Rosa Bouglione, la doyenne de l'illustre dynastie française du cirque, s'est éteinte le 26 août 2018, à l'âge de 107 ans, à deux pas du Cirque d'Hiver à Paris, toujours dirigé par ses descendants, 84 ans après son acquisition par sa famille.
Or, à plusieurs reprises, le chemin de cette "plus que centenaire" a croisé celui de l'Amérique. D'abord en 1926, lorsqu'un des Bouglione, Alexandre, découvre un stock d'affiches du Wild West Show, le spectacle équestre itinérant de Buffalo Bill en 1905 en France. Il convainc le patriarche de la famille circassienne de les utiliser, afin de créer un spectacle, le "Stade Capitaine Buffalo Bill", librement inspiré de la vie du célèbre cow-boy, sur fond de conquête de l'Ouest américain. "L’espace d’évolution des chevaux était réduit et les montures aussi peu nombreuses que les cavaliers aux costumes mal ajustés", raconte Rosa Bouglione dans ses mémoires "Un mariage dans la cage". "Les indiens grimés et emplumés de volaille avaient de curieuses dégaines".
Mais, au fur à mesure des représentations, les accessoires des cow-boys et des Indiens du spectacle deviennent plus authentiques. Les tournées qui en découlent, y compris jusqu'en Espagne, font la renommée des Bouglione. Au point que leur chapiteau, planté porte de Champerret, au Nord-Ouest de Paris, attire tellement de spectateurs que les théâtres parisiens signent une pétition pour les faire partir de la capitale.

Enfin, en 1979, pour contrecarrer l'"American Circus", cirque italien en tournée en France avec un chapiteau à trois pistes, qui n'a d'américain que le nom, les Bouglione montent leur propre spectacle "made in USA", sous l'appelation d’"American Parade", puis d'"American Circus". En plus d'un siècle, Rosa Bouglione aura donc croisé le chemin de l'Amérique, à trois reprises, sans jamais traverser l'Atlantique.
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