m'envoyer un an à New York pour travailler comme baby-sitter et suivre des cours dans une école de danse. A l'époque, c'était très gonflé, car je suis partie quasiment sans un rond, avec un anglais ultra-moyen." À son retour en France, Nathalie Baye poursuit ses cours de danse, tout en s'inscrivant au Conservatoire national supérieur d'art dramatique dont elle sort diplômée en 1972. L'année suivante, c'est le film "Brève Rencontre à Paris" du réalisateur américain Robert Wise (West Side StoryLa Mélodie du Bonheur, La Canonnière du Yang-Tsé, Pat Garrett et Billy le Kid), qui la fait connaître au cinéma. En 1983, c'est encore le film d'un metteur-en-scène américain, Bob Swaim, qui lui permet de remporter son premier César, celui du meilleur film, pour "La Balance".

En 1985, Nathalie Baye et Johnny Hallyday - alors son compagnon -interprètent la version française de la célèbre chanson de l'actrice hollywoodienne Marilyne Monroe "I Wanna Be Loved By You" (Voir ci-dessus). La même année, Nathalie Baye déclame le texte d'introduction de la chanson "Quelque chose de Tennessee" de Johnny Hallyday, sur son album "Rock'n'Roll Attitude". Il s’agit d’une citation concluant conclut la pièce de théâtre "La Chatte sur un toit brûlant" de l’auteur américain Tennessee Williams. En 1993, l'actrice tourne aux États-Unis le téléfilm "Les Soldats de l'espérance", du réalisateur américain Roger Spottiswoode, qui décrit les débuts du SIDA. L’actrice y interprète le Docteur Barré, une immunologie et virologue française. Dans les années 1990, Nathalie Baye est brièvement en couple avec le peintre américain François Lamore, né en 1952 à Washington. En 2000, au Festival de Seattle - qui présente des films indépendants et non américains - la comédienne française se voit décerner le prix d'interprétation féminine pour le film "Vénus Beauté Institut" de la réalisatrice franco-américaine Tonie Marshall, fille du réalisateur américain William Marshall et pour le long-métrage "Une liaison pornographique" de Frédéric Fonteyne.

En 2002, Nathalie Baye tient un second rôle dans la comédie hollywoodienne, "Arrête-moi si tu peux", réalisée par Steven Spielberg (vidéo ci-dessus). Au côté de Christopher Walken, elle y interprète la mère du héros joué par Leonardo DiCaprio, devenu le plus plus grand faussaire des années 1960, en usurpant plusieurs identités. C'est par passion du film "La Nuit Américaine" de François Truffaut - dans lequel joue Nathalie Baye - que Steven Spielberg a voulu engager l'actrice. "A l'époque, j'étais en admiration, presque tombé amoureux de Nathalie Baye dans le film", reconnaît le réalisateur américain. "Quand je préparais "Arrête-moi si tu peux, j'ai demandé à mon ami Brian De Palma de faire passer un casting à quelques actrices françaises. Quand j'ai reçu les images de Nathalie, c'était comme une évidence. Je devais absolument tourner avec elle, comme je l'avais fait avant avec Truffaut en l'invitant à participer à "Rencontres du troisième type". En 2021, Nathalie Baye tourne dans "Downton Abbey 2", un film historique britannico-américain réalisé par Simon Curtis, dans lequel elle incarne la marquise douairière de Montmirail, dont l'époux est amoureux de Violet Crawley, comtesse douairière de Grantham. Engagée pour la défense de l'environnement et le soutien à l'enfance défavorisée, l'actrice était membre du comité d'honneur de l'Institut Jane Goodall France. Celui-ci est le représentant en France de l'organisation mondiale de protection de la vie sauvage et de l'environnement, fondée en 1977, en Virginie (Etats-Unis), par la primatologue Jane Goodall.

