Une écrivaine américaine au coeur de la forêt Aquitaine


L'écrivaine américaine Jean Hegland est de passage en France, du 14 au 26 novembre 2017, à l'occasion du Festival Lettres du monde, à Bordeaux (Gironde). Vous pourrez également la rencontrer dans plusieurs médiathèques et librairies du Sud-Ouest : Blanquefort (Gironde), Saint-Jean-de-Luz et Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Marmande (Lot-et-Garonne), Montauban (Tarn-et-Garonne), Bergerac (Dordogne), Bordeaux et Saint-Médard-en-Jalles (Gironde).

Lors de l'édition 2017 du Festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo (Bretagne), nous avions rencontré Jean Hegland, à l'occasion de la publication en France de son roman "Dans la Forêt" (Gallmeister), le seul actuellement traduit en français. Celui-ci a été adapté au cinéma, en 2016 (voir vidéo ci-dessous), par la réalisatrice canadienne Patricia Rozema, mais n'est sorti en France, pour l'instant, que sur le réseau Netflix.


Comment vous est venue l'idée de ce roman ?

Quand j'étais enfant, ma famille s'est installée en forêt, dans le sud de la Californie. Nous vivions alors dans les pires conditions que l'on puisse imaginer, quasiment identiques à celles que je relate dans mon roman. Même si nous habitions seulement à 130 kilomètres de San Francisco et que nous avions des voisins. Mais, l'environnement, avec les plantes, les animaux, était identique. C'était vraiment impressionnant pour moi, car je n'avais jamais vécu dans une forêt auparavant. Or, il y a 25 ans, une nuit où je ne parvenais pas à dormir, je me suis dit, je vais raconter une histoire qui va me permettre de faire le tour de toutes les questions que je me posais à cette époque. Quand, le jour s'est levé, j'avais trouvé l'idée que je cherchais et c'est devenu "Dans la forêt".
 
Pourquoi évoquer la relation entre deux sœurs ?

En dehors de la forêt, l'autre thème qu'il m'intéressait d'évoquer, c'est la relation entre deux soeurs. Car, moi-même je n'ai pas de sœur, ni ma mère, ni ma grand-mère non plus. Mais, j'ai deux petites filles et je suis fascinée par la relation qu'elles peuvent avoir entre elles. Même s'il y a 25 ans, la situation était précaire, du fait des ouragans, des tempêtes et du terrorisme, pour moi, il était assez clair qu'on ne pouvait pas continuer à vivre de la même manière. Nous devions économiser les ressources de la planète. Ce qui m'a paru important, c'est de savoir ce que devient l'espèce humaine, dans des situations aussi dramatiques.

Selon vous, qu'est-ce qui nous permet survivre à ce genre de situation ?
 
Selon moi, il y a trois raisons à cela. La première, c'est la communauté et le fait d'être en relation avec d'autres gens. La seconde, c'est d'avoir une relation authentique avec la nature, pas nécessairement dans son aspect le plus sauvage, mais partout où nous nous trouvons. Et la troisième, c'est de savoir raconter des histoires.

Quels sont les sujets que vous abordez dans vos autres romans, non encore traduits en France ?

Avant « Dans la forêt », qui est mon troisième roman, j'ai écrit « Wind Falls» qui évoque deux mères qui deviennent amies, alors qu'elles sont assez différentes. Puis, « Still Time » qui raconte l'histoire d'un père, passionné par Shakespeare - comme je le suis moi-même - mais qui a tendance à perdre la mémoire. Grâce à Shakespeare, il cherche à renouer le lien avec sa fille qui, elle, créé des jeux vidéos. C'est la rencontre entre ces deux mondes si opposés qu'il m'intéressait de décrire.

 
Vous êtes devenue écrivain parce que vos parents étaient passionnés de littérature ?

Il se trouve que mes parents sont tous les deux professeurs d'Anglais. J'ai donc eu la chance de grandir dans une maison remplie de livres. Ce qui fait que la lecture est pour moi une seconde nature.

Quel est le sujet de votre prochain roman ?

Je suis en train d'imaginer comment ont évolué les thèmes abordés dans "Dans la forêt", ainsi que ses personnages, 15 ans après le début de l'histoire.


Propos et photo recueillis par Herve CIRET
Traduction de Clotilde Le Yaouenc



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