samedi 11 avril 2026

Exposition de planches originales de la BD "Cheyenne" de Patrick Prugne

 

Du 22 avril au 16 mai 2026, la galerie Daniel Maghen à Paris propose une exposition de planches originales du nouvel album de bande dessinée "Cheyenne" de Patrick Prugne. Deux ans après "Pocahontas", le scénariste et dessinateur clermontois revient à ses histoires indiennes. Cette fois-ci, le récit ne se déroule pas au 17e, lors de la colonisation française en Amérique du Nord, mais au 19e siècle. Il retrace les événements ayant mené, en 1864, au massacre de Sand Creek. Ce massacre a été perpétré par la milice du territoire du Colorado, contre un campement d'Indiens Cheyennes et Arapahos, sur les bords de la rivière Big Sandy Creek, à l'est des montagnes Rocheuses. Soutenus par l’armée américaine, des colons et des chercheurs d’or déferlent sur les plaines de l’Ouest, au mépris des traités gouvernementaux garantissant aux tribus amérindiennes la préservation de leurs territoires ancestraux. Ecartelés entre l’hostilité des blancs et la colère de leurs frères de sang, deux métis tentent de rejoindre leur mère vivant parmi les Cheyennes. 

Outre des planches originales issues de l'album, l'exposition présente également des illustrations réalisées spécialement pour cet évènement. L'occasion de découvrir le graphisme épuré aux couleurs pastelles de ce maître de l'aquarelle, qui recrée les ambiances sépulcrales des grandes plaines de l'Ouest américain.  Né en 1961, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Patrick Prugne a commencé sa carrière en imitant le style de ses artistes préférés (Juillard, Loisel, Manara, Pratt...). Après une expérience d'illustrateur publicitaire - comme nombre de grands dessinateurs américains - le Clermontois s'est lancé dans la bande dessinée, en pastichant la fable de La Fontaine "Le Lièvre et la Tortue", qui lui a valu l'Alph-Art du Festival de la BD d'Angoulême, en 1990. 

Herve CIRET 

Exposition Patrick Prugne, à la Galerie Daniel Maghen, 36 rue du Louvre à Paris, du 22 avril au 16 mai 2026

Le vernissage de l'exposition dédiée à l'album "Cheyenne" a lieu, le 23 avril 2026, à partir de 19H, à la Galerie Daniel MaghenLe 25 avril 2026, de 14h30 à 17h30, Patrick Prugne y dédicacera son nouvel opus. 

vendredi 10 avril 2026

Rétrospective de la photographe Lee Miller au Musée d'Art moderne de Paris

 

Si elle s'est faite connaître aux Etats-Unis dans les années 1920-1930, en tant que mannequin photographiée par les plus grandes signatures des magazines de mode, c'est à Saint-Malo (Bretagne), au lendemain du débarquement allié en Normandie, que Lee Miller a gagné ses galons de correspondante de guerre. Plutôt que de s'attarder à décrire les opérations militaires - notamment la libération de Saint-Malo occupée par l'armée allemande - la reporter s'intéresse aux femmes engagées dans ce conflit : aviatrices, infirmières, personnel de la défense anti-aérienne. Des photos qui paraissent dans le magazine Vogue, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

L'exposition du Musée d'Art Moderne de Paris réunit 250 tirages, dont plusieurs inédits dans un parcours en six étapes chronologiques et thématiques. Elle retrace l’ensemble de l'oeuvre de la photographe, de ses débuts à New York dans les années 1920 à la Seconde Guerre Mondiale en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. La dernière rétrospective française consacrée à Lee Miller, au Jeu de Paume à Paris, remonte à 2008. Née en 1907 à Poughkeepsie (États-Unis), la photographe est décédée en 1977, à Chiddingly (Royaume-Uni). Longtemps reléguée au rôle d’égérie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du 20e siècle.

