samedi 30 octobre 2021

La passion chocolat d'une jamaïcaine d'adoption



Née en Côte d'Ivoire de parents libanais, depuis toute petite Nadine Burie en pince pour le chocolat. Celui que ses parents lui ramenaient de leurs voyages autour du monde. C'est le travail de son mari qui l'amène, en 2010, sur l'Île de la Jamaïque (Caraïbes), où elle lance un commerce de pâtisseries françaises. En 2017, Nadine Burie créé "Likkle More Chocolate" (Un peu plus de chocolat). Nous l'avons rencontrée, à l'occasion de l'édition 2021 du Salon du Chocolat à Paris (28 octobre-1er novembre).

Comment vous est venue cette passion pour le chocolat ?

Ayant suivi des études de diététique et étant une grande gourmande, j’ai profité de ma venue en Jamaïque pour y lancer un commerce de pâtisserie française, dans un pays - origine britannique oblige - où l’on faisait des cheese et cup cakes, des muffins et des plum puddings. Mes réalisations ayant été récompensées par quatre "Best Food Awards of Pastry", mon travail a été reconnu. Ce qui m’a amenée tout naturellement à vouloir me former en chocolaterie à Montréal (Québec), où j’avais déjà vécu.

Comment est née l’idée de produire du chocolat en Jamaïque ?

L'un de mes amis en Jamaïque m’a demandé si je souhaitais fabriquer du chocolat. J’ai accepté à condition de faire du "Bean to bar", c’est-à-dire élaborer le chocolat, de la torréfaction de la fève de cacao à la fabrication de la tablette. Mon ami m’a alors expliqué que l'île produisait beaucoup de cacao, mais que celui-ci était exporté tel quel, sans être valorisé. Le savoir-faire local s’était perdu, il y a 50 ans, après l’abandon des plantations pour exploiter le "Blue Mountain", la variété de café la plus prestigieuse au monde. 

 

Comment avez-vous procédé pour créer votre chocolaterie ?

Durant 6 ans, j’ai effectué des recherches et contacté des producteurs locaux de cacao, afin d’ajuster avec eux le goût naturel que je recherchais, sans aucun additif, pour fabriquer mon chocolat. Même les effets de couleur sur les tablettes sont réalisés à partir de beurres de cacao naturellement colorés ou bio. Nous travaillons avec quatre plantations différentes et avons voulu mieux rémunérer les producteurs jamaïcain de cacao. Désormais, il y a 7 chocolateries artisanales  à avoir repris la fabrication sur l’île, chacune dans son style, selon le terroir où elles sont implantées.

Exportez-vous votre chocolat ?

Notre chocolaterie étant encore récente, nous n’exportons pas encore notre chocolat à l’extérieur de la Jamaïque. Mais, nous souhaitons trouver des opportunités en Europe, pour voir comment le consommateur européen réagit à nos goûts et à nos saveurs. D’où notre présence au salon du chocolat à Paris, afin de trouver des distributeurs en France pour nos produits. Nous élaborons un chocolat incluant un pourcentage élevé de cacao, avec peu de beurre de cacao. Y compris, pour nos chocolats au lait, qui sont à minimum à 55 % de cacao. Ceci, afin de proposer, via la culture et la torréfaction, un chocolat peu sucré, aux notes de fruits rouges, de caramel, de raisin sec et de rhum, qui soit de la meilleure qualité possible.

Propos et photos recueillis par Herve CIRET, lors du Salon du Chocolat de Paris 2021

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