jeudi 8 octobre 2026

L'Amérique s'affiche au festival Quai des Bulles de St Malo

 

La 45e édition du festival de bande dessinée "Quai des Bulles" de Saint-Malo est l'occasion de découvrir des auteurs, à la fois français et américains, dont les albums ont pour cadre les États-Unis. Au-delà de l'exposition consacrée au cow-boy franco-belge Lucky Luke, seront notamment présents, Blutch, Brüno, Matthieu Bonhomme. Publié en France par les éditions Komics Initiative, Kevin Mutch vient présenter ses romans graphiques ancrés dans la culture et le quotidien des Américains. Tels The Rough Pearl (2022), Une Vie Fantastique et son imposant (448 pages) dernier ouvrage, The Moon Prince.

Le dessinateur français du comic book américain, Roland Boschi, édité par Komics Initiative, est aussi présent à "Quai des Bulles", pour y présenter son travail sur The Holy Roller, un album scénarisé par trois auteurs américains. L'histoire d'un joueur de bowling professionnel qui quitte son emploi pour s'occuper de son père malade. Découvrant que sa ville natale est envahie par des néonazis, il devient un héros justicier qui fracasse les visages des gens avec des boules de bowling.

Le dessinateur Ralph Meyer et le scénariste Xavier Dorison, duo à l'origine de la création du personnage du croque-mort de la série western devenue culte, Undertaker (Dargaud), sont également présents à "Quai des Bulles". Ainsi que Romain Renard, auteur de la célèbre saga Melvile (Le Lombard), dont l'action, entre polar et western, se déroule dans les grands espaces et les forêts américaines. On le voit, l'Amérique sera bien présente à cette 45e édition du festival de bande dessinée malouin.
Herve CIRET
 
Festival Quai des Bulles (9 au 11 octobre 2026) à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
 

lundi 5 octobre 2026

Festival BD Quai des Bulles 2026 : chevauchée avec Lucky Luke

 


Le festival de bande dessinée "Quai des Bulles" (9-10-11 octobre 2026), se déroule ce week-end à Saint-Malo (Bretagne). L'occasion d'y voir l'exposition célébrant les 80 ans de "l'homme qui tire plus vite que son ombre", créé par le dessinateur Morris. Sur 400 m2, les visiteurs découvrent la naissance de cette bande dessinée western humoristique franco-belge. Mais aussi, les hommages d'auteurs d'aujourd'hui au personnage de Lucky Luke, tels Appollo, Blutch, Matthieu Bonhomme, Guillaume Bouzard, Brüno, Ralph Köning et Mawil. L'exposition évoque également le travail de la poursuite de l'oeuvre de Morris, par les dessinateurs et scénaristes, Achdé et Jul.

Pour animer cette exposition, le festival "Quai des Bulles" propose des ateliers créatifs, animés par des auteurs et des artistes plasticiens locaux. Ils permettent aux participants de revisiter l’univers de Lucky Luke, à travers des portraits et des cadrages. Un parcours ludique est également proposé aux plus jeunes.

Scénarisées par le français René Goscinny, de 1955 jusqu'à sa mort en 1977, les aventures du "Poor lonesome cow-boy" et de son cheval "Jolly Jumper" ont été publiées pour la première fois, le 10 octobre 1946, dans le journal "Spirou". Après la disparition de Goscinny, Morris le créateur de Lucky Luke, fait appel à plusieurs scénaristes. L'album "La Légende de l'Ouest" sera son dernier. Elle raconte comment Buffalo Bill engage quatre comédiens pour jouer le rôle des Dalton, bandits au grand coeur. Cette 112e histoire de Lucky Luke, conçue par Patrick Nordmann sera publiée en 2002, un an après sa disparition. Morris aura été l'un des rares auteurs de bande dessinée à avoir consacré toute son oeuvre à un seul héros.

Herve CIRET 

Exposition "Lucky Luke court toujours", chapelle Saint-Sauveur, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) jusqu'au 11 octobre 2026, proposée par "Quai des Bulles", en co-production avec les éditions Dargaud. 