Herve CIRET 

Exposition Lee Miller au Musée d'Art Moderne de Paris du 10 avril au 2 août 2026


jeudi 9 avril 2026

Il y a 161 ans, la guerre de Sécession prenait fin



Le 9  avril 1865, la bataille d'Appomattox met fin à la guerre de Sécession déclenchée quatre ans plus tôt. Trois jours auparavant, la bataille de Sayler’s creek avait vu la défaite des troupes confédérées du général Robert Lee. Celui-ci se rend au général nordiste Ulysses Grant. Ce conflit, qui oppose les états du Nord et du Sud des Etats-Unis (Alabama, Arkansas, Carolines du Nord et du Sud, Floride, Géorgie, Louisiane, Mississippi, Virginie, Tennessee,Texas), est une véritable "guerre civile", comme la nomment les américains. Il est déclenché, au lendemain de l'élection du président anti-esclavagiste Abraham Lincoln, en novembre 1860, suite à l'attaque, par l'armée Sudiste, d'un fort de Charleston en Caroline du Sud, dont la garnison est restée fidèle au gouvernement fédéral. 
 
Si les premières offensives sont à l'avantage des Confédérés, les Yankees, plus nombreux et bénéficiant de ressources industrielles supérieures, remportent les batailles d'Antietam, en 1862, et de Gettysburg, l'année suivante. La prise de la capitale des Confédérés, Richmond, en 1865, finit d'accélérer la défaite des Sudistes. En 2011, un historien et démographe américain a estimé que la guerre de Sécession avait fait 750 000 morts. Soit 20% de plus que les chiffres officiels, les pertes Sudistes ayant été sous-estimées jusqu'ici. S'y ajoutent des dizaines de milliers de victimes civils. Avec la Seconde Guerre mondiale, ce conflit est le plus meurtrier qu'aient connu les États-Unis. 
Herve CIRET

A lire également sur la guerre de Sécession

Bande-annonce de "Shenandoa" (Les Prairies de l'Honneur) d'Andrew McLaglen (1965) avec James Stewart. L'histoire d'un fermier entraîné, malgré lui, dans la guerre de Sécession.

 

lundi 6 avril 2026

Il y a 109 ans les USA entraient dans la guerre 1914-1918


Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote l'entrée en guerre des Etats-Unis dans le Premier conflit mondial. Trois millions d’Américains sont mobilisés, deux millions se portent volontaires. 126 000 d'entre eux sont tués, 234 000 sont blessés et 4 500 demeurent portés disparus. Pour les Afro-américains et les Amérindiens, leur participation aux combats est un moyen de se valoriser, dans une société américaine qui les ignore et les maltraite. Un siècle plus tard, en France, de nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs continuent de témoigner du sacrifice des combattants américains de la guerre 1914-1918. Notamment, à Suresnes près de Paris, à Romagne-sous-Montfaucon et Monsec, dans la Meuse.

Au moment où les USA entrent en guerre, les troupes françaises et britanniques sont usées par trois ans de guerre et enregistrent des pertes élevées dans leurs rangs. La Révolution Russe a mis fin aux combats sur le front de l'Est de l'Europe et l'armée allemande en profite pour renforcer ses positions à l’Ouest. D'où le besoin urgent de combattants, par crainte d'une contre-offensive.

Mais, la mobilisation aux Etats-Unis prend du temps. A cette époque, les effectifs de l'armée de métier américaine ne dépassent pas 200 000 hommes. De plus, leur expérience du combat se résume aux guerres indiennes et mexicaines et à la prise de Cuba. Enfin, l'armée US est mal équipée et a un réel besoin d'entraînement. Dirigé par le général Pershing, les premiers éléments du corps expéditionnaire américain n'arrivent en France qu'en juin et septembre 1917. Les Anglais et les Français les équipent en leur fournissant canons, mitraillettes, casques, voire même des uniformes. Mais, trois mois avant la fin de la guerre, le corps expéditionnaire  américain totalise 1,5 million de combattants.

Aux États-Unis, le souvenir de la guerre 1914-1918 est entretenu par des monuments aux morts, localisés dans plusieurs Etats. Le plus important, le "Liberty Memorial", d'une hauteur de 66 mètres, se trouve à Kansas City (Missouri). Mais, aucun monument national commémorant la Première Guerre mondiale n'a été érigé aux USA. Ce n'est que depuis 2014, qu'une loi a autorisé la construction d’un mémorial dédié aux combattants de ce conflit, près de la Maison Blanche. 
 