Herve CIRET 

vendredi 17 avril 2026

Il y a 110 ans était créée l'escadrille La Fayette


Le 18 avril 1916, la première escadrille, composée de pilotes américains volontaires engagés dans la légion étrangère, est créée à Luxeuil-les Bains (Haute-Saône). Et ce, alors que les Etats-Unis ne sont pas encore entrés en guerre. Baptisée "La Fayette", en hommage au marquis français qui a aidé les insurgés américains à se libérer du joug anglais, elle est commandée par le capitaine français Georges Thénault, secondé par le lieutenant Alfred de Laage de Meux. C'est à l'initiative de deux américains, Norman Price et Fraser Curtiss, soutenus par Maximilien Jarousse de Sillac, du ministère français des Affaires Etrangères, et le docteur Gros, du Corps des Ambulances Américaines, que cette escadrille est constituée. A l'origine, chacun des pilotes fait figurer son emblème personnel sur la carlingue de son avion : initiales de son nom ou dessin (croix, dé, étoile, papillon ...) Ce n'est qu'en octobre 1916, lors de l'intégration de l'escadrille "La Fayette" dans un groupe de combat, qu'un emblème collectif est choisi. Une tête d'indien Séminole, dessinée par le mécanicien  Marie Suchet, inspirée du dessin imprimé sur les boîtes de munitions américaines de la "Savage Arms Manufactured Company".  

Sergent Harold Willis
Un an plus tard, un nouvel emblème, une tête de Sioux, dessiné par le sergent Harold Willis est adopté par l'escadrille "La Fayette" qui reçoit en juillet 1917, son drapeau brodé par quarante employées du ministère des finances américain. Un mois après sa création, l'escadrille "La Fayette" remporte sa première victoire homologuée, en abattant un avion allemand, au-dessus de Thann (Haut-Rhin). Ses pilotes participent aux différentes phases de la bataille de Verdun, à bord d'avions Nieuport, se couvrant de gloire en remportant une douzaine de victoires homologuées. 

Les troupes américaines ayant débarqué en France, en décembre 1917, l'escadrille "La Fayette", équipée d'avions français Spad, passe sous commandement américain et devient le "103rd Aero Squadron". Cependant, ses pilotes continuent de servir sous l'uniforme français, la notification de leur mutation dans l'armée américaine n'intervenant qu'en février 1918. 
Herve CIRET
 
A lire également   Sources de cet article                                           

Film "La Fayette Escadrille" (1958) de William Wellman



Documentaire (en anglais) sur l'Escadrille La Fayette



samedi 11 avril 2026

Exposition de planches originales de la BD "Cheyenne" de Patrick Prugne

 

Du 22 avril au 16 mai 2026, la galerie Daniel Maghen à Paris propose une exposition de planches originales du nouvel album de bande dessinée "Cheyenne" de Patrick Prugne. Deux ans après "Pocahontas", le scénariste et dessinateur clermontois revient à ses histoires indiennes. Cette fois-ci, le récit ne se déroule pas au 17e, lors de la colonisation française en Amérique du Nord, mais au 19e siècle. Il retrace les événements ayant mené, en 1864, au massacre de Sand Creek. Ce massacre a été perpétré par la milice du territoire du Colorado, contre un campement d'Indiens Cheyennes et Arapahos, sur les bords de la rivière Big Sandy Creek, à l'est des montagnes Rocheuses. Soutenus par l’armée américaine, des colons et des chercheurs d’or déferlent sur les plaines de l’Ouest, au mépris des traités gouvernementaux garantissant aux tribus amérindiennes la préservation de leurs territoires ancestraux. Ecartelés entre l’hostilité des blancs et la colère de leurs frères de sang, deux métis tentent de rejoindre leur mère vivant parmi les Cheyennes. 

Outre des planches originales issues de l'album, l'exposition présente également des illustrations réalisées spécialement pour cet évènement. L'occasion de découvrir le graphisme épuré aux couleurs pastelles de ce maître de l'aquarelle, qui recrée les ambiances sépulcrales des grandes plaines de l'Ouest américain.  Né en 1961, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Patrick Prugne a commencé sa carrière en imitant le style de ses artistes préférés (Juillard, Loisel, Manara, Pratt...). Après une expérience d'illustrateur publicitaire - comme nombre de grands dessinateurs américains - le Clermontois s'est lancé dans la bande dessinée, en pastichant la fable de La Fontaine "Le Lièvre et la Tortue", qui lui a valu l'Alph-Art du Festival de la BD d'Angoulême, en 1990. 