 

vendredi 2 octobre 2026

Une skippeuse américaine dans la Route du Rhum 2026

 

D'origine italienne, mais citoyenne américaine, Francesca Clapcich, 38 ans, vit à Park City (Utah) et sera à la barre du "11th Hour Racing", pour la 13e édition de la course transatlantique à la voile, la Route du Rhum, qui reliera Saint-Malo à Pointe-à-Pître, en Guadeloupe, à partir du 1er novembre 2026.  Après avoir servi 9 ans dans l'armée de l'air italienne, en tant qu'athlète d'élite, Francesca Clapcich a participé à deux Jeux Olympiques à la voile (2012 et 2016), dans la classe Laser. En 2021, elle est au départ de la Solitaire du Figaro, avant d'être la première navigatrice à remporter une victoire dans "The Ocean Race" (2022-2023), une course océanique autour du monde. En 2025, après une 4e place décrochée dans "The Ocean Race Europe", Francesca Clapcich s'est classée seconde, dans la catégorie IMOCA (monocoque de 18 mètres), en duo avec le britannique Will Harris, dans la course transatlantique "Café-L'Or", en 12 jours, 1 heure et 32 minutes. Enfin, cette année, lors de la "1000 Race", sa première course en solitaire en IMOCA, la skippeuse américaine a terminé à la 5ème place. De même que, lors de sa participation à la course océanique "Vendée Arctique". En revanche, la navigatrice a décroché la 2e place du podium, dans "The Ocean Race Atlantic".  Ce sera sa première Route du Rhum, mais ce ne sera pas sa dernière course au large. En 2028, Francesca Clapcich vise le prochain Vendée Globe, la mythique course en solitaire sans escale autour du monde. 

Herve CIRET

"La Route du Rhum-Destination Guadeloupe" : ouverture du village de la course, le 20 octobre 2026. Départ, le 1er novembre.

 

A lire également, les interviews des 2 seuls skippers américains de la précédente édition de la Route du Rhum :  Alex Mehran et Greg Leonard.

lundi 28 septembre 2026

Il y a 245 ans débutait la bataille qui décida du sort des Etats-Unis



 
Le 28 septembre 1781, durant la guerre d'Indépendance américaine, colons insurgés et leurs alliés français commencent à assiéger la ville de Yorktown (Virginie), aux mains des Britanniques. Elle tombe, le 19 octobre 1781, après 21 jours de combat et augure de la prochaine défaite de la Grande-Bretagne en Amérique du Nord. Contrairement à ce qui avait été initialement prévu avec le général américain George Washington, ce n'est pas à New-York, occupée par 10 000 hommes sous les ordres du plus haut gradé des commandants britanniques, mais à Yorktown que l'affrontement a lieu. C'est le comte français de Rochambeau, à la tête des troupes françaises, qui prend cette décision, sans en parler au général américain, suite à une information communiquée par le général français La Fayette. Celle-ci indique que Lord Cornwallis a pris position dans la cité virginienne, avec 7 500 hommes, soit le quart des forces britanniques. 


Mais, exposés à la malaria et perpétuellement harcelés par les insurgés, les soldats anglais sont affaiblis. Face à eux près de 9 000 américains commandés par George Washington et près de 11 000 français, avec à leur tête La Fayette, le marquis de la Rouërie et le comte de Rochambeau.Trois semaines auparavant, lors de la bataille navale de Chesapeake, la flotte française a verrouillé l'accès au port de Yorktown, empêchant tout ravitaillement des Britanniques par la mer. Prétendant être malade, Lord Cornwallis se rend, mais envoie l'un de ses subordonnés remettre son épée aux vainqueurs. Sa défaite provoque le renvoi du Premier ministre anglais, Lord North, issu du parti Tory, et son remplacement par Charles Watson-Wentworth, du parti Whig, favorable à la paix. La défaite britannique de Yorktown a pour conséquence la création du Canada anglais,  40 000 loyalistes britanniques se réfugiant au Québec et en Nouvelle-Écosse, où vivent 90 000 francophones. 
 
