Elle aura toujours été sur le fil, telle la danseuse qu'elle était dans l'âme... et le corps. Guesch Patti - Patricia Porasse de son vrai nom - a effectué ses ultimes pas, le 22 juin 2026, suite à une longue maladie. C'est la chorégraphie et non la chanson qui, l'a attirée, dès 9 ans, à l'Opéra de Paris. Puis, âgée de 23 ans, elle met ses pas dans ceux de Carolyn Carlson, la californienne qui a importé la danse contemporaine en France. En 1964, elle se lance dans la chanson, avec son mari et pianiste Yves Gilbert, sous le nom d'Yves et Patricia, mais sans succès, après quatre 45 tours. En 1984, avec Lydie Callier et Florence Davis, elle créé le trio dansant Dacapo.
En 1987, avec sa chanson "Etienne" et le clip vidéo sulfureux, en noir et blanc, qui l'accompagne, Guesch Patti attire l'attention du public, mais aussi de la chanteuse américaine Madonna. "Ces deux guerrières se zieutaient en permanence", se souvient la plasticienne qui a conçu les pochettes des albums de Guesch Patti, ainsi que l'une de ses vidéos. "Madonna suivait tous les clips de Guesch. Elle en parlait souvent. C'était sa grande fierté." Pas étonnant, car la "Ciccone" est, elle aussi, une danseuse expérimentée. En 1988, avec "Let Be Must the Queen", extrait de son 1er album "Labyrinthe", Guesch Patti ne renouvelle pas le succès d'"Etienne", malgré un magnifique clip vidéo - dont Madonna va également s'inspirr - et une 25e place au Top 50. La sortie de son second disque, "Nomades", (1990) est suivie d'une série de concerts aux Etats-Unis et au Canada.
Pour l'enregistrement de son 3e album "Gobe" (1992), produit par l'ex-batteur du chanteur américain Prince, l'artiste française choisit les studios de la star, à Minneapolis (Minnesota). Même s'il s'agit, sans doute, de l'album le plus abouti de la chanteuse française, en matière de textes, mélodies et thèmes abordés, c'est un échec commercial. Celui-ci la fera retourner, en partie à la danse avec un spectacle mêlant chorégraphies, chansons et peinture sur toile en direct. Puis, c'est l'album "Blonde" (1995), aux sonorités expérimentales. Trois de ses chansons sont reprises dans le film du réalisateur Peter Greenaway, "The Pillow Book" (1996). A partir de là, Guesch Patti prend ses distances avec le monde de la musique. Elle reprend alors sa carrière de danseuse et apparaît également dans quelques films au cinéma et dans des pièces au théâtre.
Herve CIRET

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