Herve CIRET 

Exposition Patrick Prugne, à la Galerie Daniel Maghen, 36 rue du Louvre à Paris, du 22 avril au 16 mai 2026

Le vernissage de l'exposition dédiée à l'album "Cheyenne" a lieu, le 23 avril 2026, à partir de 19H, à la Galerie Daniel MaghenLe 25 avril 2026, de 14h30 à 17h30, Patrick Prugne y dédicacera son nouvel opus. 

vendredi 10 avril 2026

Rétrospective de la photographe Lee Miller au Musée d'Art moderne de Paris

 

Si elle s'est faite connaître aux Etats-Unis dans les années 1920-1930, en tant que mannequin photographiée par les plus grandes signatures des magazines de mode, c'est à Saint-Malo (Bretagne), au lendemain du débarquement allié en Normandie, que Lee Miller a gagné ses galons de correspondante de guerre. Plutôt que de s'attarder à décrire les opérations militaires - notamment la libération de Saint-Malo occupée par l'armée allemande - la reporter s'intéresse aux femmes engagées dans ce conflit : aviatrices, infirmières, personnel de la défense anti-aérienne. Des photos qui paraissent dans le magazine Vogue, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

L'exposition du Musée d'Art Moderne de Paris réunit 250 tirages, dont plusieurs inédits dans un parcours en six étapes chronologiques et thématiques. Elle retrace l’ensemble de l'oeuvre de la photographe, de ses débuts à New York dans les années 1920 à la Seconde Guerre Mondiale en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. La dernière rétrospective française consacrée à Lee Miller, au Jeu de Paume à Paris, remonte à 2008. Née en 1907 à Poughkeepsie (États-Unis), la photographe est décédée en 1977, à Chiddingly (Royaume-Uni). Longtemps reléguée au rôle d’égérie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du 20e siècle.

Herve CIRET 

Exposition Lee Miller au Musée d'Art Moderne de Paris du 10 avril au 2 août 2026


jeudi 9 avril 2026

Il y a 161 ans, la guerre de Sécession prenait fin



Le 9  avril 1865, la bataille d'Appomattox met fin à la guerre de Sécession déclenchée quatre ans plus tôt. Trois jours auparavant, la bataille de Sayler’s creek avait vu la défaite des troupes confédérées du général Robert Lee. Celui-ci se rend au général nordiste Ulysses Grant. Ce conflit, qui oppose les états du Nord et du Sud des Etats-Unis (Alabama, Arkansas, Carolines du Nord et du Sud, Floride, Géorgie, Louisiane, Mississippi, Virginie, Tennessee,Texas), est une véritable "guerre civile", comme la nomment les américains. Il est déclenché, au lendemain de l'élection du président anti-esclavagiste Abraham Lincoln, en novembre 1860, suite à l'attaque, par l'armée Sudiste, d'un fort de Charleston en Caroline du Sud, dont la garnison est restée fidèle au gouvernement fédéral. 
 
Si les premières offensives sont à l'avantage des Confédérés, les Yankees, plus nombreux et bénéficiant de ressources industrielles supérieures, remportent les batailles d'Antietam, en 1862, et de Gettysburg, l'année suivante. La prise de la capitale des Confédérés, Richmond, en 1865, finit d'accélérer la défaite des Sudistes. En 2011, un historien et démographe américain a estimé que la guerre de Sécession avait fait 750 000 morts. Soit 20% de plus que les chiffres officiels, les pertes Sudistes ayant été sous-estimées jusqu'ici. S'y ajoutent des dizaines de milliers de victimes civils. Avec la Seconde Guerre mondiale, ce conflit est le plus meurtrier qu'aient connu les États-Unis. 
Herve CIRET

A lire également sur la guerre de Sécession

Bande-annonce de "Shenandoa" (Les Prairies de l'Honneur) d'Andrew McLaglen (1965) avec James Stewart. L'histoire d'un fermier entraîné, malgré lui, dans la guerre de Sécession.

