Changement d'heure : une idée américaine vieille de 234 ans


Dans la nuit du 24 au 25 mars 2018, nous avons avancé nos montres d'une heure, comme nous le faisons depuis 1976, à chaque passage de l'hiver au printemps, afin de diminuer notre consommation d'énergie. Mais, saviez-vous que c'est l'inventeur du paratonnerre et homme politique américain, Benjamin Franklin, qui, le premier, a proposé cette solution, dans une lettre publiée, le 26 avril 1784, dans le "Journal de Paris", afin de réaliser d'importantes économies de... bougies  ? 

Pour étayer sa démonstration, Benjamin Franklin suppose que, de mars à septembre, durant 7 heures chaque nuit, 100 000 familles parisiennes consomment 250 g de bougies ou de chandelles par heure. Soit, une dépense annuelle qui serait estimée aujourd'hui à 1,15 milliard d'euros ! "Somme énorme", souligne l'homme politique américain, "que la seule ville de Paris épargnerait en se servant, pendant les six mois d’été seulement, de la lumière du soleil, au lieu de celle des chandelles et des bougies."

Et pour contraindre les personnes réticentes, à l'idée de se lever plus tôt en été, Benjamin Franklin propose des mesures pour le moins radicales : taxer les habitants dont les volets restent fermés au lever du soleil, rationner l'achat des chandelles en faisant surveiller les commerces qui les vendent et faire sonner toutes les cloches des églises, dès le lever du soleil.  

"Et si cela n’est pas suffisant", conclut l'inventeur américain, "faire tirer un coup de canon, dans chaque rue, pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt." Et Benjamin Franklin de préciser que "toute la difficulté sera dans les deux ou trois premiers jours, après lesquels le nouveau genre de vie sera tout aussi naturel et tout aussi commode que l’irrégularité dans laquelle nous vivons. Car, il n’y a que le premier pas qui coûte." Etonnante proposition que la réduction de la consommation de bougies, pour le fils d'un marchand de... chandelles qu'était Benjamin Franklin ! 

Lire l'intégralité du texte de Benjamin Franklin publié, en 1784, dans le "Journal de Paris"

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