Herve CIRET 

samedi 26 septembre 2026

Un ex-président américain commémore les attentats du 11 septembre en peinture

 

L'ancien président George W. Bush présente 16 de ses tableaux, inspirés par l'attentat du 11 septembre 2001 sur les tours du World Trade Center, dans son musée présidentiel, à Dallas (Texas). Réunie sous l'intitulé "Remembering 9/11", ces oeuvres retracent les moments forts de ce drame, qui a fait près de 3 000 victimes. Notamment, la scène de la salle de classe, en Floride, où George W. Bush, président depuis seulement 8 mois, apprend que l'Amérique vient d'être attaquée par des avions suicides. Ensuite, l'hommage aux premiers secours, avec le sacrifice des pompiers et policiers venus porter les premiers secours. Ensuite, le chaos, avec ces fumées épaisses s'élevant au dessus de Manhattan, après l'effondrement des tours, un drapeau américain suspendu dans le vide.

Le style pictural de George W. Bush est assez brut, loin d'un réalisme documentaire. Il s'agit-là plus d'un témoignage émotionnel de ses souvenirs des évènements. Les 16 tableaux exposés s'accompagnent d'objets historiques - tels des fiches originales de discours du Président - prêtés par les archives nationales américaines. "Ce sont les moments que le président Bush a choisi de peindre, parce que ce sont ceux dont il se souvient le plus vivement. Non pas la peur, mais la détermination, non pas le désespoir, mais l'instinct d'Américains ordinaires de se rassembler et de s'entraider", explique la brochure consacré à cette exposition. George W. Bush est venu à la peinture en 2012, trois ans après avoir quitté la Maison Blanche. Vivant désormais à Dallas, il a consacré de précédentes expositions à des portraits de vétérans et de citoyens américains issus de l'immigration. 

 Herve CIRET

"Remembering 9/11", jusqu'au 30 septembre 2026, au George W. Bush Presidential Center, à Dallas (Texas)

jeudi 24 septembre 2026

Lucas Museum à Los Angeles : un temple dédié à Star Wars, mais pas seulement

 

 

Imaginé par George Lucas (82 ans), le créateur de la saga "Star Wars", ce vaisseau spatial aux dimensions gigantesques trône au beau milieu d'Exposition Park, le pôle culturel et historique du sud de Los Angeles (Californie). Conçu par l'architecte Ma Yangsong, le bâtiment aux lignes fluides contient plus de 30 galeries d'exposition, dédiées à l'art narratif et au cinéma, réparties sur 9 000 m2. Il renferme notamment, tous les souvenirs des films du réalisateur, soit  plus de 40 000 oeuvres et objets. Tels le vaisseau Starfighter de "La Menace Fantôme", le robot R2-D2 et des costumes et accessoires utilisés lors des tournages de la saga "Star Wars". Mais, aussi, des oeuvres d'art de Norman Rockwell, N.C. Wyeth, Frida Kahlo, Banksy, etc).

 

Ce lieu, où les oeuvres sont présentées par thèmes (amour, minorités, travail, sport et... conquête de l'Ouest, est décrit par son créateur, George Lucas et son épouse et partenaire d'affaires, Melody Hobson, comme un "temple de l'art populaire". En dehors de l'univers "Star Wars", il présente des accessoires  (maquettes, storyboards) des films Batman, Indiana Jones, Willow, etc, du réalisateur. Mais, également, des planches de comics américains. Enfin, une galerie entière est consacrée à la Conquête de l'Ouest. Elle rassemble des oeuvres évoquant les attaques de convois de pionniers et la dure vie sur la Frontière. On y découvre, notamment, des tableaux de grands illustrateurs de l'Ouest, tel Frederic Remington, et des sculptures en bronze évoquant les récits du Far-West. Sans oublier des affiches de westerns mythiques.

Herve CIRET 

Lucas Museum of Narrative Art, à Los Angeles (Californie)

mercredi 23 septembre 2026

Flamborough Head : bataille navale mémorable de la guerre d'indépendance américaine


Le 23 septembre 1779, en pleine guerre d’indépendance des Etats-Unis, Flamborough Head, la plus célèbre bataille navale de ce conflit, se déroule en Mer du Nord, au large des côtes anglaises. Commandant une escadre armée grâce à la France et renforcée par deux navires corsaires, le héros américain John Paul Jones intercepte un convoi de navires britanniques et s’empare de son principal navire d’escorte, le "HMS Sérapis". 

Au cours du combat, John Paul Jones répond au capitaine britannique du "HMS Sérapis", qui lui demande de se rendre : "Je n’ai pas encore commencé à me battre." Pourtant, "Le Bonhomme Richard ", le navire du commandant américain, est sérieusement endommagé, au cours de l'affrontement.

