samedi 18 avril 2026

La carrière américaine de Nathalie Baye

 

Nathalie Baye dans "Arrête-moi si tu peux" (2002) de Steven Spielberg
 

Atteinte d’une maladie dégénérative, l'actrice française Nathalie Baye est décédée, le 17 avril 2026, à Paris, à l'âge de 77 ans. En 1964, à seulement 16 ans, cette fille d'un couple d'artistes peintres part aux Etats-Unis, pour y suivre les cours d'une école de danse. "Je voulais être danseuse classique", raconte la comédienne. "Mes parents, au bord du divorce, décidèrent de m'envoyer un an à New York pour travailler comme baby-sitter et suivre des cours dans une école de danse. A l'époque, c'était très gonflé, car je suis partie quasiment sans un rond, avec un anglais ultra-moyen." À son retour en France, Nathalie Baye poursuit ses cours de danse, tout en s'inscrivant au Conservatoire national supérieur d'art dramatique dont elle sort diplômée en 1972. L'année suivante, c'est le film "Brève Rencontre à Paris" du réalisateur américain Robert Wise (West Side StoryLa Mélodie du Bonheur, La Canonnière du Yang-Tsé, Pat Garrett et Billy le Kid), qui la fait connaître au cinéma. En 1983, c'est encore le film d'un metteur-en-scène américain, Bob Swaim, qui lui permet de remporter son premier César, celui du meilleur film, pour "La Balance".

En 1985, Nathalie Baye et Johnny Hallyday - alors son compagnon -interprètent la version française de la célèbre chanson de l'actrice hollywoodienne Marilyne Monroe "I Wanna Be Loved By You" (Voir ci-dessus). La même année, Nathalie Baye déclame le texte d'introduction de la chanson "Quelque chose de Tennessee" de Johnny Hallyday, sur son album "Rock'n'Roll Attitude". Il s’agit d’une citation concluant conclut la pièce de théâtre "La Chatte sur un toit brûlant" de l’auteur américain Tennessee Williams. En 1993, l'actrice tourne aux États-Unis le téléfilm "Les Soldats de l'espérance", du réalisateur américain Roger Spottiswoode, qui décrit les débuts du SIDA. L’actrice y interprète le Docteur Barré, une immunologie et virologue française. Dans les années 1990, Nathalie Baye est brièvement en couple avec le peintre américain François Lamore, né en 1952 à Washington. En 2000, au Festival de Seattle - qui présente des films indépendants et non américains - la comédienne française se voit décerner le prix d'interprétation féminine pour le film "Vénus Beauté Institut" de la réalisatrice franco-américaine Tonie Marshall, fille du réalisateur américain William Marshall et pour le long-métrage "Une liaison pornographique" de Frédéric Fonteyne.

En 2002, Nathalie Baye tient un second rôle dans la comédie hollywoodienne, "Arrête-moi si tu peux", réalisée par Steven Spielberg (vidéo ci-dessus). Au côté de Christopher Walken, elle y interprète la mère du héros joué par Leonardo DiCaprio, devenu le plus plus grand faussaire des années 1960, en usurpant plusieurs identités. C'est par passion du film "La Nuit Américaine" de François Truffaut - dans lequel joue Nathalie Baye - que Steven Spielberg a voulu engager l'actrice. "A l'époque, j'étais en admiration, presque tombé amoureux de Nathalie Baye dans le film", reconnaît le réalisateur américain. "Quand je préparais "Arrête-moi si tu peux, j'ai demandé à mon ami Brian De Palma de faire passer un casting à quelques actrices françaises. Quand j'ai reçu les images de Nathalie, c'était comme une évidence. Je devais absolument tourner avec elle, comme je l'avais fait avant avec Truffaut en l'invitant à participer à "Rencontres du troisième type". En 2021, Nathalie Baye tourne dans "Downton Abbey 2", un film historique britannico-américain réalisé par Simon Curtis, dans lequel elle incarne la marquise douairière de Montmirail, dont l'époux est amoureux de Violet Crawley, comtesse douairière de Grantham. Engagée pour la défense de l'environnement et le soutien à l'enfance défavorisée, l'actrice était membre du comité d'honneur de l'Institut Jane Goodall France. Celui-ci est le représentant en France de l'organisation mondiale de protection de la vie sauvage et de l'environnement, fondée en 1977, en Virginie (Etats-Unis), par la primatologue Jane Goodall.

Herve CIRET 

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