Quand le Mexique tournait des westerns


Antony Quinn, de son vrai nom Antonio Oacaxa, est sans doute l'acteur mexicain le plus célèbre du cinéma hollywodien. Après avoir été confiné dans des rôles d'indiens dans des westerns américains, en 1952, il décroche l'Oscar du second meilleur rôle, pour le film d'Elia Kazan, "Viva Zapata !", sur le héros de la révolution mexicaine. Mais, ce que nous apprend l'exposition "Mexique : 1900-1950", au Grand Palais, à Paris, c'est que des réalisateurs mexicains tournent des fictions, dès le début des années 1900 

Aussi, en 1914, quand le metteur-en-scène américain, David Wark Griffith, sollicite le révolutionnaire Pancho Villa, pour tourner une fiction sur sa propre vie, le pays est déjà familiarisé avec le 7e art. Même si, en 1934, l'américain Jack Conway tourne au Mexique "Viva Villa !", avec Wallace Beery dans le rôle principal, dans les années 1930, les producteurs mexicains dominent le marché du film en langue espagnole, délaissé par les majors américaines. Ils proposent au public mexicain des "Rancheras", des comédies westerns sentimentales, puis des films exaltant les exploits des héros révolutionnaires mexicains. 


Pedro Armendariz
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le film "Maria Calenderia", d'Emilio "El Indio" Fernandez, décroche le Grand Prix du premier festival de Cannes. En raison d'un "star-system", similaire à celui de l'industrie cinématographique hollywoodienne, de nombreux acteurs mexicains deviennent très populaires dans leur pays. Certains connaissent même la célébrité aux Etats-Unis. Comme Pedro Armendariz, qui joue aux côtés de John Wayne, dans les westerns "Le Fils du Désert" (1948) et "Le Massacre de Fort Apache" (1948), dirigés par John Ford. Ou, à l'image de Dolorès del Rio, héroïne de "Maria Calenderia", qui après une carrière américaine, revient tourner au Mexique.

L'exposition "Mexique : 1900-1950" nous apprend aussi que le réalisateur soviétique russe, Serguei Eisenstein, l'auteur du célèbre "Cuirassé Potemkin" (1925), est tombé amoureux du Mexique. Au point de tourner, en 1932, "Que Viva Mexico !", avec le soutien du peintre muraliste mexicain, Diego Rivera. 

Un film exaltant la révolution mexicaine, mais qui ne sera finalement monté et projeté, qu'au début des années 1970, après la mort de son réalisateur.  L'exposition "Mexique : 1900-1950" est la plus grande manifestation consacrée, depuis 60 ans, à l’art mexicain, à travers les oeuvres de peintres célèbres, tels que Diego Rivera, Frida Kahlo et José Clemente Orozco. Un panorama exceptionnel qui témoigne de la bouillonnante créativité artistique du Mexique, tout au long du 20e siècle.

Exposition "Mexique : 1900-1950", au Grand Palais à Paris, jusqu'au 23 janvier 2017


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