Le journaliste Philippe Bouvard ne s'est jamais rendu aux Etats-Unis, par peur de l'avion, et parce qu'il préférait sonder l'Amérique depuis son bureau parisien et son micro. Cependant, il fut un observateur averti de la société américaine. Notamment, dans ses chroniques au Figaro Magazine et sur la radio RTL. En 2018, dans son émission "Allô Bouvard" sur la radio luxembourgeoise, il consacre une émission entière à la question "comment fonctionnera le monde, si on laisse faire Donald Trump ?" Avec son ironie habituelle, le journaliste y analyse l'imprévisibilité du président américain et la manière dont le populisme transforme les relations internationales.
Dans ses billets d'humeur réguliers pour Le Figaro, Philippe Bouvard critiquait l'américanisation de la société française qui, selon lui, signait la perte d'authenticité et de bon sens de la vieille Europe. À travers ses billets dans France-Soir ou ses livres, le journaliste évoquait l'hyperactivité américaine au travail, la comparant souvent à sa propre frénésie professionnelle. Tout en critiquant un système qui, selon lui, sacrifiait l'art de vivre et la culture au seul profit financier. Bouvard s’est aussi beaucoup intéressé à la "peopolisation" de la politique américaine, avec la mise en scène des meetings et l'ultra scénarisation des débats télévisés qui allaient gagner la France. Lorsqu'il couvre le Festival de Cannes pour la presse écrite (Figaro, France-Soir), il arrive à Philippe Bouvard de croiser des stars du cinéma américain. A l'image d'Orson Welles, de Jerry Lee Lewis et de Woody Allen.
Philippe Bouvard dénonçait aussi l'impérialisme américain du politiquement correct. Il voyait dans la culture américaine une nouvelle forme de censure, dénonçant le puritanisme, la judiciarisation des rapports humains et le culte de l'apparence remplaçant le libre-arbitre et l’humour à la française. Enfin, le journaliste était un passionné de voitures. Notamment, les belles américaines des années 1960, telles les Cadillac et les Lincoln. Il a raconté cette passion dévorante dans son ouvrage "Cent voitures sans regrets". Philippe Bouvard est décédé, le 24 août 2026, à Cannes (Alpes-Maritimes), à l'âge de 96 ans.
Herve CIRET

















