L'une des figures emblématiques de la lutte pour les droits civiques des Afro-américains aux États-Unis, le pasteur Jesse Jackson, s'est éteint paisiblement, le 17 février 2026, des suites de la maladie de Parkinson, à l'âge de 84 ans. Ancien compagnon de route du leader noir Martin Luther King, il a contribué à l'arrivée à la Maison Blanche du premier président noir des États-Unis, Barack Obama.
Le président américain Donald Trump lui a rendu hommage en déclarant que "c'était quelqu'un de bien, avec beaucoup de personnalité, de détermination, qui avait l'intelligence de la rue, qui aimait vraiment les gens", affirmant l'avoir bien connu avant même que celui-ci ne se présente à l’élection présidentielle américaine dans les années 1980. Ensuite, le révérend Jackson s'est imposé comme médiateur et envoyé spécial dans plusieurs conflits internationaux majeurs. En 1983, en Syrie pour négocier avec succès la libération d'un pilote captif de l'US Navy. En 1990, en Irak, pour demander à Saddam Hussein la libération de dizaines d'otages américains.
A l'image de Patrick Prugne qui évoque, dans ses magnifiques albums d'aquarelles, la présence française en Amérique au 17e siècle, Bernard Vrancken et Stephen Desbergnous racontent, dans "Nouvelle France" (Daniel Maghen éditions), les péripéties d'un éclaireur de Fort
Duquesne, dans la vallée du fleuve Ohio, en 1754. Assistant à une négociation entre
soldats français et britanniques, Pierre de l’Archange voit celle-ci tourner au drame, quand l'escorte tricolore est massacrée par les Anglais et leurs alliés Iroquois. L'éclaireur, indien
d’adoption, parvient
à s’enfuir, en traversant des territoires sauvages à la recherche
de son fils métis.
Réalisé en couleurs directes, mêlant encre de Chine, encres de couleurs et gouache, cet album aux illustrations crépusculaires nous transporte dans les arpents enneigés de ce qu'on appelait alors la "Nouvelle France". A l’occasion
de la sortie de cette bande dessinée, la Galerie Daniel Maghen, à Paris, consacre une
exposition à son dessinateur le Belge Bernard Vrancken, du
18 février au 14 mars 2026. Celle-ci est l’occasion d'en admirer les plus belles planches, ainsi que des
illustrations inédites, réalisées spécialement pour l’occasion. Le vernissage a lieu, le jeudi 19 février 2026, à partir de 19h, à la
galerie Daniel Maghen, 36 rue du Louvre, à Paris, en présence de Bernard Vrancken.
"Nouvelle France" de Bernard Vrancken etStephen Desberg (Daniel Maghen éditions)
C'est un épisode peu connu de la guerre contre les pirates barbaresques (1801-1805), au large de l'actuelle Libye. Il s'est déroulé, lors du premier conflit engagé par les Etats-Unis, après leur indépendance en 1776. Le 16 février 1804, le navire américain "USS Intrepid", commandé par le lieutenant Stephen Decatur, avec 60 hommes à son bord, pénètre de nuit dans le port de Tripoli (Libye). Sans tirer un
seul coup feu, il neutralise l’équipage pirate ayant capturé le navire américain "USS Philadelphia", puis incendie ce dernier (illustration ci-contre), avant de regagner le large à bord de l'"USS Intrepid", sans être inquiété. Un haut fait d'arme qui a valu au lieutenant Stephen Decatur d'être considéré comme l’une des gloires de l’US Navy.
Stephen Decatur
Un an auparavant, l'"USS Philadelphia" a participé au blocus du port de Tripoli, ordonné par les Américains, en représailles aux attaques de leurs navires et du rançonnage de leurs équipages, par les pirates de la Régence Libyenne. Car, le Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, a refusé de leur payer un tribut.
Mais, s'étant échoué sur des récifs, l'"USS Philadelphia" a été capturé et intégré à la flotte barbaresque. D'où l'opération lancée par le lieutenant Decatur, afin de ne pas laisser un navire américain aux mains des pirates. Après la signature d'un traité, en 1805, avec les Tripolitains, les Etats-Unis sont exemptés de leur payer un tribut. A partir de cette date, une escadre américaine mouille en
permanence en Méditerranée. Mais, une seconde guerre contre les pirates barbaresques éclatant en 1815, une expédition
navale est de nouveau conduite par Stephen Decatur, cette fois-ci, contre le Dey d’Alger.
