Quand Claude Rich rêvait d'Amérique


L'acteur français Claude Rich s'est éteint le 20 juillet 2017, à l'âge de 88 ans, à son domicile d'Orgeval (Yvelines). En 1949, il a 20 ans et comme nombre de jeunes français de cette époque, il rêve d'Amérique.

"J'ai connu les Etats-Unis, d'abord par le cinéma, la littérature et ensuite à l'arrivée des Américains à Paris, lors de la Libération", se rappelle Claude Rich *. "Lorsque j'étais au Conservatoire de Paris [1949-1953], beaucoup d'acteurs américains ont été mes modèles : Cary Grant, James Stewart, etc... des personnages un peu lunaires et d'un humour extraordinaire." Cependant, le comédien n'a pas l'occasion de tourner aux Etats-Unis ou avec un réalisateur américain. "Mon cas ressemble beaucoup à celui des personnages de la bande dessinée Zig et Puce, qui veulent toujours partir en Amérique, mais n'y arrivent jamais, car il y a toujours une catastrophe." 

Mais, 51 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, Claude Rich parvient à poser pour la première fois le pied, aux Etats-Unis. C'est en 1996, à l'occasion de la première mondiale à New-York du film "Désiré" de Bernard Murat, d'après Sacha Guitry. "Je suis très ému à l'idée de me rendre aux USA, parce qu'il est incroyable qu'ayant tourné au Canada, en Amérique du Sud, je n'ai pas encore eu l'occasion de venir aux Etats-Unis." 

D'origine alsacienne, la famille de Claude Rich parlait français et allemand et le futur acteur a donc appris la langue germanique, sans jamais acquérir les bases de l'anglais. Ce qu'il aurait fait, en revanche, s'il avait eu à jouer dans cette langue. "Si j'avais fait du cinéma, j'aurais appris l'anglais parce que j'en aurais eu besoin", avoue le comédien. "Au théâtre, lorsque j'allais voir des pièces en Angleterre, je ne comprenais pas très bien, on me les traduisait mot à mot, mais j'avais leur musique en moi." Ce qui explique, sans doute, pourquoi Claude Rich a joué, à plusieurs reprises, du Shakespeare, au théâtre... "in french, of course" !

* Propos de Claude Rich recueillis en avril 1996, par Peter Kirkpatrick, correspondant aux Etats-Unis du journal "L'Humanité"



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