Les BD western du festival d'Angoulême : Duke 2


Si deux albums western faisaient partie de la sélection officielle de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême, aucun n'a décroché de prix. Ce qui n'a pas empêché le genre d'être fortement représenté lors de l'événement, grâce à des auteurs et dessinateurs renommés qu'Un Indien au Phare Ouest a rencontrés. Après Yves Swolfs et Hugues Micol, c'est Hermann qui évoque le deuxième tome de la série Duke, "Celui qui tue". Dans cette nouvelle histoire toujours scénarisée par son fils, Yves H, Duke Finch vient en aide à une fillette dont les parents ont été tués dans l'attaque d'une diligence.
 
Cette nouvelle histoire ayant pour origine une attaque de diligence vous a séduit ?

Vous savez, un western sans diligences, sans chevaux et hors-la-loi, ce n'est pas un western. Et comme la violence est inhérente au genre, cette nouvelle histoire baigne dans cette violence. En revanche, mon fils a réussi à construire une intrigue pleine d'humanité, plutôt inattendue dans un western.

Avec cette série, vous continuez d'avoir du plaisir à dessiner des westerns ?

Oui, j'ai du plaisir. Mais, quand on commence un récit, il faut entrer petit à petit dans le climat et chauffer le moteur. Si cela ne vient pas tout de suite, j'insiste, jusqu'au moment où cela arrive. Jusqu'à présent j'y suis toujours arrivé et mes sensations lorsque je dessine restent identiques.

Au niveau graphique, avez-vous fait évoluer votre dessin par rapport au premier tome ?

A force de modeler la même pâte, vous finissez par obtenir des formes plus abouties. Avec ce deuxième tome, j'estime avoir été assez loin. Donc, avec les prochains albums, je pense que cela va finir par se stabiliser.


Le troisième tome de Duke, "Je suis une ombre", est-il déjà prêt ?

Il sera fini à la fin février 2018 et j'embraye immédiatement sur le tome suivant. Mais, ne me demandez rien, car je n'en connais pas encore le scénario. Tout ce que j'espère c'est que mon fils me ménage des scènes où je peux dessiner la nature. Parce que je passe pour un dessinateur spécialiste de la nature. Simplement, parce que j'ai vécu à l'orée des bois, quand j'étais gosse, dans un village. Donc, pour moi, les brindilles qui crissent sous les pieds, les animaux qui s'arrêtent à un mètre de vous, je connais tout ça. Et puis, la nature est violente, à l'image du western.

Comment travaillez-vous avec votre fils Yves H. ?

Comme lorsque je travaillais avec Greg, je dessine les pages qu'il m'écrit et je n'ai pas besoin qu'il explique la plupart des choses. Lorsque je commence à dessiner un album, mon fils en a déjà écrit le scénario, depuis des mois. Ce qui lui permet à loisir d'en reprendre des passages pour les enrichir. Comme moi, au fur et à mesure que j'avance dans le récit, je le modifie et l'améliore. Je lui fais faire de petits détours, pour revenir ensuite dans le droit chemin, afin de donner du suspense au récit. Cela ne serait pas possible si on l'écrivait d'une traite. Alors que je suis en train de dessiner, mon fils me signale qu'à telle page, il a modifié telle ou telle chose dans le récit et me demande d'arrêter. Mais, jamais mon fils ne me dit de déchirer ce que je viens de dessiner. Car, un père et un fils qui s'entendent si bien, cela ne peut que profiter au récit.
 
Propos et photo recueillis par Herve CIRET, lors de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême 

"Celui qui tue", tome 2 de la série Duke d'Hermann et Yves H. (Le Lombard)

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