André Delpuech |
En 2010, le propriétaire d’une peau de bison peinte vers 1850 par des indiens des plaines, représentant une vingtaine de cavaliers Sioux Lakota dans des scènes de combat, contacte le musée du quai Branly à Paris pour savoir s’il serait acheteur de cette pièce. « Dans 90% des cas, ces propositions sont farfelues, car il existe de nombreux faux sur ce type d’objet », précise André Delpuech, conservateur responsable des collections des Amériques. « Après avoir consulté des experts, nous avons fait procéder à l’analyse des pigments utilisés sur cette peau qui ont confirmé son authenticité.
Eugène de Girardin |
Mais, l’ultime confirmation vient de la découverte de 200 dessins d’un voyageur français de l’époque, Eugène de Girardin, exécutés
à l’occasion d’un périple effectué, entre le Missouri et l’Oregon. "Ayant été recruté en tant que dessinateur d'un géologue travaillant pour le gouvernement américain, ses profils de montagnes ou de plaines sont tracés avec beaucoup d'authenticité, d'où l'intérêt de ses croquis", explique François de Gourcez, descendant de l'ami de collège du dessinateur, à l'origine des recherches entreprises sur lui. De passage dans le Dakota du
sud, notre dessinateur écrit :
« Il m’est presque impossible de faire le portrait des guerriers Sioux ou
un croquis de leur camp, car ils s’imaginent qu’en devenant maître de leur
image, j’aurai le pouvoir de les détruire aussi facilement que cette image
elle-même. »
François de Gourcez |
Parmi les dessins reproduits en 1864 dans « Le journal du tour du monde »,
celui d’une peau de bison peinte dont les personnages ressemblent étrangement à
ceux de l’objet proposé au musée du quai Branly. « Les indiens n’ayant pas de tradition écrite, ils se servent de
peintures hiéroglyphiques pour transmettre leurs faits d’armes à la
postérité », raconte Eugène de Girardin. « Les jeunes guerriers qui se sont le plus distingués se réunissent
autour d’une peau de bison soigneusement tannée d’une grande blancheur et
chacun reproduit à son tour ses prouesses au moyen de grossières peintures plus
ou moins véridiques. Il va sans dire que l’artiste se représente sous les
traits d’un brillant cavalier et se donne le beau rôle. »
C’est finalement le détail d’un bouclier aux formes
peu courantes et identique à celui représenté sur la peau de bison peinte,
reproduit sur l’un des croquis de Girardin qui finit de convaincre le musée du
quai
Branly de l’authenticité de l’objet. L’enquête révèle également qu’en 1986, cette peau avait été montrée au Musée de l’Homme à Paris pour la faire expertiser en vue d’une vente. Son propriétaire indiquait à l’époque qu’elle avait été découverte dans un grenier de la région d’Angers (Maine-et-Loire). Or, Eugène de Girardin est originaire de St Léger-des-bois, à quelques kilomètres de la capitale angevine.
De nombreux faisceaux de preuves laissent donc à penser que cette peau peinte dont le musée du quai Branly a fait l’acquisition a bien été ramenée en France par notre voyageur français. Cet objet est visible, avec d’autres peaux de bison peintes, au sein de l’exposition « Les indiens des plaines », jusqu’au 20 juillet, au musée du quai Branly.
Branly de l’authenticité de l’objet. L’enquête révèle également qu’en 1986, cette peau avait été montrée au Musée de l’Homme à Paris pour la faire expertiser en vue d’une vente. Son propriétaire indiquait à l’époque qu’elle avait été découverte dans un grenier de la région d’Angers (Maine-et-Loire). Or, Eugène de Girardin est originaire de St Léger-des-bois, à quelques kilomètres de la capitale angevine.
De nombreux faisceaux de preuves laissent donc à penser que cette peau peinte dont le musée du quai Branly a fait l’acquisition a bien été ramenée en France par notre voyageur français. Cet objet est visible, avec d’autres peaux de bison peintes, au sein de l’exposition « Les indiens des plaines », jusqu’au 20 juillet, au musée du quai Branly.
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