A noter que trois autres navires de l'US Navy porteront, par la suite, le nom de l'"USS Intrepid". Le dernier d'entre eux étant le porte-avions mis en service en 1943, opérationnel lors de la guerre du Pacifique et celle du Vietnam, avant d'être utilisé pour récupérer les navettes spatiales des programmes Gemini et Mercury de la NASA. Désarmé en 1974, il est devenu un navire-musée amarré au quai 86, dans le port de New-York.
C'est un noble breton, Luc
Urbain du Bouëxic, comte de Guichen, qui fut le premier à reconnaître le drapeau américain, le
14 février 1778, dans le port de Quiberon (Morbihan).
L'officier
de marine français, qui s'est distingué, précédemment, durant la guerre
de sept ans, en Nouvelle-France, contre les Anglais, donne l'ordre d'envoyer une salve de coups de
canon, pour saluer, au nom de la France, le premier vaisseau américain, l'"USS-Ranger" [peinture d'Edward Moran (1829-1901)]
Commandé par le capitaine John Paul Jones, de la Continental Navy, ce sloop de guerre arbore le
"Stars and Stripes", orné de seulement 13 étoiles, représentant les 13 Etats américains de l'époque. Il s'agit de la première reconnaissance de la jeune
république américaine par un état étranger, moins de deux ans après sa
déclaration d'indépendance. Six
jours auparavant, la France et les États-Unis ont signé
un traité d'alliance et un traité d'amitié et
de commerce.
John Paul Jones
Luc Urbain du Bouëxic
A bord du "USS-Ranger", le capitaine américain John Paul Jones vient, en baie de Quiberon,
prendre livraison des navires que la France cède à ses nouveaux
alliés. C'est en arrivant en vue de la flotte française que le capitaine américain,
comme c’est l’usage, salue d'une salve d'honneur le pavillon du Roi de France. En réponse, le navire "Le Robuste", commandé par le breton Luc
Urbain du Bouëxic, salue, à son tour, la bannière étoilée. Un mois plus tard, le 20 mars 1778, la France reconnaissait officiellement les États-Unis.
Ce n'est donc pas le fait du hasard si le Gwenn ha Du (Blanc et Noir), le drapeau breton imaginé, dans les années 1920, par l'architecte Morvan Marchal, a de sérieuses similitudes avec le Stars and Stripes
américain. Les étoiles y ont été remplacées par des hermines. Quant aux
bandes rouges et blanches représentant les 13 états fondateurs des
Etats-Unis, elles ont laissé la place à 9 bandes blanches et noires,
couleurs
traditionnelles de la Bretagne. Les 4
blanches symbolisant les régions bretonnantes de l'Ouest, et les 5
noires, le pays gallo, à l'Est.
L'acteur
principal de la série américaine "Dawson" (1998-2003) est décédé, à Austin (Texas), le 11 février 2026, des suites d'un cancer colorectal, à l'âge de 48 ans. Il avait également joué dans le western "Texas Rangers : La Revanche des Justiciers" (2001) de Steve Miner, dans lequel il interprète un membre d'une famille entièrement décimée, au lendemain de la guerre de Sécession, et prêt à se venger des assassins, en s'enrôlant dans les Texas Rangers.
Fils d'un ancien joueur de base-ball des Dodgers de Los Angeles, James Van Der Beek, est révélé au public, à 20 ans, avec la série télévisée "Dawson", dans laquelle il incarne un adolescent idéaliste et romantique. L'année suivante, au cinéma, il tient le rôle d'un quaterback, joueur de football américain, star de son lycée, dans "American Boys".Dans les années 2000, il apparaît dans des comédies, puis se fait remarquer par un passage furtif, dans la parodie de films d'horreur,"Scary Movie". En 2002, James Van Der Beek joue à contre-emploi de son rôle d'adolescent sage, en interprétant un tombeur-dealer, dans le thriller
psychologique "Les
Lois de l'attraction", qui deviendra un film culte.
Dans les années qui suivent, James Van Der Beek connaît un passage à vide. La série "Dawson" étant arrêtée après 6 saisons, l'acteur enchaîne des films de série B, avant de faire son retour à la télévision, en 2007, dans le rôle d'un criminel souffrant de troubles de l'identité, dans deux épisodes de la série "Esprits Criminels". L'année suivante, toujours à la télévision, James Van Der Beek incarne une ancienne star de la pop, dans la célèbre série "How I Met My Mother".