 

lundi 6 avril 2026

Il y a 109 ans les USA entraient dans la guerre 1914-1918


Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote l'entrée en guerre des Etats-Unis dans le Premier conflit mondial. Trois millions d’Américains sont mobilisés, deux millions se portent volontaires. 126 000 d'entre eux sont tués, 234 000 sont blessés et 4 500 demeurent portés disparus. Pour les Afro-américains et les Amérindiens, leur participation aux combats est un moyen de se valoriser, dans une société américaine qui les ignore et les maltraite. Un siècle plus tard, en France, de nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs continuent de témoigner du sacrifice des combattants américains de la guerre 1914-1918. Notamment, à Suresnes près de Paris, à Romagne-sous-Montfaucon et Monsec, dans la Meuse.

Au moment où les USA entrent en guerre, les troupes françaises et britanniques sont usées par trois ans de guerre et enregistrent des pertes élevées dans leurs rangs. La Révolution Russe a mis fin aux combats sur le front de l'Est de l'Europe et l'armée allemande en profite pour renforcer ses positions à l’Ouest. D'où le besoin urgent de combattants, par crainte d'une contre-offensive.

Mais, la mobilisation aux Etats-Unis prend du temps. A cette époque, les effectifs de l'armée de métier américaine ne dépassent pas 200 000 hommes. De plus, leur expérience du combat se résume aux guerres indiennes et mexicaines et à la prise de Cuba. Enfin, l'armée US est mal équipée et a un réel besoin d'entraînement. Dirigé par le général Pershing, les premiers éléments du corps expéditionnaire américain n'arrivent en France qu'en juin et septembre 1917. Les Anglais et les Français les équipent en leur fournissant canons, mitraillettes, casques, voire même des uniformes. Mais, trois mois avant la fin de la guerre, le corps expéditionnaire  américain totalise 1,5 million de combattants.

Aux États-Unis, le souvenir de la guerre 1914-1918 est entretenu par des monuments aux morts, localisés dans plusieurs Etats. Le plus important, le "Liberty Memorial", d'une hauteur de 66 mètres, se trouve à Kansas City (Missouri). Mais, aucun monument national commémorant la Première Guerre mondiale n'a été érigé aux USA. Ce n'est que depuis 2014, qu'une loi a autorisé la construction d’un mémorial dédié aux combattants de ce conflit, près de la Maison Blanche. 
 
Herve CIRET

Consultez le dossier sur le site "Les Chemins de Mémoire"

A lire également  

 

mardi 31 mars 2026

Pâques aux USA : pourquoi des lapins et non des cloches pour apporter les oeufs ?

 


Pourquoi aux Etats-Unis, ce sont les lapins qui amènent les oeufs de Pâques et en France, les cloches ? La réponse à cette question, en ce week-end pascal, est à trouver en... Allemagne ! A l'époque païenne, les Teutons vénéraient Eoutre, la déesse du Printemps et de la fertilité, dont le symbole était... un lapin, connu pour se reproduire très vite. La fête de Pâques, "Easter" en anglais, 'vient du nom de cette déesse. La religion chrétienne a repris cette tradition, en associant le symbole de fertilité aux oeufs. Mais, en France, comme les églises ne doivent pas sonner les cloches trois jours avant la résurrection du Christ mort sur la croix, en signe de deuil, il a été raconté aux enfants que celles-ci étaient parties se faire bénir vers Rome, puis, étaient censées ramener les oeufs de Pâques.

Près de huit millions d’immigrés allemands s'étant installés aux États-Unis entre le 17e et le 20e siècle - leurs descendants représentent aujourd'hui 17% de la population américaine - , ils y ont apporté leurs traditions, comme le lapin de Pâques (Easter Bunny). Aux USA, les œufs sont également utilisés dans des jeux, comme le Easter Egg Roll (roulement des œufs), fêté même à la Maison Blanche.

