Les BD western du Festival d'Angoulême : Lonesome


Si deux albums western faisaient partie de la sélection officielle de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême, aucun n'a décroché de prix. Ce qui n'a pas empêché le genre d'être fortement représenté lors de l'événement, grâce à des auteurs et dessinateurs renommés qu'Un Indien au Phare Ouest a rencontrés. A l'image d'Yves Swolfs, créateur de la série western "Durango", qui propose un nouveau personnage et une nouvelle série, "Lonesome" (Le Lombard), ayant le Far-West pour cadre.
 
Pourquoi avoir créé un nouveau personnage de western après celui de Durango ?

Suite à mes incursions ces dernières années dans le fantastique et le médiéval, j'avais envie de revenir au western. Le problème était de pouvoir le faire avec un personnage-type comme je les aime bien, inspiré des westerns de Sergio Corbucci et Sergio Leone, mais dans un tout autre contexte et sur la base d'un scénario forcément différent de celui de Durango. 

Mais, il y a également du fantastique dans votre nouveau western ? 

Comme l'histoire va se poursuivre sur au moins cinq ou six albums, je voulais faire un concentré de tout ce que j'aime. Du western, mais aussi un soupçon d'ésotérisme et de fantastique, tout en restant dans un univers réaliste. Par exemple, le don du héros de visualiser le passé et l'avenir des gens fait partie des croyances des Indiens. C'est pourquoi il y a aussi cette dose d'ésotérisme et de magie noire/blanche dans l'album.

Pourquoi avoir choisi de situer l'action de "Lonesome", à la frontière du Kansas et du Missouri, à la veille de la guerre de Sécession ?


D'abord, parce que c'était une tranche de l'Histoire américaine qui n'avait pas encore été traitée en bande dessinée. Ensuite, parce que je voulais montrer ce qui s'était passé, à la limite des deux états, à un moment où la situation politique était très compliquée entre esclavagistes et abolitionnistes. Un contexte historique qui me permet de dire ce que je pense de phénomènes actuels, tels que le terrorisme - à travers le personnage d'un prêcheur fanatique - et la responsabilité du système bancaire dans tout conflit ou presque. Mais, ce n'est qu'une toile de fond, le sujet principal étant l'évolution du personnage et sa quête d'identité, dans le contexte historique à ce moment-là.

Propos et photo recueillis par Herve CIRET, lors de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême 


"Lonesome" tome 1 : La piste du prêcheur de Yves Swolfs aux éditions du Lombard

A lire également : interviews d'Hugues Micol (Scalp), de Dimitri Armand (Texas Jack, à paraître après Sykes), d'Hermann (Duke t.2) et de Christophe Blain (Gus t.4) 

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