En
2009, James Van Der Beek s'aventure dans le thriller politique - qui ne lui permet pas de renouer avec le succès - avant de revenir à la TV, dans la série médicale "Mercy
Hospital". Mais, faute d'audience, celle-ci ne dépassera pas la première saison. En 2010, on retrouve l'acteur au côté d'Antonio Banderas, dans le polar "The
Big Bang", puis au côté de Kate Winslet, dans le mélodrame
"Last Days of Summer" (2013), succès au box-office. Retour à la télévision en 2015, avec la série policière "Les Experts : Cyber", au côté de Patricia Arquette. En
2019, l'acteur fait partie des candidats de la 28e
saison de "Dancing with the Stars". Au début de l'année 2025, James Van Der Beek jouait dans la comédie romantique "Closer"
(Sidelined the QB and Me), diffusée sur Amazon Prime Video.
Marié, puis divorcé d'avec l'actrice Heather McComb, James
Van Der Beek s'est remarié, en 2010, avec la productrice Kimberly Brook, avec laquelle il a eu six enfants.
La 60e édition du Super Bowl (finale du championnat de football américain) s'est déroulé, dans la nuit du dimanche 8 au 9 février 2026, au Levi's Stadium de Santa Clara (Californie). Il a vu la victoire des Seahawks de Seattle face aux Patriots de New England, par 29 à 13. Constituant la finale de la
saison 2025 de la National Football League (NFL), il oppose traditionnellement les champions de l'American Football Conference
(AFC) et ceux de la National Football Conference (NFC).
C'était le 3e Super Bowl joué dans la baie de San Francisco et le 2e
au Levi's Stadium. Le premier s'étant déroulé 10 ans plus tôt. Les vainqueurs de 2025 étaient lesEagles dePhiladelphie, face aux City Chiefs du Kansas.
Fred
Smith, mort le 5 février 2026, à l'âge de 77 ans, a fait partie des premiers membres du groupe New Wave "Blondie" de la chanteuse américaine Debbie Harry, au début des années 1970. Encouragé
par la chanteuse Patti Smith, le bassiste quitte le groupe en 1975 pour remplacer
Richard Hell, qui a quitté le groupe punk rock new-yorkais "Television", qui était alors son groupe préféré. Le musicien restera dans le groupe jusqu'à sa séparation en 1978. Il participe notamment à ses premiers albums "Marquee
Moon"
(1977) et "Adventure" (1978), rejoignant même ses membres lors de sa reformation en 1992. Fred Smith a également participé aux albums solo des guitaristes de Television, Tom
Verlaine et Richard Lloyd. A la fin des années 1980, le bassiste tourne avec le groupe de garage rock américain "The Fleshtones".
En
1999, avec son épouse, l'artiste Paula Cereghino, Fred Smith se met à
produire du vin de cépage Mourvèdre, dans son appartement new-yorkais. Au début des années 2000, sa production se fait à
Bloomington (État de New York), avant d'y créer son domaine viticole. Le musicien-vigneron est décédé des suites d'une longue maladie.
Connue
pour avoir été presque entièrement détruite par des
bombardements en 1944, la ville normande du Havre, à l'embouchure
de la Seine, célèbre les 509 ans de sa fondation par un édit de François 1er, le 7 février 1517.
L'occasion dedécouvrir le passé américain de ce port, créé afin d'établir des
relations commerciales avec le Nouveau Monde.
Dès
1524, c'est du Havre que l'explorateur florentin, Giovanni Verazzano,
missionné par François 1er, s'embarque pour découvrir une nouvelle
route maritime vers l'Ouest et accoste sur les rives de la future
Caroline du Nord. En 1562, c'est le capitaine Jean
Ribault qui part du port havrais pour établir une colonie
protestante en Floride.À
la fin du 16e siècle, les relations commerciales entre Le Havre
et l'Amérique s'intensifient. Cuirs, sucre et tabac américains
transitent par le port normand.
Au 18e siècle, la guerre
d’indépendance américaine, entre insurgés et britanniques,
accroît l'activité portuaire du Havre. En 1779, des troupes,
des munitions et des armes y sont embarquées et envoyées vers les
nouveaux États-Unis. Dès 1784, la première ligne régulière
maritime "Le Havre-New York" entre en service. L'année
suivante, Benjamin Franklin, le représentant du gouvernement
américain en France, fait escale au Havre. En 1831, l'homme
politique et historien, Alexis de Tocqueville s'y embarque pour aller
étudier le système pénitentiaire américain et en revient avec les
informations qui lui servent à rédiger son best-seller "De la
démocratie en Amérique".
