Au large de Cherbourg, un combat naval de la guerre de Sécession


En 1864, l'année même où cette bataille navale a eu lieu, le peintre Edouard Manet l'immortalise dans un tableau (ci-contre). Le 19 juin 1864, au large de Cherbourg (Manche), dans le cadre de la guerre de Sécession américaine (1861-1865), un navire sudiste (CSS Alabama) et un bâtiment nordiste (USS Kearsarge) s'affrontent.

Construite deux ans plus tôt, dans un chantier de Liverpool (Angleterre) et armée de huit canons, la corvette à vapeur sudiste est particulièrement redoutée des navires nordistes. Constituée d'un équipage anglais, mais commandé par des officiers Confédérés, elle a son actif l'arraisonnement de 447 navires marchands, l'incendie de 520 autres et le naufrage d'une canonnière (Hatteras) de l'US Navy nordiste, au large des côtes américaines du Texas.

C'est alors qu'il sort du port de Cherbourg, où il a fait le plein de charbon, que le CSS Alabama est pris en chasse par l'USS Kearsarge, dépêché par le gouvernement nordiste, depuis les Pays-Bas où il faisait escale. Attiré par ce "duel" annoncé par voie de presse, un public nombreux s'est massé sur les hauteurs de la ville normande - parmi lequel le peintre Manet - ou bien a loué des barques de pêcheurs, pour être au plus près de ce combat naval exceptionnel.


Le navire sudiste est le premier à ouvrir le feu, la canonnade durant plus d'une heure, au cours de laquelle plus de 500 coups de canons sont échangés. Mais, le bâtiment nordiste est plus précis dans ses tirs et parvient à couler la corvette à vapeur, après plusieurs tirs atteignant sa coque, au niveau de sa ligne de flottaison. Le combat fait 29 victimes à bord du navire sudiste et une seule côté nordiste. Trois d'entre elles sont enterrées dans le cimetière de Cherbourg (voir vidéo ci-dessous).  

Raphael Semmes, CSS Alabama
John Winslow, USS Kearsarge
120 ans après cette bataille navale, la Marine nationale française retrouve l'épave du CSS Alabama, à dix kilomètres à peine de l'entrée de la rade de Cherbourg. 300 objets, dont la cloche du navire, sont remontés à la surface. Trouvés sous l'un des canons, des fragments de mâchoire sont inhumés au cimetière de Mobile (Alabama). Bien que se trouvant dans les eaux territoriales françaises, le gouvernement américain a revendiqué la propriété de l'épave. Parce que l'Alabama s'est rendu à son adversaire en amenant son pavillon, dans une zone, à l'époque, hors des eaux territoriales françaises. C'est pourquoi, l'épave fait partie des lieux officiels américains de mémoire de la guerre de Sécession.


American Legend : plongez la tête la première dans le vieil Ouest


Le numéro d'été 2018 d'American Legend, magazine français de référence sur l'Ouest américain, vous emmène au Colorado. Un Etat qui va vous "scotcher, par ses paysages très contrastés : déserts arides, profonds canyons, montagnes enneigées, parcs nationaux et la Mesa Verde avec ses antiques pueblos creusés à même les falaises.

American Legend vous propose également de (re)découvrir Jerry Spring, ce cow-boy de bande dessinée imaginé, en 1954, par le belge Joseph Gillain, alias Jijé. Sa vision réaliste du western - acquise suite à un séjour aux Etats-Unis, à la fin des années 1940 - n'a plus rien à voir avec la vision stéréotypée du cow-boy des films hollywodiens. Son héros à un Mexicain comme ami, défend les Indiens et néglige son look, bien loin des clichés manichéens du bien et du mal. 

Mais, l’Ouest américain ne serait rien, sans ses personnages de légende. Ce numéro d'été nous entraîne dans les pas de Martha Jane Canary, alias Calamity Jane. Une femme effrontée, éclaireuse du général Custer et ami du marshall Wild Bill Hickok, transformée en véritable icône populaire. 

Le Far-West ne serait pas le Far-West, sans ses Gunfights, ses duels au pistolet. Mais, comme le démontre American Legend, la réalité dans le vieil Ouest était bien différente des mises en scènes popularisées par Hollywood. Justement, dans sa rubrique cinéma, la revue revient sur le western "Little Big Man" d'Arthur Penn, l’un des premiers films « révisionnistes » du genre, dans lequel le réalisateur accorde une large place au point de vue des Indiens.


Comme à chaque numéro, American Legend vous fait découvrir un peintre de l'Ouest. Cette fois-ci, le magazine évoque la vie et l'oeuvre d'Albert Bierstadt, peintre naturaliste le plus représentatif de l’école romantique de l’Hudson River. L'artiste voyait les paysages de l'Ouest américain tel un Eden. Au point d'être à l'origine de leur protection, avec la création, dès 1864, du Parc national du Yosemite en Californie. Des étendues sauvages, qui, sous la pression des éleveurs, ont été très vite quadrillées par des clôtures en fil barbelé. American Legend vous raconte l'histoire mouvementée de cet objet qui, plus encore que la carabine Winchester, le télégraphe ou le chemin de fer, a bouleversé l’histoire de l’Ouest américain.

