Lucky Luke et Oumpah-Pah : l'influence western de Goscinny


40 ans après sa disparition, lMusée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris consacre une importante exposition au dessinateur de Lucky Luke, René Goscinny. 200 millions d’albums du "Poor lonesome cow-boy", conçus avec Morris, ont été vendus dans le monde et traduits en une quarantaine de langues. L'exposition propose plus de 200 pièces dont la moitié n'a jamais été montrée. Elle nous révèle également les "premiers pas" américains du dessinateur.

Après avoir vécu avec sa famille à Buenos Aires (Argentine), René Goscinny s'installe à New-York en 1945. Il travaille comme illustrateur de livres, mais peine à en vivre. Sa rencontre avec Harvey Kurtzman, futur créateur du magazine de bande dessinée Mad, est déterminante. Il fait la connaissance de dessinateurs américains d'aventure et de fantastique (Jack Davis, Will Elder, John Severin), édités par EC Comics et DC Comics, entre 1950 et 1980. Ceux-ci initient Goscinny au monde de la production et de l’art du "comic book", mais le dessinateur français n'arrive pas à percer.

C'est un autre dessinateur français, Jijé, pilier de l'hebdomadaire Spirou et installé aux Etats-Unis, dans le Connecticut, qui lui présente le belge Morris, avec lequel il collaborera plus tard, pour la BD Lucky Luke. En 1951, Goscinny quitte New York pour Paris, mais y dirige le magazine TV Family que l'éditeur de BD belge Dupuis veut implanter dans la ville américaine, sans succès.


En 1958, avec le dessinateur Albert Uderzo, René Goscinny crée le personnage de l'indien gaffeur "Oumpah-Pah", de la tribu des Pieds Plats, vivant dans une réserve aux rites ancestraux et confronté à la modernité de ses contemporains. Une bande dessinée publiée dans le "Journal de Tintin", mais pour laquelle les deux auteurs ne parviennent pas à trouver un éditeur. En 1955, le dessinateur Morris - lui aussi influencé par la culture américaine - demande à Goscinny de lui fournir des scénarii pour sa bande dessinée Lucky Luke, qu'il a créée en 1946. Commencée avec l'album "Des rails sur la prairie", la collaboration entre les deux auteurs, fondée sur une passion commune pour l'histoire de la conquête de l'Ouest et du western, se révèle fructueuse. 

Grâce à Goscinny, le "Poor lonesome cow-boy" devient "l’homme qui tire plus vite que son ombre". De 1955 à 1977, la publication de 41 albums leur vaut un succès mondial. A travers l'adaptation des aventures de Lucky Luke, le film d’animation et le cinéma ont fini par rendre hommage à Goscinny. Lui qui n'avait pas pu percer, à ses débuts, dans ce milieu aux Etats-Unis.

Exposition "René Goscinny, au-delà du rire", jusqu'au 4 mars 2018, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris 

A voir également, du 4 octobre 2017 au 4 mars 2018, à la Cinémathèque française à Paris, l'exposition consacrée à l'œuvre cinématographique de René Goscinny et à l'influence du cinéma sur son travail.

 


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