Faire rire en évoquant le Klu Klux Klan, les droits civiques des Noirs et la communauté juive, seul un réalisateur africain-américain pouvait oser le faire, sans espérer s'attirer une avalanche de critiques. Co-écrit et réalisé par Spike Lee (ci-contre avec deux des acteurs du film), "Blackkklansman" s'inspire d'une histoire vraie.
En 1978, Ron Stallworth est le premier policier afro-américain de Colorado Springs (Colorado), à infiltrer la branche locale de ce mouvement suprémaciste blanc et à parvenir à s'en faire élire président. Afin de ne pas révéler sa véritable identité, un officier de police blanc prend sa place, lorsque sa présence est indispensable, lors d'évènements importants du mouvement. De cette manière, Ron Stallworth réussit à saboter nombre de rassemblements du Ku Klux Klan.

Même s'il s'agit avant tout d'un thriller, « Blackkklansman » n'exclut pas l'humour. Spike Lee l'utilise avant tout pour ridiculiser les membres du Ku Klux Klan et souligner l'absurdité de leurs croyances. Le film donne aussi l'occasion de revoir une ancienne star noire de la chanson et du cinéma américains des années 1960, Harry Belafonte, qui à 91 ans, interprète, un activiste racontant un lynchage.
Mais, le propos du film est également de nous faire réfléchir. En effet, « Blackkklansman » se termine sur des images extraites d'actualités récentes. Celles d'une manifestation d'opposants à un rassemblement de néonazis américains, le 12 août 2017, à Charlottesville (Virginie), au cours de laquelle une jeune femme de 32 ans a été tuée et 19 autres personnes blessées, par une voiture-bélier ayant foncé dans la foule. A travers son film, Spike Lee dénonce donc l'Amérique d'aujourd'hui. L'image d'une croix en feu sur une colline, avec en fond sonore la chanson "Mary Don't You Weep", interprétée au piano par Prince, est là pour nous rappeler que la menace raciste persiste.
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