Herve CIRET

Consultez le dossier sur le site "Les Chemins de Mémoire"

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mardi 31 mars 2026

Pâques aux USA : pourquoi des lapins et non des cloches pour apporter les oeufs ?

 


Pourquoi aux Etats-Unis, ce sont les lapins qui amènent les oeufs de Pâques et en France, les cloches ? La réponse à cette question, en ce week-end pascal, est à trouver en... Allemagne ! A l'époque païenne, les Teutons vénéraient Eoutre, la déesse du Printemps et de la fertilité, dont le symbole était... un lapin, connu pour se reproduire très vite. La fête de Pâques, "Easter" en anglais, 'vient du nom de cette déesse. La religion chrétienne a repris cette tradition, en associant le symbole de fertilité aux oeufs. Mais, en France, comme les églises ne doivent pas sonner les cloches trois jours avant la résurrection du Christ mort sur la croix, en signe de deuil, il a été raconté aux enfants que celles-ci étaient parties se faire bénir vers Rome, puis, étaient censées ramener les oeufs de Pâques.

Près de huit millions d’immigrés allemands s'étant installés aux États-Unis entre le 17e et le 20e siècle - leurs descendants représentent aujourd'hui 17% de la population américaine - , ils y ont apporté leurs traditions, comme le lapin de Pâques (Easter Bunny). Aux USA, les œufs sont également utilisés dans des jeux, comme le Easter Egg Roll (roulement des œufs), fêté même à la Maison Blanche.

Herve CIRET

L'histoire de la tradition du roulement des oeufs à la Maison Blanche (en anglais)

lundi 30 mars 2026

L' acteur américain James Tolkan est décédé

 

Chauve aux sourcils froncés, James Tolkan s'est fait connaître du grand public dans le rôle du principal du lycée, dans la trilogie "Retour vers le futur" et en incarnant le commandant du porte-avions USS Enterprise dans "Top Gun". L'acteur est décédé le 26 mars 2026, à l'âge de 94 ans, à Saranac Lake (Etat de New-York). Ayant débuté sa carrière cinématographique en 1966, il se fait remarquer en interprétant un lieutenant dans "Serpico" (1973) de Sidney Lumet. Puis, Tolkan incarne Napoléon Bonaparte dans "Guerre et Amour", l'adaptation par Woody Allen du roman "Guerre et Paix" de Tolstoï. En 1985, l'acteur accède à la célébrité dans son rôle de proviseur de lycée intraitable dans "Retour vers le futur", puis en 1989, dans le numéro deux de la saga. Avant de se transformer en marshal, ancêtre dudit proviseur, dans le troisième volet style western de cette série culte.

En 2015, James Tolkan joue dans son dernier long-métrage, le western d'horreur "Bone Tomahawk" de S. Craig Zahler, dont l'action se déroule en 1890 entre Texas et Nouveau-Mexique. Sa dernière apparition a été à la télévision, dans "Expedition : Back to the Future", une adaptation de "Retour vers le futur", dans laquelle l'acteur reprend son rôle mythique du proviseur Strickland. 

Herve CIRET 

dimanche 29 mars 2026

Hermann, le "Duke" de la BD western, a croqué sa dernière planche

 

Disparu le 22 mars 2026, à 87 ans, le dessinateur belge Hermann Huppen aura abordé une multitude de genres de la bande dessinée. Du western avec les séries "Comanche" et "Duke", à la science-fiction post-apocalyptique avec le personnage de "Jeremiah", en passant par la saga médiévale "Les Tours de Bois-Maury". Pilier du journal "Tintin", des éditions Dupuis et du Lombard durant 60 ans, ce dessinateur à l'allure débonnaire a débuté dans le collectif du scénariste et dessinateur belge Michel Greg. C'est avec ce dernier, en 1969, qu'il commence à illustrer la série western "Comanche". L'histoire d'une jeune rancheuse du Wyoming, au 19e siècle, aidée par son contremaître Red Dust, afin d'affronter les convoitises que suscite sa propriété.