En cette période de Mondial du football (appelé Soccer aux USA), le magazine American Legend de juin 2018 vous invite à une immersion dans l'univers du football américain, en faisant un parallèle entre ce sport et la conquête de l’Ouest. Egalement à lire un superbe article sur les Trucks, ces camions géants des higways américaines. Enfin, comme à son habitude, American Legend vous livre quelques secrets culinaires pour réussir au mieux votre steack et concocter les meilleurs cocktails d'été, à base de whiskeys.

Ocean's 8 : le vol du collier rejoué par des "reines du casse"


Après "Ocean's 11, 12, 13" (2001-2007), trilogie de films de braquages dans des casinos de Las Vegas (Nevada), réalisés par Steven Soderbergh, avec George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Andy Garcia et Julia Roberts, voici "Ocean's 8", sa version entièrement féminine. 

Cette fois-ci, c'est Debbie (jouée par Sandra Bullock), la soeur de Danny Ocean, qui recrute sept femmes Cate Blanchett, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, Mindy Kaling, la chanteuse Rihanna, Sarah Paulson et la rappeuse Awkwafina. 

Si la soeur de Danny Ocean rassemble ces sept égéries, c'est pour mettre à profit les talents que chacune d'entre elles exerce, afin de dérober un collier très convoité, lors d'un gala au mythique Metropolitan Museum of Art de New York. L'occasion rêvée pour elle de se venger de son ex-petit ami, qui s'avère être un bijoutier crapuleux.  

Si le premier opus de cette série était déjà un remake de "L'inconnu de Las Vegas" (1960) de Lewis Milestone, avec Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford et Angie Dickinson, ce 4e épisode ultra féminise son casting.  C'est Gary Ross (Hunger Games) - qui en a coécrit le scénario avec Olivia Milch - qui a réalisé "Ocean's 8" et Steven Soderbergh, qui l'a produit.



Fleetwood Mac perd l'un des guitaristes de ses débuts


Guitariste des débuts du groupe de blues-rock des années 1970, Fleetwood Mac, Danny Kirwan est décédé le 8 juin 2018, à Londres (Royaume-Uni), à l'âge de 68 ans. C'est Mick Fleetwood, batteur et cofondateur du groupe avec Peter Green et John McVie, qui l'a annoncé sur Facebook : "Le vrai héritage de Danny vivra pour toujours dans la musique qu'il a écrite et jouée si magnifiquement et qui fait partie des fondements de Fleetwood Mac, actif depuis plus de cinquante ans." Et Mick Fleetwood de reconnaître que l'apport musical de Danny Kirwan a été déterminant dans les premières années du groupe (1968-1972).

Danny Kirwan a joué sur les quatre premiers albums studios du groupe : "Then Play On" (1969), "Kiln House" (1970), "Future Games" (1971) et "Bare Trees" (1972). Il avait été exclu du groupe, en 1972, du fait de son addiction à l'alcool et avait enregistré quatre albums solo, avant de vivre dans la rue, à Londres, comme un "sans domicile fixe" (SDF), au début des années 1990.  

"On peut dire que je suis SDF, mais, de toute façon, depuis nos tournées de l'époque, je n'ai jamais vraiment eu de maison", reconnaissait le guitariste. "Je ne pouvais pas assumer tout ça et j'ai dû m'en aller." Fondé en 1967 en Angleterre, en plein "Blues Revival", Fleetwood Mac, devenu américain à la fin les années 1970, est devenu l'un des plus grands groupes pop-rock du monde, en vendant plus de 100 millions d'albums. On se rappelle notamment leur mythique album  "Rumours" (1977).

Les quatre membres originaux de la seconde formation de Fleetwood Mac (Mick Fleetwood, John et Christine McVie, Stevie Nick, se produisent toujours en concert, accompagnés des guitaristes Mike Campbell - ex-membre du groupe américain Tom Petty and The Heartbreakers - et Neil Finn, du groupe australien Crowded House.



L'Hermione : Rochefort, nous voilà !


La frégate L'Hermione, réplique du navire qui emmena, en 1780,  le marquis de La Fayette soutenir les insurgés américains, termine son périple entre Méditerranée et Atlantique. Jusqu'au 14 juin 2018, elle est amarrée dans le port de Bordeaux (Gironde), avant de rallier Rochefort (Charente-Maritime), son port d'attache.

Après avoir traversé l'Atlantique en 2015 pour rejoindre les Etats-Unis, à l'occasion de son voyage inaugural, L'Hermione, pour sa seconde traversée au long-cours, a fait escale à Barcelone, Pasaia (Espagne), Tanger (Maroc), Portimao (Portugal), en passant par Monaco, Marseille, Toulon, Sète et Saint-Jean-de-Luz.

Le retour de la frégate à son port d'attache, le 17 juin 2018, est l'occasion pour l'association qui la gère - grâce aux financements du département de Charente-Maritime et de la ville de Rochefort - de se poser la question de son devenir. D'un coût d'entretien annuel de 800 000 €, la réplique du bateau de La Fayette doit se renouveler. Afin de pouvoir équilibrer ses comptes, basés sur une fréquentation annuelle de 220 000 visiteurs. 

