Taimane Gardner, une artiste hawaiienne à l'inspiration universelle


Photo Herve CIRET De passage à Paris, dans le cadre du Festival Arts d'Hawaii, de Paris Quartier d'été et de l'exposition Tiki pop au musée du quai Branly, la jeune virtuose hawaiienne évoque son amour de la musique, de son pays et de la France.

Vous jouez du ukulele et non de la guitare. Pouvez-vous nous expliquer la différence entre les 2 instruments ?

Habituellement le ukulele possède 4 cordes et la guitare 6. Les cordes du premier sont accordées en sol, do, mi, la, alors que celles du second sont accordées en mi, la, ré, sol, si, mi. Le ukulele vient du Portugal d'où il a été importé à Hawaii au 19e siècle par des marins. Son nom veut dire "puces qui sautent".



Vous jouez du ukulele depuis l'âge de 5 ans. Pourquoi vous n'interprétez pas seulement des chansons traditionnelles, mais aussi de la pop music, voire même du hard-rock ?

Quand j'ai commencé à jouer du ukulele, ce n'était pas pour moi un instrument spécifiquement hawaiien. C'était juste une façon de me distraire et d'interpréter les chansons que j'aimais. J'aime ma culture hawaiienne, mais j'ai voulu montrer qu'avec cet instrument, on pouvait jouer toutes sortes de musiques, issues de différentes cultures.

Votre manière de jouer du ukulele vous est-elle personnelle ou d'autres musiciens hawaiiens la pratiquent-ils ?

Certains joueurs de ukelele font des reprises de morceaux connus, mais pas les mêmes que moi. Mais, le plus souvent à Hawaii, ils interprètent des morceaux 
traditionnels. Quant au public, notamment les défenseurs de la culture traditionnelle, la moitie d'entre eux apprécient ce que je fais, car ils trouvent que c'est une manière moderne, innovante de jouer du ukulele. L'autre moitié aime moins, car ils estiment que le ukulele doit rester un instrument 
traditionnel.

Votre façon de jouer du ukulele est-elle, selon vous, la meilleure manière de faire découvrir la culture hawaiienne à un public étranger ?

Tout à fait. Je joue devant beaucoup de touristes à Hawaii. La plupart y viennent juste pour se distraire. Et le ukulele est une bonne manière d'établir le contact. Parce qu'en interprétant des morceaux connus, comme ceux de Led Zeppelin ou de Beethoven, ils les reconnaissent tout de suite et, de ce fait, le contact est immédiat avec le public. Et alors, ils s'aperçoivent que le ukulele n'est pas juste un souvenir de carte postale ou même un jouet, mais peut interpréter des sonorités universelles qu'ils connaissent et apprécient.

C'est la première fois que vous venez vous produire en France ?

Non, c'est la seconde fois. Je suis venue à Paris, il y a 2 ans, dans le cadre du 
Festival Arts d'Hawaii. J'ai l'habitude de dire que la France est mon second chez moi. Parce que c'est agréable d'être ici à Paris, même si c'est différent d'Hawaii. Car, les gens d'ici sont vraiment gentils avec moi. Il y aussi tout un environnement artistique passionnant ici, avec beaucoup de musées, de musique. Aussi, c'est agréable pour moi de rencontrer des gens qui apprécient l'art. Car, à Hawaii, il n'y a pas un tel environnement artistique, pas autant de musées, car c'est une petite île. Donc, j'apprécie beaucoup l'accueil qui m'est réservé par le public français.

Le public européen vous perçoit-il comme une artiste américaine ou hawaiienne ?

La plupart du temps, comme une musicienne hawaiienne, puisque je suis originaire de cet archipel et joue d'un instrument typiquement hawaiien. Aussi, parce que nombre de personnes ne savent pas qu'Hawaii fait partie des Etats-Unis. Et puis, je préfère être perçue comme une hawaiienne, car c'est une île très éloignée et très différente de l'Amérique.



Photos et propos recueillis par Herve CIRET






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