Le port du Havre en 1776
Entre la fin du 19e siècle et le début du 20 siècle, mise à part la guerre de Sécession qui ralentit les échanges, Le Havre connaît son âge d'or, durant lequel la ville se développe. Suite à
l'abolition de
l'esclavage, son port a délaissé la traite des
Noirs, mais demeure un point de passage obligé pour les candidats à
l'émigration vers l'Amérique. En 1913, 20% des passagers quittant Le
havre ont pour destination les Etats-Unis. C'est le début des grands
voyages transatlantiques, qui font la fierté des Havrais. En 1935, le
paquebot "Normandie", alors le plus grand du monde, relie le Havre à New-York. Mais, les menaces de la seconde guerre mondiales se profilent à l'horizon.
Durant
la seconde guerre mondiale, le port normand est la cible de plus
d'une centaine de bombardements des Alliés. Car, les Allemands y ont
implanté une base navale fortifiée, afin de préparer l'invasion de
l'Angleterre. Avant de quitter la ville, ils en détruisent les
infrastructures portuaires, minent la rade et l'estuaire et coulent
350 navires. Mais, en septembre 1944, afin de favoriser la
progression des troupes débarquées en Normandie, trois mois plus
tôt, les Alliés bombardent le centre-ville et le port. Le bilan est
lourd : 5 000 morts, 150 hectares totalement
rasés. Le Havre est la grande ville la plus détruite de France.
La
destinée américaine du port prend fin, en 1974, avec l'arrêt de la
ligne Le Havre-New-York, à bord du paquebot France, seulement quatre
traversées ayant eu lieu depuis. En juin 2017, à l'occasion
des 500 ans de sa fondation, la ville a renoué avec les voyages
transatlantiques, en proposant de relier Le Havre à New-York, à
bord du paquebot "Queen Mary 2", à l'occasion d'une course au large inédite.
L'actrice canado-américaine Catherine
O'Hara, est décédée, le 30 janvier 2026, à Los
Angeles (Californie), à l'âge de 71 ans. Elle avait débuté sa carrière dans un film de Martin Scorsese, "After Hours" (1985), dans lequel elle interprètait une vendeuse de glaces venant au secours d'un jeune homme (Griffin Dunne) victime de nombreuses péripéties. Mais, Catherine 0'Hara s'est fait connaître du grand public avec "Beetlejuice" (1988) de Tim Burton et, surtout, Les deux volets de la série "Maman, j'ai raté l'avion" (1990 et 1992), où elle incarne la mère du héros.
Au début des années 1990, Catherine O'Hara tourne également dans deux westerns: "Wyatt Earp" (1994)de Lawrence Kasdan, où elle incarne Allie Earp, l'épouse de Virgil Earp, le frère du célèbre marshall de la conquête de l'Ouest. Et l'année suivante, elle campe la légendaire Calamity Jane, dans "Les Légendes de l'Ouest" de Jeremiah Chechik. L'acteur Macaulay Culkin, qui interprétait son fils dans la série "Maman, j'ai raté l'avion", lui a rendu hommage en déclarant : "Maman, je pensais que nous aurions encore du temps. Je voulais m'asseoir à tes côtés, j'avais tellement de choses à te dire. Je t'aime".
A 85 ans, la "reine du folk" des années 1960-1970 publie son quatrième recueil de poèmes, "When You See My Mother, Ask Her To Dance" (Quand tu verras ma mère, invite-la à danser). Ecrits dans les années 1990, Joan Baez les a redécouverts, dans ses archives, lorsqu'on lui a diagnostiqué des troubles dissociatifs de l'identité. Autrement dit, elle se croyait être plusieurs personnes à la fois. Ces textes, rédigés en vers ou en prose, évoquent son enfance, sa famille - notamment ses deux soeurs disparues - mais aussi de grandes figures de la pop music : Leonard Cohen, Judy Collins, Bob Dylan, Jimi Hendrix, etc... ainsi que son amour de la nature.
Dans le documentaire qui lui est consacré "I Am A Noise" (2023), Joan Baez évoquait déjà la redécouverte de ces poèmes. Cette biographie filmée, racontant sa carrière et sa vie intime, la confronte à des souvenirs douloureux. Elle s'y confie sur sa maladie mentale, sa famille, la
drogue, le vieillissement et les notions de culpabilité et de
pardon. Le documentaire alterne des
extraits de son journal intime et des images des coulisses de sa dernière tournée, il y a six ans. Son dernier album, "Whistle Down The Wind" date de 2018.