Festival BD d'Angoulême 2018 : la sélection officielle évoque l'Amérique


Le festival international de la bande dessinée d'Angoulême vient de dévoiler les albums faisant partie de la compétition officielle de sa 45e édition (25-28 janvier 2018). Parmi les 70 titres en compétition, un seul western, "Happy Clem" (Dargaud), 4e tome de la série "Gus" de Christophe Blain

En revanche, le président du Grand jury, Guillaume Bouzard est un passionné du genre. Il est venu à la BD en lisant la série "Les Tuniques Bleues" et a proposé en 2017 "sa" version de Lucky Luke, avec l'album "Jolly Jumper ne répond plus" (Dargaud).

Cependant, parmi les albums sélectionnés, certains évoquent l'Amérique. A commencer par "Beverly" (Presque Lune éditions) du dessinateur et illustrateur Nick Drnaso, 28 ans, originaire de l'Illinois et vivant à Chicago. Son premier roman graphique, "Beverly", brosse le portrait sans concession d'une classe moyenne blanche américaine désenchantée. Avec son graphisme dépouillé, Nick Drnaso évoque Chris Ware ou Daniel Clowes.


Avec "Origines secrètes", 1er tome de la série "Black Hammer"  (Urban Comics), le scénariste Canadien Jeff Lemire et le dessinateur Britannique Dean Ormston nous plongent dans le quotidien d'une bande de super-héros mis en retraite forcée à la campagne. Ce qui les oblige à simuler une vie de famille tranquille pour paraître normaux. L'esthétique vintage du dessin est un hommage appuyé aux anciens comics américains.

"Dans l'antre de la pénitence" (Glénat), du dessinateur new-yorkais Ian Bertram (DC et Marvel) et du scénariste de nombreuses séries de comics, Peter Tomasi, proposent une histoire d'horreur psychédélique et macabre, inspirée par la maison hantée du ranch de Sarah Winchester, à San José (Californie), à la fin du 19e siècle et au début du 20e. Convaincue que des esprits allaient la tuer, une fois sa demeure terminée, la veuve du fabricant de la célèbre carabine à répétition dépense sa fortune, pour en poursuivre la construction, 24 heures sur 24, jusqu'à  sa mort 38 ans plus tard. Depuis, cette mystérieuse maison est devenue une attraction touristique, avec ses nombreux escaliers et couloirs menant nulle part.

Loin de la vision hollywodienne du Far-West, "La funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage", de la série "Scalp" (Futuropolis) par Hugues Micol, retrace la sinistre épopée d'un chef de bande, massacreur d'Apaches, entre Arizona et Texas. Pour empocher la prime de 200 dollars par indien, John Glanton prélève leur scalp et une oreille. Le trait charbonneux d'Hugues Micol exprime la violence de la folie sanguinaire de ce Texas Ranger reconverti en mercenaire, au service des Mexicains. 

Enfin, dans la sélection patrimoine, trois titres décrivent les travers de la société américaine : "C'est la jungle !" (Wombat) de Harvey Kurtzman, fondateur du magazine Mad, "Quartiers en guerre : New-York, années 1980" (CMDE) de Seth Tobocman et "Nouveautés à prix cassés" (Rackam) de Ben Katchor

Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (Charente) du 25 au 28 janvier 2018

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire