Rétromobile 2018 : rouler en Harley-Davidson de collection


Même si la moto n'est pas la vedette de l'édition 2018 du salon "Rétromobile" de Paris (7-11 février), consacré principalement à l'automobile de collection, les passionnés de Harley-Davidson peuvent y admirer de rares modèles anciens. A l'image de ceux exposés par la société Harley-Davidson Borie, implantée en Val-de-Marne. Un Indien au Phare Ouest en a rencontré le responsable de l'atelier motos anciennes « Retrobike », Pierrot Cidere.

Quel est le marché français des motos Harley-Davidson de collection ?

Du fait de la longévité de la marque, le marché de l'occasion des motos Harley a toujours existé, avec des modèles-phares de la génération des « Knucklehead », des années 1930-1940, dotés d'un magnifique moteur et dont le prix peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Nous, nous proposons les FLH 1200, de la génération « Showel » des années 1975 à 1977, car c'est une gamme de Harley qui plaît beaucoup, car encore proposée à la vente. Nos clients en ont rêvé, quand ils étaient jeunes, parce que c'était le modèle de l'époque. A l'occasion du salon Rétromobile, nous présentons un side-car de 1925, propriété d'un client qui nous en a confié la remise en état, ainsi que deux Harley de collection : une FX série limitée du bicentenaire des Etats-Unis et une 165 ST de 1959, de cylindrée 165 cm³ (ci-dessous à droite), produite à 2311 exemplaires, aux Etats-Unis, de 1948 à 1966, sur la base de plans de la marque allemande DKW.  

Trouve-t-on encore facilement en France des motos Harley de collection ?  

Paradoxalement, on trouve plus facilement en France des Harley anciennes des années 1920-1930, que des années 1970. Car, en Europe, ce sont surtout des pays comme l'Allemagne, la Hollande et la Belgique qui ont été friands de ces modèles. Notamment, parce que la police belge a été équipée de Harley FLH de 1977 et que le prix des pièces détachées de ces motos étaient moins cher en Belgique. Ce qui fait qu'on a plus de difficultés à trouver en France, des modèles Harley-Davidson des années 1950-1960. D'autant que beaucoup d'entre eux ont été chopperisés, customisés. Ce qui fait qu'il est difficile de retrouver une moto de cette époque dans son état d'origine, y compris aux Etats-Unis.   

Vous importez des Harley-Davidson de collection des USA ? 

Oui, nous importons ces motos, via une antenne aux Etats-Unis. Ce qui nous permet de les contrôler avant de les faire venir en France et de les remettre en état. Dans la mesure où l'on passe sur de la carte grise de motos de collection, il n'y a pas d'obligation de mise aux normes actuelles. Donc, les propriétaires de Harley de collection peuvent conduire des motos telles qu'elles circulaient à l'époque aux Etats-Unis. D'autant que les motos américaines étaient déjà équipées, par exemple, de quatre clignotants, devenus obligatoires en France, seulement depuis le début des années 1980. Quant aux compteurs de vitesse, il peuvent rester en miles.  


Y a-t-il une concurrence entre le marché du neuf et de l'occasion des Harley ?  

Non, les deux marchés se complètent, car les machines anciennes impliquent de les soigner, mais tout en ayant une aptitude au roulage rapide. Donc, quelque soit la marque, ce sont des motos fiables, mais qu'il faut utiliser avec précaution, comme pour une voiture ayant 40-60 ans d'âge. Si, aux yeux de certains motards, la gamme des Harley neuves perd un peu de caractère, en revanche, elle apporte la sérénité de pouvoir aller d'un point A à un point B, avec un temps connu et assurément sans problème. Alors qu'avec la Harley ancienne, il faut s'attendre à un rupteur ou un démarreur qui lâche. Donc, les deux marchés se complètent. Car, le client va utiliser sa Harley neuve fiable durant la semaine et le week-end, chevaucher un modèle plus ancien, au caractère plus trempé, parfois en bien, parfois en moins bien.  

Quel est le profil des acheteurs de Harley-Davidson d'occasion ?

C'est un amoureux de la mécanique, comme on peut l'imaginer pour les montres de luxe, qui se dit, je vais m'offrir une Harley neuve, mais aussi celle de mon année de naissance. Ou encore, le modèle de Harley qui m'a fait rêvé dans tel ou tel film, telle ou telle série TV américaine. Mais, il n'y a pas de catégorie d'âge type. Parmi nos clients, on trouve des jeunes qui préfèrent rouler avec une moto ancienne, plutôt qu'une neuve. Et puis, ce sont souvent des gens qui veulent mettre les mains dans le cambouis, parce que c'est de la mécanique basique donc accessible. Ce qui est appréciable pour un collectionneur.

Propos et photos recueillis par Herve CIRET lors du salon Rétromobile 2018
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