Ce qui n'empêche pas John Paul Jones d'échapper aux navires de guerre britanniques, lancés à ses trousses, en emportant son butin, pris sur les navires marchands anglais.  En dépit de la faiblesse des forces engagées - une dizaine de navires - cette bataille navale reste mémorable. Même, si elle fait toujours débat chez les historiens.

D'origine écossaise, John Paul Jones est mort à Paris, en 1792, après avoir connu une vie aventureuse. Nommé contre-amiral de la flotte impériale de Catherine II de Russie, il combat les Turcs en Mer Noire, avant d'être nommé consul des Etats-Unis en Algérie. Si ses exploits n'ont pas toujours été bien acceptés par l'élite politique américaine, son action dans les eaux britanniques, pendant la guerre d'indépendance américaine, lui a valu une réputation qui, aujourd'hui encore, dépasse les frontières des Etats-Unis.
 
Herve CIRET
A lire également
 La bataille de Flamborough Head (en anglais)


mardi 22 septembre 2026

Festival America 2026 : où en sont les USA, 250 après leur création ?

 

Tous les deux ans depuis 24 ans, cet évènement littéraire, qui accueille 45 000 personnes et réunit une soixantaine d'écrivains d'Amérique du Nord (USA, Canada, Québec, Mexique, Cuba Haïti), se déroule à Vincennes (Val-de-Marne), près de Paris. Il propose, non seulement un salon du livre, mais également des débats, des concerts et des expositions. Il a la particularité de mettre en lumière les problématiques des peuples autochtones d'Amérique du Nord. Pour ouvrir sa douzième édition, le 24 septembre, le festival donne la parole à quatre auteurs américains : Ron Rash, l'afro-américaine Jesmyn Ward, l'amérindien Tommy Orange et l'américano-asiatique Viet Thanh Nguyen proposent des lectures des extraits de leurs oeuvres, accompagnés par des musiciens (clarinette, guitare, pinao, saxo). Le lendemain, les festivaliers découvrirons l'Amérique de Joyce Carol Oates, de John Grisham et celle des Amérindiens. Le 26 septembre, ce sont d'autres facettes de l'Amérique, celles de Barbara Kingsolver et de Column McCann, qui seront proposées aux festivaliers. Sans oublier d'évoquer les blessures de l'Amérique, celles infligées aux Indiens et aux Noirs. Enfin, le 27 septembre, l'indienne Ojibwé, Louise Erdrich, et l'afro-américain Ta-Nehisi Coates viendront parler de "leur" Amérique.

Le festival, ce sont aussi des expositions. "Visions of America" propose un voyage au coeur des Etats-Unis, en suivant le regard acéré du photographe franco-italien Jean-Luc Bertini. De l'Ouest des westerns aux megalopoles de l'Est, il nous fait découvrir une Amérique kaléodoscopique. "Look at The USA" du photographe de l'agence Magnum, Peter Van Agtmael, documente les 20 années de conflits générées par les Etats-Unis, notamment en Irak et en Afghanistan. "Aux Ombres" raconte la chevauchée d'Indiens Lakotas, sur 450 km, dans les traces du chef Big Foot, qui fut exterminé, avec 300 femmes et enfants, à Wounded Knee en 1890. Enfin, un salon du livre vous permet d'aller à la rencontre d'une cinquantaine d'écrivains américains, sans traverser l'Atlantique pour s'entretenir avec eux. Des animations sont également prévues à destination du public jeunesse. Notamment, une rencontre avec l'auteur Bret Anthony Johnston.

Herve CIRET 

Festival AMERICA du 24 au 27 septembre 2026 à Vincennes (Val-de-Marne) 

lundi 21 septembre 2026

Neil Young regarde dans le rétro et constate que ce n'est pas jojo

 

Une image vaut mieux que mille mots. La pochette du dernier album de Neil Young résume, à elle seule, l'esprit de ce nouvel opus intitulé "Second Song". A bientôt 81 ans, le chanteur de la contre-culture américaine - et adversaire acharné du président Donald Trump - regarde dans le rétro et constate que la vie était plus cool avant. Avant l'arrivée des réseaux sociaux, l'accélération du temps, le chaos d'un monde désormais globalisé. Eh oui, le temps a passé depuis que le môme de Winnipeg (Canada) a commencé à jouer de la guitare dans les bars de Toronto, avant de s'expatrier sur la côte Ouest des Etats-Unis, au début des années 1960. 

