Buffalo Bill en France



Le colonel Frederick Cody, dit "Buffalo Bill", est venu en France à deux repirses. Lors de sa première tournée, en 1889, il ne s'est produit qu'à Paris, Lyon et Marseille. 

En 1905, lors de son second passage dans l'hexagone, le spectacle - qui retraçait la conquête de l'Ouest américain - a été présenté dans 120 villes françaises. 

Pas moins de 16 bateaux furent nécessaires pour faire traverser l'Atlantique à l'ensemble des 800 hommes et 500 chevaux de la troupe. 

Depuis 1992, le Buffalo Bill's Wild West se produit uniquement en France à Disneyland Resort Paris.


UN GIGANTESQUE CONVOI


Arrivée du train du BBWW à Paris
Arrivés en France, ils embarquaient à bord de 3 trains spéciaux qui les conduisaient de ville en ville. Les 50 wagons d'une longueur totale d'un kilomètre étaient américains. Seuls les fourgons de tête et de queue étaient fournis par la compagnie ferroviaire, le plus souvent régionale. 

Les wagons-lits du Buffalo Bill's Wild West avaient la même largeur que ceux des chemins de fer de l'Ouest, mais étaient près de deux fois plus longs. Celui du Colonel Cody était un véritable appartement composé d'une cuisine, d'une salle à manger, d'une petite chambre occupée par ses domestiques, d'une chambre à coucher et d'une autre petite pièce formant cabinet de toilette.


DECHARGEMENT DU MATERIEL 

Le BBWW à Paris
Le débarquement du personnel et du matériel avait généralement lieu entre 7 et 9 heures du matin. Les hommes de la troupe procédaient à l'érection des tentes, à l'installation des écuries, des cuisines, pendant que les Indens dressaient leurs tepees. En moins de deux heures, tout le matériel était amené sur le lieu du spectacle : 1 200 pieux, 4 000 mâts, 30 000 mètres de cordage, 23 000 mètres de toiles, 8 000 sièges et 10 000 pièces de bois et morceaux nde fer, en tous genres. Au total, des centaines de tentes surmontées des drapeaux de toutes les nations du monde. Trois dynamos fournissaient l'électricité nécessaire à l'éclairage de cette cité cosmopolite.


L'ARRIVEE DES SPECTACTEURS
 
Les représentations avaient lieu à deux heures de l'après-midi et à huit heures du soir. Elles se déroulaient le plus souvent sur un champ de manoeuvres de l'armée, à l'extérieur de la ville. L'amphithéâtre où se jouait la représentation comprenait des sièges sur trois côtés et formait un immense rectangle. L'entrée des artistes se faisait par le quatrième côté. Les acteurs pouvaient être exposes parfois aux intempéries, mais il n'en était pas de même des spectateurs dont les places étaient abritées par une immense tente rectangulaire.


DEROULEMENT DU SPECTACLE 

Un des tableaux du spectacle
L'ouverture du spectacle était exécutée par l'orchestre des cow-boys. Buffalo Bill se présentait lui-même, en compagnie de ses cavaliers. Ensuite, s'enchaînaient des exhibitions de cow-boys, d'Indiens, de Cosaques, de Mexicains et d'Arabes. Puis, Buffalo Bill et Johnny Baker, son fils adoptif, s'adonnaient à des exercices de tir. Le public assistait à une série de tableaux retraçant la conquête de l'Ouest. Notamment, le dernier combat du général Custer, à la bataille de Little Big Horn, contre les Indiens. Les spectateurs assistaient ensuite à des exercices de cavalerie par des détachements Français, Anglais et Américains.


DEPART DE LA TROUPE


A 9 heures et demie du soir, Buffalo Bill venait saluer la foule, à la tête de ses cavaliers et repartait vers la gare où un premier train était sous pression. Trois-quart d'heure après la représentation, ils partaient pour la ville suivante. 

Pendant ce temps, les immenses arènes, avec leurs fauteuils, chaises, loges, étaient démontés par le personnel de l'exhibition. Tout était alors chargé dans des fourgons tirés par des chevaux et conduit au train suivant, jusqu'au départ du troisième convoi.

PERIPETIES

En septembre 1905, l'issue du spectacle, en quittant le champ de manoeuvre de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), l'un des chariots du convoi du "Wild West Show" endommage sérieusement une calèche à cheval en stationnement. Aussitôt, son propriétaire, un loueur de voitures malouin, assigne Buffalo Bill en justice à Rennes, lieu de la représentation suivante. Le plaignant se retrouve alors aux côtés d'un photographe amateur, juge au tribunal de Rennes, dont l'appareil photo a été brisé par un Indien du spectacle. Menacé de saisie de ses instalaltions, Buffalo Bill indemnise les deux plaignants.

A Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), le préfet prend un arrêté d'infection, en raison de cas de morve qui auraient édétectés sur des chevaux du Wild West Show", avant de l'annuler in extremis, le jour du spectacle. Du côté de Perpignan (Pyrénées-Orientales), les journaux se font l'écho de rumeurs de peste équine, qui seront vite démeties par les autorités.


Informations recueillies, lors de recherches menées par Herve CIRET, au sein des archives départementales, en Bretagne, Gard et Vaucluse. Photos extraites du livre "Les Indiens de Buffalo Bill et la Camargue", aux éditions de la Martinière, 1994 (textes : Serge Holtz, Thierry Le François, Jacques Nissou) et de "Histoire des Indiens d'Amérique du Nord", d'Arlène Hirschfelder.

Voir également le documentaire sur Buffalo Bill et le tournage des premiers westerns français par l'acteur-réalisateur Joe Hamman. 

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