En 1977, Hermann se met au scénario en créant la série "Jeremiah", qui se déroule aux Etats-Unis, vingt ans après une guerre thermo-nucléaire qui a, en grande partie, détruit la Terre. Le héros est un jeune fermier, seul survivant de son village, qui est accompagné d'un mercenaire sans foi, ni loi. L'occasion pour Hermann de dénoncer la violence humaine, tout au long des 42 volumes qu'il dessine et scénarise. Lors d'une interview que j'ai réalisée, en 2019, lors de la publication du 3e tome de sa série western "Duke", le dessinateur avouait : "Il m'est difficile de ne pas introduire de la violence dans mes dessins, car, profondément en moi, il y a une certaine violence. Donc, je ne peux pas bien raconter une histoire sans y mettre cette violence. Et sans cette force, j'ai l'impression que mon dessin est mou." En 2001, "Jeremiah" est adapté aux États-Unis en série télévisée.

En 1984, Hermann change d'univers en se projetant au Moyen-Âge, avec la fresque historique "Les Tours de Bois-Maury". En 15 tomes, elle évoque la quête d'un chevalier errant dépossédé de ses terres. Pour les trois derniers volumes de la série, son fils Yves H. le rejoint, pour la première fois au scénario. Une collaboration qui s'est poursuivie pour la série western "Duke". "Lorsque je commence à dessiner un album, mon fils en a déjà écrit le scénario, depuis des mois", m'expliquait Hermann, en 2018, lors de la publication du 2e tome de la série. "Ce qui lui permet à loisir d'en reprendre des passages pour les enrichir. Comme moi, au fur et à mesure que j'avance dans le récit, je le modifie et l'améliore. Je lui fais faire de petits détours, pour revenir ensuite dans le droit chemin, afin de donner du suspense au récit. Cela ne serait pas possible si on l'écrivait d'une traite".

Hermann aura publié pas moins de 120 albums en 60 ans. Une boulimie graphique et scénaristique que le dessinateur expliquait ainsi : "Je pense que c’est génétique, car ma mère avait une énergie inépuisable. A tel point que pour sauver ses enfants, elle aurait attaqué une locomotive avec une fourchette. Toute ma vigueur vient d’elle". 

Herve CIRET 

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vendredi 27 mars 2026

Changement d'heure : une idée américaine vieille de 242 ans


Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, nous avançons nos montres d'une heure. Nous le faisons depuis 1976, à chaque passage de l'hiver au printemps, afin de diminuer notre consommation d'énergie. Mais, saviez-vous que c'est l'inventeur du paratonnerre et homme politique américain, Benjamin Franklin (photo ci-contre), qui, le premier,
a proposé cette solution, dans une lettre publiéele 26 avril 1784, dans le "Journal de Paris", afin de réaliser d'importantes économies de... bougies  ? 

Pour étayer sa démonstration, Benjamin Franklin suppose que, de mars à septembre, durant 7 heures chaque nuit, 100 000 familles parisiennes consomment 250 g de bougies ou de chandelles par heure. Soit, une dépense annuelle qui serait estimée aujourd'hui à 1,15 milliard d'euros ! "Somme énorme", souligne l'homme politique américain, "que la seule ville de Paris épargnerait en se servant, pendant les six mois d’été seulement, de la lumière du soleil, au lieu de celle des chandelles et des bougies."
 
Et pour contraindre les personnes réticentes, à l'idée de se lever plus tôt en été, Benjamin Franklin propose des mesures pour le moins radicales : taxer les habitants dont les volets restent fermés au lever du soleil, rationner l'achat des chandelles en faisant surveiller les commerces qui les vendent et faire sonner toutes les cloches des églises, dès le lever du soleil.  

"Et si cela n’est pas suffisant", conclut l'inventeur américain, "faire tirer un coup de canon, dans chaque rue, pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt." Et Benjamin Franklin de préciser que "toute la difficulté sera dans les deux ou trois premiers jours, après lesquels le nouveau genre de vie sera tout aussi naturel et tout aussi commode que l’irrégularité dans laquelle nous vivons. Car, il n’y a que le premier pas qui coûte." Etonnante proposition que la réduction de la consommation de bougies, pour le fils d'un marchand de... chandelles qu'était Benjamin Franklin ! 
 