 

Si, sur le plan musical, ce nouvel album - principalement acoustique - n'ajoute rien à l'oeuvre de Neil Young (plus créative dans les années 1970-1990), en matière de textes, le "loner" nous livre quelques confidences sur sa vie. Sur les sept chansons de ce disque - dont certaines durent de 9 à 11 minutes) - trois attirent l'attention par leurs paroles : The Foggy Edge of Time, Second Song et Soon I Might Be Going. La première évoque les débuts de la carrière de Neil Young. La seconde s'apitoie sur les bons moments d'autrefois. Quant à la troisième, elle dénonce les méfaits du changement climatique : "Je pourrais bientôt partir, alors je voulais que tu saches que le soleil tape fort aujourd'hui au Canada. Où qu'ils aillent, les gens lèvent les yeux vers le ciel, comme s'ils attendaient un changement. Or, les nuages ​qui déversaient autrefois la pluie sont désormais cotonneux et étranges", chante Neil Young, tout en s'en prenant à Donald Trump qui défigure la Maison Blanche.

 
 
Cinq morceaux sur sept de "Second Song" sont de nouvelles compositions. Les deux autres, "Casting Me Away From You" et "I’ll Love You Forever" datent du début des années 1960, avant que Neil Young ne fonde les Buffalo Springfield avec Stephen Stills. Pour enregistrer ce nouvel opus, pas de Crazy Horse, son groupe longtemps fétiche, mais les Chrome  Hearts, un groupe de circonstance, composé du guitariste Micah Nelson (l'un des fils de la légende vivante de la country, Willie Nelson), de l'organiste Spooner Oldham, du bassiste Corey McCormick et du batteur Antony LoGerfo.
Herve CIRET 
 

dimanche 20 septembre 2026

Il y a 461 ans, le massacre de Fort Caroline


 
Le 20 septembre 1565, à Fort Caroline (aujourd'hui Jacksonville), dans l'actuel état de Floride, aux Etats-Unis, 200 colons protestants français sont massacrés par l'armée espagnole. Les seuls survivants sont les 50 femmes et enfants faits prisonniers. Tous les autres sont exécutés sur les berges d'une rivière qui, depuis, porte le nom espagnol de Matanzas (Massacre). La petite colonie française de Fort Caroline (en référence au roi Charles IX) a été fondée, trois ans auparavant, sur le fleuve Saint-Johns, à l'emplacement de l'actuelle Jacksonville (Floride), par René de Goulaine de Laudonnière, suite à une expédition mandatée par l'amiral protestant Gaspard II de Coligny. Les Indiens Timucuas, implantés dans la région, aident les Français à construire un fort en bois, de forme triangulaire. Mais, leurs rapports avec les colons se dégradent. Ces derniers s'apprêtent à abandonner la place fortifiée, lorsqu'en août 1565 des renforts arrivent de France. Mais, les colons français se sont installés sur un territoire revendiqué par le roi d'Espagne, Philippe II. Celui-ci ordonne d'en chasser les intrus.
 
 

 Le 20 septembre  1565, l'amiral espagnol Pedro Menéndez de Avilés, futur gouverneur de Floride, attaque par voie terrestre, Fort Caroline, qui n'est plus défendu que par 250 colons français. Il en fait exécuter 200, non en raison de leur nationalité française, mais parce qu'ils sont protestants. Donc, hérétiques pour l'Espagne, propriétaire de la Floride. Cette tragédie met fin à la présence française dans cette partie des futurs Etats-Unis. Administré par le service des parcs nationaux américains, en association avec le Timucuan Ecological and Historic Preserve, un mémorial national conserve le souvenir du lieu, depuis les années 1950. On y a reconstitué le Fort Caroline, à échelle réduite, et un musée permet de faire revivre cette époque, où la France était fortement présente en Amérique.

Herve CIRET

A lire dans le magazine "American Legend" (mars et juin 2017) le dossier "Les Français qui ont fait l'Amérique".


L'histoire de Fort Caroline (en anglais)