S'ils n'étaient pas présents en octobre 2026 au Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), les éleveurs américains de vaches Limousines et Salers étaient venus, il y a deux ans, visiter ce salon de référence mondiale en ce domaine et s'étaient rendus dans des élevages auvergnats. En effet, depuis les années 1970, les races à viande Charolaise, Limousine et Salers ont été introduites aux Etats-Unis. Notamment, afin d'améliorer, par croisement, les races traditionnelles britanniques Angus et Hereford. Cela permet, par exemple, d'obtenir des vaches combinant la musculature d'une Limousine avec le persillé (marbrures de graisse) de l'Angus, en créant la race Lim-Flex. Du côté des laitières, ce sont les races Normande, Montbéliarde et Tarentaise qui ont séduit les éleveurs américains pratiquant le nourrissage à l'herbe et désireux d'optimiser la fabrication de fromage. C'est au Texas, état historique de l'élevage bovin que les premiers taureaux charolais ont été introduits , dès les années 1930.
Si les États du Midwest (Kansas, Nebraska, Oklahama, Missouri) concentrent les cheptels de Charolaises et de Limousines, les États des Rocheuses et du Nord-Ouest (Colorado, Montana, Oregon, Wyoming), montagneuses et arides, sont des terres de prédilection pour la Salers et la Tarentaise. Concernant les vaches laitières, c'est en Californie, premier État laitier américain, que s'est imposée la Montbéliarde, tandis que la Normande est devenue très populaire, dans le Minnesota et le Wisconsin, auprès des éleveurs fabriquant des fromages à forte valeur ajoutée. Cependant, depuis l'épidémie de la maladie la vache folle (Encéphalopathie Spongiforme Bovine), en France,dans les années 1990, les importations d'animaux vivants sont interdites aux Etats-Unis. C'est donc seulement sous forme de semence que les races françaises peuvent arriver sur le marché bovin américain. Cette situation a eu tendance à éloigner l'évolution des races françaises aux USA, de celle qu'a connue la France, ces trente dernières années. Limousines, Salers et autres Normandes n'ont donc plus rien à voir avec les vaches que nous voyons dans nos prés et étables tricolores.
Herve CIRET
Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand (6 -9 octobre 2026)


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