 
Herve CIRET

Lire l'intégralité du texte de Benjamin Franklin publié, en 1784, dans le "Journal de Paris"

jeudi 26 mars 2026

Il y a 212 ans, la bataille de Horseshoe Bend



C'est une bataille peu connue dans l'histoire des Etats-Unis. Pourtant, le 27 mars 1814, elle se solde par un millier de morts, dont 800 Indiens Creeks (Muscogee). Côté américain y participent, notamment, Sam Houston, futur premier président du Texas et Andrew Jackson, futur 7e président des USA, de 1829 à 1837. 

C'est le massacre des 500 occupants du Fort Mims (Alabama) - dont la moitié de civils - par un groupe de guerriers Creeks, appartenant à la faction des "Red Stick" (Bâtons Rouges), qui est à l'origine de la bataille de Horseshoe Bend (Boucle du Fer à Cheval), au centre de l'actuel Alabama. Celle-ci met fin à la guerre Creek, commencée en 1812, qui opposait les Américains aux Anglais.
 

Ayant reçu le grade de général dans l'armée anglaise, le chef Indien Tecumseh lance des raids meurtriers contre des exploitations agricoles isolées, pendant que des agents britanniques provoquent des troubles, au sein des tribus Creeks hostiles aux Américains, du fait du non-respect de leurs engagements. Apprenant le massacre du Fort Mims, alors qu'il se trouve au Tennessee, le général Andrew Jackson lève une milice de 2 000 hommes, renforcée par 700 soldats professionnels et 600 alliés Indiens Cherokee. 

L'affrontement avec le millier de guerriers Creeks a lieu, le 27 mars 1814, à Horseshoe Bend (Alabama), aux abords d'une boucle de la rivière Tallapoosa. Retranchés derrière une barricade, faite de troncs de sapins et bien enterrés, les Creeks résistent aux tirs de canon des Américains. Pour les déloger, le général Jackson fait tirer des flèches enflammées sur les troncs d'arbres, qui, en brûlant, enfument les Indiens, mettant fin à leur l'insurrection.

Herve CIRET
 

mercredi 25 mars 2026

A Boston, une cabine téléphonique pour rompre l'isolement des seniors

 

 

Dans la Commonwealth Avenue à Boston (Massachusetts), une cabine téléphonique jaune vif, à priori banale, si ce n'est l'inscription "Call a Boomer". Une injonction qui invite les passants à appeler un senior, né dans les années 1945-1960. A l'autre bout du fil, des résidents d'une maison de retraite de Reno (Nevada), située à 5 000 km de là. Veuves, veufs ou célibataires, ces derniers disposent d'une cabine téléphonique identique qui leur permet d’appeler un "Zoomer" (en référence à la génération Z) de la tranche d'âge des 15-30 ans. 


"Je pense que les jeunes devraient communiquer davantage avec les seniors, car nous avons tous oublié qu'il existe de nombreuses façons de garder le contact avec eux et de rompre leur solitude et leur isolement", estime Kyra, qui utilise la cabine téléphonique "Appelez un Boomer", à l'Université de Boston. Au-delà de relier au monde extérieur les personnes les plus touchées par la solitude, cette initiative lancée par Matter Neuroscience permet de faire chuter le taux de cortisol, l'hormone du stress, tout en stimulant les zones du cerveau liées au bien-être et à l’attachement. "Le pouvoir du lien social est plus puissant que le cortisol, car il améliore le bien-être émotionnel", explique Calla Kessler, chargée de la politique sociale à Matter Neuroscience. "Il faut apprendre aux seniors comment le cultiver en comprenant le fonctionnement de leur cerveau et les interactions moléculaires avec les neurotransmetteurs".

Plus de 200 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles dépressifs majeurs, ce qui en fait une crise de santé mentale croissante. "Nous vivons souvent dans notre bulle et nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, malgré nos différences" conclut Calla Keller de Matter NeuroscienceAinsi, des extraits de conversations entre Boomers et Zoomers seront publiés sur ses réseaux sociaux pour inciter d'autres initiatives de cette nature.

Herve CIRET