Herve CIRET

L'histoire de la tradition du roulement des oeufs à la Maison Blanche (en anglais)

lundi 30 mars 2026

L' acteur américain James Tolkan est décédé

 

Chauve aux sourcils froncés, James Tolkan s'est fait connaître du grand public dans le rôle du principal du lycée, dans la trilogie "Retour vers le futur" et en incarnant le commandant du porte-avions USS Enterprise dans "Top Gun". L'acteur est décédé le 26 mars 2026, à l'âge de 94 ans, à Saranac Lake (Etat de New-York). Ayant débuté sa carrière cinématographique en 1966, il se fait remarquer en interprétant un lieutenant dans "Serpico" (1973) de Sidney Lumet. Puis, Tolkan incarne Napoléon Bonaparte dans "Guerre et Amour", l'adaptation par Woody Allen du roman "Guerre et Paix" de Tolstoï. En 1985, l'acteur accède à la célébrité dans son rôle de proviseur de lycée intraitable dans "Retour vers le futur", puis en 1989, dans le numéro deux de la saga. Avant de se transformer en marshal, ancêtre dudit proviseur, dans le troisième volet style western de cette série culte.

En 2015, James Tolkan joue dans son dernier long-métrage, le western d'horreur "Bone Tomahawk" de S. Craig Zahler, dont l'action se déroule en 1890 entre Texas et Nouveau-Mexique. Sa dernière apparition a été à la télévision, dans "Expedition : Back to the Future", une adaptation de "Retour vers le futur", dans laquelle l'acteur reprend son rôle mythique du proviseur Strickland. 

Herve CIRET 

dimanche 29 mars 2026

Hermann, le "Duke" de la BD western, a croqué sa dernière planche

 

Disparu le 22 mars 2026, à 87 ans, le dessinateur belge Hermann Huppen aura abordé une multitude de genres de la bande dessinée. Du western avec les séries "Comanche" et "Duke", à la science-fiction post-apocalyptique avec le personnage de "Jeremiah", en passant par la saga médiévale "Les Tours de Bois-Maury". Pilier du journal "Tintin", des éditions Dupuis et du Lombard durant 60 ans, ce dessinateur à l'allure débonnaire a débuté dans le collectif du scénariste et dessinateur belge Michel Greg. C'est avec ce dernier, en 1969, qu'il commence à illustrer la série western "Comanche". L'histoire d'une jeune rancheuse du Wyoming, au 19e siècle, aidée par son contremaître Red Dust, afin d'affronter les convoitises que suscite sa propriété.

En 1977, Hermann se met au scénario en créant la série "Jeremiah", qui se déroule aux Etats-Unis, vingt ans après une guerre thermo-nucléaire qui a, en grande partie, détruit la Terre. Le héros est un jeune fermier, seul survivant de son village, qui est accompagné d'un mercenaire sans foi, ni loi. L'occasion pour Hermann de dénoncer la violence humaine, tout au long des 42 volumes qu'il dessine et scénarise. Lors d'une interview que j'ai réalisée, en 2019, lors de la publication du 3e tome de sa série western "Duke", le dessinateur avouait : "Il m'est difficile de ne pas introduire de la violence dans mes dessins, car, profondément en moi, il y a une certaine violence. Donc, je ne peux pas bien raconter une histoire sans y mettre cette violence. Et sans cette force, j'ai l'impression que mon dessin est mou." En 2001, "Jeremiah" est adapté aux États-Unis en série télévisée.

En 1984, Hermann change d'univers en se projetant au Moyen-Âge, avec la fresque historique "Les Tours de Bois-Maury". En 15 tomes, elle évoque la quête d'un chevalier errant dépossédé de ses terres. Pour les trois derniers volumes de la série, son fils Yves H. le rejoint, pour la première fois au scénario. Une collaboration qui s'est poursuivie pour la série western "Duke". "Lorsque je commence à dessiner un album, mon fils en a déjà écrit le scénario, depuis des mois", m'expliquait Hermann, en 2018, lors de la publication du 2e tome de la série. "Ce qui lui permet à loisir d'en reprendre des passages pour les enrichir. Comme moi, au fur et à mesure que j'avance dans le récit, je le modifie et l'améliore. Je lui fais faire de petits détours, pour revenir ensuite dans le droit chemin, afin de donner du suspense au récit. Cela ne serait pas possible si on l'écrivait d'une traite".

Hermann aura publié pas moins de 120 albums en 60 ans. Une boulimie graphique et scénaristique que le dessinateur expliquait ainsi : "Je pense que c’est génétique, car ma mère avait une énergie inépuisable. A tel point que pour sauver ses enfants, elle aurait attaqué une locomotive avec une fourchette. Toute ma vigueur vient d’elle". 

Herve CIRET 

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