Cela implique de faire naviguer davantage L'Hermione, maintenant que sa construction est achevée et attire, de ce fait, moins de touristes. D'où l'idée de mieux valoriser à Rochefort, le "village" de bâches actuel dédié à la frégate, afin d'imaginer un lieu d'animation plus attractif. 


L'Hermione amarrée au ponton du Quai des Marques, face au Hangar 14, à Bordeaux, de 10h à 17h30, jusqu'au 14 juin 2018

Les Cartographes : plaidoyer pour le droit à la différence



Historienne passionnée de voyages, S.E. Grove a longtemps sillonné l’Amérique latine et les États-Unis, avant de se poser à Boston (Massachusetts). Sa première trilogie "Les cartographes" (Nathan Jeunesse) raconte les péripéties de la descendante de cartographes célèbres, dans un monde où le temps et les continents se téléscopent : les Etats-Unis sont au 19e siècle, le Groenland à la Préhistoire et l’Afrique du Nord est revenue au temps des Pharaons. Une carte de verre et un mystérieux message vont permettre à l'héroïne de tout remettre en ordre.

Comment vous est-venue l'idée de votre trilogie ?
  
A l'époque, je suivais des cours de docteur en histoire et je me disais, ce serait bien si l'on pouvait voyager dans le passé et voir par soi-même ce qui arrive. Mais, ce genre de voyage m'effrayait quelque peu, car il y a toujours quelque chose qui peut mal se passer, comme se retrouver au mauvais endroit. Aussi, j'aimais l'idée d'un monde qui serait accessible à n'importe quelque période. C'était ma façon imaginaire de voyager dans le passé et dans différents lieux.

Pourquoi avoir imaginé des continents d'une même planète vivants à différentes époques ?

L'une des choses qui m'intéresse le plus dans la science-fiction et l'imaginaire, c'est de faire coexister différentes périodes de l'Histoire, parce que cela implique inévitablement des chocs culturels entre des populations vivant de manière différente et dans des endroits différents. Et cela est beaucoup plus passionnant de voyager dans ce genre de réalité. L'événement à l'origine de mon histoire se déroule un siècle avant notre ère, dans un passé alternatif.

C'est parce que vous avez beaucoup voyagé dans votre enfance, que vous avez imaginé ce scénario ?

Je pense effectivement que cela vient de mes différentes expériences de voyageuse, en tant qu'enfant et adulte, à l'étranger, mais aussi dans mon propre pays, qui sont l'occasion de découvrir nos différences, tout en nous faisant repousser vos propres limites.

C'est pourquoi vous souhaitiez montrer les différences de comportements de vos personnages ?

Tout à fait, car c'est quelque chose contre lequel il a toujours fallu se battre autrefois, mais, encore aujourd'hui aux Etats-Unis. Car, les Américains adoptent toujours une attitude particulière vis de gens venant d'autres pays. J'ai commencé à écrire le premier volet de ma trilogie en 2008, donc bien avant la situation politique actuelle. Mais, les raisons qui nous ont amenés à cette situation étaient déjà bien présentes. Comme l'incompréhension, l'intolérance face aux valeurs d'autres cultures. Aussi, j'invite le lecteur à réfléchir à quoi mènent ces comportements, comme fermer ses frontières, afin d'empêcher les autres d'entrer chez nous.

Vous estimez qu'il est nécessaire de connaître l'autre pour mieux le comprendre ?

Vous n'avez pas nécessairement besoin de voyager d'un endroit à un autre, pour commencer à comprendre les autres. Les livres qui racontent l'Histoire de ces gens peuvent vous y aider. Mais, bien évidemment, en étant sur place, vous pouvez mieux comprendre par vous-même qui sont les gens que vous rencontrez.

Le passé peut-il nous éclairer sur notre futur ?

Oui, tout à fait, c'est une évidence ! Les gens ne réalisent que la manière dont on a abordé le passé a toujours un impact sur notre vie présente. Y compris les conceptions sur votre propre identité, comment vous vous appelez, d'où vous venez, la façon dont ont été créées les frontières des différents pays. Toutes ces choses qui font que le passé influence notre vie d'aujourd'hui.

 
Comme la guerre de Sécession qui est encore un sujet très sensible aux USA ?

Toutes les natures de conflits impactent notre manière de penser. L'un des exemples récents est la controverse apparue aux Etats-Unis, au sujet des sculptures publiques honorant la mémoire des héros de la guerre de Sécession. Ce qui prouve qu'il est difficile d'ignorer le passé, même si les gens ont l'impression que ce passé est révolu, alors que nous avons encore en nous des valeurs qui s'identifient toujours au passé.

Qu'avez-vous voulu démontrer avec le télescopage des continents à différentes époques ?

J'ai essayé de faire réfléchir le lecteur à ce qui pouvait être différent d'un continent à un autre, d'une époque à une autre, et qu'est-ce que cette confrontation pouvait lui apporter aujourd'hui dans sa propre vie.


Propos et photo recueillis par Herve CIRET, lors du festival "Etonnants Voyageurs" 2018